Davit Niniashvili, l'adaptation fulgurante du Géorgien au centre pour La Rochelle
Depuis deux matchs, Davit Niniashvili, le joueur géorgien du Stade Rochelais, a été propulsé à un cran supérieur pour compenser les blessures dans l'effectif. Ce samedi, il enchaînera au centre contre Pau, fort de qualités qui lui permettent de s'adapter avec une rapidité remarquable. Lorsque Ronan O'Gara, confronté à un manque de solutions dans sa ligne de trois-quarts, a décidé de tester Niniashvili à un poste inédit de second centre contre Montpellier le 14 février, une curiosité palpable accompagnait cette première sortie.
Une performance immédiate qui impressionne
Comment ce joueur habitué aux espaces ouverts allait-il réagir avec moins de temps pour manœuvrer face à la défense adverse ? La réponse fut sans appel. Lors de la troisième défaite consécutive des Jaune et Noir à Deflandre (33-43), Niniashvili s'est illustré, démontrant une capacité à avancer et à mettre ses coéquipiers en valeur. Deux semaines plus tard, à Castres (26-31), il fut omniprésent, avec 70 mètres gagnés et 13 plaquages réussis, confirmant son impact immédiat.
Dillyn Leyds, autre joueur polyvalent reconnu, a salué ses qualités : « Davit est un joueur exceptionnel, qui veut avoir le ballon. Sa force, c'est sa vitesse. À ce poste, il touche plus le ballon qu'à l'aile ou à l'arrière. Et il a beaucoup travaillé sa défense avec 'ROG' et 'Carmi' (Ronan O'Gara et Romain Carmignani). Il n'aime pas trop les structures mais à chaque fois qu'il touche le ballon, il nous ouvre l'espace. »
Un talent imprévisible qui illumine le jeu
Adrien Séguret, qui sera de nouveau son partenaire au centre contre Pau, partage cet enthousiasme : « On lui donne la balle et on laisse faire 'Nini' et son talent. Je rigole, mais c'est un peu ça. Je pense que ce poste lui plaît. Il apporte sa grande vélocité, sa capacité à aller très vite sur les extérieurs. Il nous aide à briller. C'est un mec imprévisible pour l'adversaire. Pour nous ? Malgré ce qu'il laisse transparaître, il est très pointu sur ses placements et, une fois qu'il a le ballon, tout peut se passer. Ce qui est super avec lui, c'est qu'il reste précis, dans le cadre. »
Ronan O'Gara, le manager, voit au-delà des performances techniques : « Pourquoi il est très fort ? Parce que c'est un super garçon, ouvert, qui aime apprendre. Comme beaucoup de grands joueurs, il sait qu'il n'est pas un article fini. Il a ses principes, ses valeurs et il ne les abaissera pas. Cette constance pour donner le meilleur de lui chaque jour, c'est exactement ce que je cherche. »
Des limites reconnues mais un potentiel immense
La question de sa pérennité à ce poste se pose naturellement. O'Gara tempère : « Honnêtement, c'est un peu tôt. Mais la plus grande arme dans le sport, c'est la vitesse. Beaucoup de choses sont faciles pour lui, il va hyper vite, c'est un compétiteur et un Géorgien très fier. » Défensivement, à un poste exigeant, Niniashvili prend ses marques avec aisance. Séguret explique : « Il l'a très vite assimilé parce qu'il pue le rugby et qu'il a cette capacité à comprendre plus vite que les autres. Et puis, il défend souvent à l'aile, avec cette connexion avec le 13… Mais on a dû faire des ajustements, collectivement. »
O'Gara nuance cependant : « En revanche, il propose beaucoup de choses mais je ne suis pas sûr qu'il est capable de tout faire. Dans sa tête oui, mais dans la mienne, ce n'est pas certain. On doit respecter cela aussi, ce serait très bête de lui mettre un plafond, parce qu'on ne sait pas où finira son développement. » Et l'ouverture, où il a déjà évolué avec la Géorgie ? O'Gara s'esclaffe : « Ça serait une journée triste pour les n°10 dans le monde. » Niniashvili a donc des limites, mais son potentiel reste immense, faisant de lui un atout précieux pour La Rochelle dans cette phase cruciale de la saison.



