Nils Punti, l'ombre indispensable des Bleuets, s'impose dans le rugby tricolore
Dans l'ombre des rucks, le Gardois Nils Punti s'est imposé chez les Bleuets, les espoirs du rugby tricolore. À seulement 19 ans, ce deuxième ligne des Espoirs de Montpellier Hérault Rugby découvre le très haut niveau avec l'équipe de France U20, lors du Tournoi des Six Nations. Portrait d'un joueur discret mais essentiel, déjà tourné vers l'exigence du rugby professionnel.
Une première convocation marquante
Les yeux brillent encore. Dans sa voix, l'émotion reste intacte, trois semaines après la victoire des Bleuets face à l'Écosse. Nils Punti, originaire d'Uzès, se souviendra longtemps de la Marseillaise résonnant dans le stade de Murrayfield, à Édimbourg, suivie du chant de la cornemuse. À 19 ans, il reçoit sa première convocation en équipe de France U20 pour le Tournoi des Six Nations. Pourtant, pas d'euphorie sur le moment, car jouer reste incertain. "C'est l'élite, ils ont besoin d'avoir les meilleurs joueurs. Donc ta place n'est jamais faite", explique-t-il.
Très vite, il s'impose. Titulaire à Perpignan contre l'Irlande, puis à Villeneuve-d'Ascq face à l'Italie, avant de rentrer pendant la seconde mi-temps contre l'Écosse. Au bout du parcours, une victoire parfaite. "J'ai explosé de joie ! Gagner le tournoi sans perdre un match, c'est la meilleure des récompenses", confie-t-il.
Un profil taillé pour le rugby moderne
Du haut de ses 2 mètres pour 114 kg, Nils impose un profil taillé pour les joutes du rugby moderne. Sur le terrain, il incarne le "travailleur de l'ombre" : puissance dans les collisions, présence dans les rucks, protection des ballons. Un rôle indispensable, qui laisse des traces, comme sa blessure à l'arcade pendant le tournoi toujours visible.
Comment vivre sa vie normale de jeune adulte ? "Il y a le côté extraordinaire du haut niveau, mais dès que j'ai fini, je retrouve les potes. J'ai trouvé un équilibre", assure-t-il.
Une passion née dans l'esprit collectif
Le rugby n'a pourtant pas toujours été une évidence. À douze ans, une rencontre fait basculer les choses : son entraîneur à Uzès le pousse à rester, alors que l'équipe manque de joueurs. L'esprit collectif prend racine. Avec ses coéquipiers, il va même jusqu'à recruter au lycée pour faire vivre le groupe. Le RC Nîmes le repère à quinze ans mais Nils ne veut pas "lâcher la troupe". Pendant un temps, il fait la navette entre Uzès et Nîmes pour les entraînements, avant d'intégrer officiellement le club. La passion pour le jeu prend toute la place : "On perdait tout le temps mais on s'est régalé".
Ne pas relâcher l'effort
Il emporte son jeu "agressif, de combat" dans ses valises, "une direction artistique" signée Joël Evesque, son coach à Uzès, plaisante-t-il. Direction les Crabos de "Montpell", puis les Espoirs, où il signe un contrat l'an passé, jusqu'en 2027. En parallèle, il prépare un bac + 2 de chef de projet événementiel. "J'essaie de garder la notion de plaisir dans tout ce que je fais", explique-t-il.
Mais le haut niveau impose sa rigueur. "Ce n'est pas un milieu tendre. Tu dois être investi, sans relâcher l'effort". Le n° 5 avance avec lucidité : "Si j'y arrive, tant mieux, je ferai une carrière pro. Dans le cas contraire, j'aurais tout donné et je ne pourrais pas être déçu".



