Un match de Fédérale 2 définitivement perdu dans les intempéries et les désaccords
Dans le microcosme rugbystique du Pays basque, une affaire fait grand bruit et illustre les difficultés du sport amateur. Le match de Fédérale 2 opposant Boucau-Tarnos à Emak Hor, initialement programmé le 15 février dernier, a été annulé en raison des conditions météorologiques détestables. Depuis, l'impossibilité pour les deux clubs de s'entendre sur une date de report a conduit à une issue purement administrative : l'application de la règle de la péréquation. Cette décision comptable, qui avantage l'équipe la mieux classée, a jeté de l'huile sur le feu des relations déjà tendues.
Un enchaînement de circonstances défavorables
Le vendredi 13 février, des intempéries majeures ont frappé une grande partie de la France, contraignant les mairies de Boucau et Tarnos à interdire l'usage des terrains municipaux. La rencontre de la 16e journée était donc impossible à tenir. Le premier problème surgit avec la date de repli officielle prévue par la Fédération Française de Rugby (FFR), le 5 avril, déjà occupée par d'autres engagements pour les deux formations.
« Les seules possibilités restantes étaient les week-ends libres, qui ne sont pas des dates de repli officielles. Il fallait un accord mutuel », explique Jean-Marc Dicharry, le président de Boucau-Tarnos. Plusieurs propositions ont été avancées : le 22 février, jugé trop court notamment à cause du Salon de l'Agriculture ; le 15 mars, qui coïncidait avec le repas associatif d'Emak Hor ; et enfin le 18 avril, qui semblait convenir avant qu'un refus d'Arcangues ne vienne tout compromettre.
La péréquation, une solution qui divise
En l'absence d'accord, la règle de la péréquation s'est automatiquement appliquée. Ce dispositif calcule les points attribués en fonction du classement des équipes, bénéficiant ainsi à la formation la mieux placée. « Cela les arrange évidemment. Arcangues joue avec le règlement. Si nos classements étaient inversés, ils n'auraient pas cette position », s'emporte Jean-Marc Dicharry, déplorant la détérioration des relations entre des clubs pourtant réputés familiaux et aux valeurs partagées.
Du côté d'Emak Hor, le manager Roger Aguerre se défend de toute manœuvre opportuniste. Il rappelle que son club avait proposé, dès le 13 février, de jouer le match sur le synthétique d'Aguilera à Biarritz. « La péréquation ne nous avantage pas non plus. Nous ne récolterons que 2,6 points au lieu des cinq possibles », argue-t-il. Concernant la date du 18 avril, il invoque l'absence de nombreux joueurs due aux vacances scolaires et une charge de matches trop lourde pour une équipe amateur.
La FFR pointée du doigt et une réforme en vue
La Fédération Française de Rugby, mise en cause pour son calendrier jugé trop rigide, rappelle que les deux dates de repli prévues avaient suffi les saisons précédentes. « L'hiver a été particulièrement rude. Élaborer un calendrier est très complexe : il faut caser 22 journées, la phase finale, des dates de repli et respecter des repos obligatoires pour des joueurs amateurs », souligne Xabi Etcheverry, vice-président en charge des compétitions.
Cette controverse pourrait néanmoins avoir un impact positif. La FFR travaille déjà à l'ajout d'une date de repli supplémentaire pour la saison prochaine, afin d'éviter de tels scénarios. Une évolution qui arrive malheureusement trop tard pour réconcilier Boucau-Tarnos et Emak Hor, dont l'épisode laissera probablement des traces durables dans le paysage rugbystique local.



