Une saison exceptionnellement difficile pour le responsable de la performance
Confronté à une cascade de blessés depuis son arrivée, Grégory Marquet, le responsable de la performance du club, exprime un soulagement palpable face au retour progressif des absents. Ce processus de rétablissement devrait se poursuivre jusqu'à la fin du bloc d'entraînement, avec des premiers retours attendus dès ce vendredi lors du match à Oyonnax (19h30). Marquet confie que cette saison particulièrement éprouvante constitue une première dans sa carrière professionnelle.
Un diagnostic moins alarmant que prévu
Les examens médicaux réalisés à Angoulême ont révélé un diagnostic moins grave que ce qui était initialement craint. Cependant, Marquet ne peut s'empêcher de s'interroger sur la malchance qui semble s'acharner sur l'équipe cette saison. « En interne, on sait pourquoi. On sait ce qui a été fait, et aussi ce qui n'a pas été fait dans le passé », explique-t-il avec franchise.
Le responsable technique précise que de nombreux joueurs ont présenté des soucis identifiés en cours de saison. Un point rassurant selon lui : « Ce qui est rassurant, c'est que l'on n'a pas beaucoup de blessés musculaires. Mais dans la zone des contacts directs, on a vraiment de grosses blessures traumatiques ». Cette situation révèle selon Marquet « un petit manque de robustesse que l'on essaye de corriger ».
Une situation inédite dans une carrière
Marquet avoue être « un peu effaré » par l'ampleur du phénomène. « Effaré de voir le nombre de pépins liés à des traumatismes. C'est la première fois que cela m'arrive depuis que je fais ce métier », confie-t-il. Le professionnel n'avait jamais rencontré « autant de déficit ou de problématiques de force dans un groupe ».
Le staff médical travaille activement à corriger ces faiblesses. Un élément positif ressort cependant : « Ce qui nous rassure, c'est que l'on n'a pas de problèmes musculaires, on en compte six depuis le début de l'année ». Le véritable défi se situe dans « la zone traumatique – affrontements ou impacts – qui pose problème ». Des progrès sont néanmoins perceptibles : « Ces derniers temps, on a l'impression qu'on est en train de gagner en efficacité et en robustesse, tant mieux ».
Des retours attendus avec impatience
Marquet se montre optimiste concernant les retours progressifs : « Il y a beaucoup de mecs qui vont revenir. Les seuls qui vont rester à l'infirmerie, ce sont les blessés de longue date qui ont été opérés ». Il anticipe même une amélioration significative : « La semaine prochaine, il n'y aura plus que cinq voire six gars à l'infirmerie. Il y a plein de petits retours qui vont faire du bien ».
Cette vague de retours arrive à point nommé, car « avec ces problématiques traumatiques, on a eu des soucis pour faire les rotations nécessaires ». L'équipe technique a dû « faire des choix sur certaines compositions ou certains entraînements pour essayer de maintenir tout le monde à flot ».
Un travail de fond sur la robustesse
Marquet revient sur les causes profondes de cette situation : « Avec tous les défis physiques imposés, on n'était pas prêts, pas suffisamment armés sur ces zones de robustesse ». Des déficits avaient été notés « en salle, à des postes bien ciblés », et malheureusement, « c'est à ces postes-là que l'on a été traumatisés ».
Le responsable technique déplore que « des garçons avec pas mal de soucis avérés » n'aient pas été diagnostiqués « un peu avant la saison, mais surtout en cours de saison ». Aujourd'hui, l'approche a changé : « On essaye de faire le chemin inverse en essayant de prévenir via des IRM et des examens ». Cette nouvelle méthode « commence à porter ses fruits, mais pour moi, c'est hyper long ».
Des doutes et une remise en question
Marquet admet avoir connu des moments de doute durant cette saison éprouvante : « Tu te poses des questions. Tu te demandes comment tu vas finir la saison si ça continue à ce rythme-là ». Il avait pourtant « défini un cap, et on a tenu ce cap en continuant de travailler sur la force, pour ensuite travailler sur la puissance et la vitesse ».
Le problème de base selon lui : « On avait une base de force qui n'était pas suffisamment importante ». Malgré les difficultés, il garde espoir : « J'espère que l'on a mangé notre pain noir, on va ronger notre frein jusqu'à la fin de la saison en essayant de se sauver le plus tôt possible ».
Perspectives pour la saison prochaine
Marquet envisage déjà l'avenir avec une approche renouvelée : « Pour la saison prochaine, l'idée, c'est que je puisse travailler différemment pour aller le plus loin possible. Parce que je suis parti d'assez bas ». Des progrès sont déjà visibles : « J'ai l'impression que depuis, on arrive à proposer des choses sur le plan athlétique, on subit beaucoup moins et on est sur la bonne voie ».
Il reconnaît cependant qu'« il en manque toujours un petit peu, c'est évident ». La gestion des effectifs reste un défi constant, nécessitant des rotations stratégiques comme celle prévue contre Oyonnax, avant les rencontres face à Biarritz et Béziers.
Une équipe qui cherche sa consistance
Marquet justifie ces rotations : « On a besoin d'aller chercher des points là où on peut, mais les rotations faites sont assumées ». Il estime que « notre quinze de départ est assez consistant, on pense qu'il y a matière avec ces gamins-là ».
La nécessité de faire respirer certains éléments s'impose cependant : « Il y a des garçons qui ont besoin d'être dans une rotation parce qu'il y a eu beaucoup d'enchaînements, donc on est obligé de passer par là. Certains cadres de l'équipe ont certainement besoin de souffler sur un week-end comme ça ».
Cette saison difficile aura au moins permis d'identifier des faiblesses et de mettre en place des processus de prévention qui, Marquet l'espère, porteront leurs fruits dans les mois à venir.



