Laurent Travers rompt le silence et s'exprime sur l'Aviron Bayonnais
Pour la première fois depuis des mois, Laurent Travers, le directeur du rugby de l'Aviron Bayonnais, a pris la parole publiquement ce jeudi lors d'une conférence de presse. Son intervention survient après le départ du manager Grégory Patat le mois dernier, une période durant laquelle il s'était volontairement tenu en retrait.
Un retrait stratégique pour mieux accompagner
« Le retrait était voulu. J'étais venu pour accompagner, aider, pas pour gêner », a-t-il déclaré en ouverture. Travers a immédiatement souligné l'importance symbolique du club dans sa région : « Il y a un club en Top 14 dans le Pays Basque, c'est Bayonne. Tout le monde regarde Bayonne à travers le Pays Basque. Soyons fiers de ça ! ». Originaire du Périgord, il a insisté sur sa compréhension du terroir et sa volonté de fédérer autour de l'institution.
Des objectifs sportifs recentrés sur l'immédiat
Interrogé sur les objectifs comptables de fin de saison, Travers a été catégorique : « Non, aucun. Le premier objectif, c'est Montauban ». Avec l'équipe actuellement douzième du championnat, il a appelé à la solidarité et à la fierté, notamment en vue du prochain match à Anoeta contre La Rochelle, où le soutien des Basques sera crucial.
Il a également commenté la notion de « réinitialisation de l'état d'esprit » évoquée par Ged Fraser après la défaite à Clermont (38-15). « Quand il parle d'état d'esprit, je pense qu'il veut parler de réenclencher les victoires », a-t-il analysé, rappelant le bilan factuel d'une seule victoire sur les onze derniers matchs.
La confiance, une construction quotidienne
Sur la question de la confiance, Travers a été pragmatique : « La confiance, elle se gagne. Ce n'est pas l'adversaire qui va nous la donner ». Il a souligné la nécessité de briser la spirale négative qui perdure depuis plusieurs rencontres, en travaillant collectivement au quotidien.
Le stage à Seignosse pour retrouver l'unité
Le récent stage à Seignosse avait pour but de « retrouver les sensations du rugby » et de renforcer la cohésion. Travers a utilisé une métaphore maritime : « Lorsqu'on est sur un bateau, si on rame tous dans le même sens, le bateau va plus vite… En revanche, si on ne rame pas tous dans le même sens, le bateau peut tourner en rond ». Il a précisé que Ged Fraser restait le « patron du sportif », tout en saluant une ambiance positive au sein du groupe.
Un rôle d'accompagnateur mis en avant
Travers a réaffirmé sa mission d'accompagnement : « J'étais venu pour compléter, aider, accompagner, et ce n'est pas ce qui s'est passé… ». Sans s'étendre sur les raisons, il a insisté sur sa sincérité et sa solidarité envers le club. « Ce qui m'importe, c'est l'institution. Dans l'institution, il y a des hommes », a-t-il ajouté, évoquant la complexité de la gestion humaine.
Un appel à la construction collective
Il a lancé un vibrant plaidoyer pour l'unité : « On est tous là pour construire l'avenir du club, et non pas le détruire. Des gens, peut-être, par moments, n'ont pas compris cela ». Agacé mais serein, il a rappelé que sa priorité absolue était le match contre Montauban, avec pour seule mission d'aider les joueurs à performer.
Analyse de la situation et perspectives
Travers a dressé un bilan positif de la gestion du club sur la dernière décennie, mettant en avant les investissements en infrastructures et en ressources humaines. « Le club est sain », a-t-il assuré, tout en reconnaissant les difficultés sportives actuelles. Sur la possibilité d'atteindre le top 8, il est resté humble : « Ce serait malvenu quand on voit les onze derniers matchs… Restons humbles ».
Il a conclu sur une note d'espoir, appelant à un rassemblement massif des supporters à Anoeta : « J'espère que tout le stade sera en bleu et blanc derrière notre équipe pour nous aider à avancer, à plaquer, à marquer ». Pour Travers, l'essentiel reste de regarder vers l'avant et de tout mettre en œuvre pour redresser la barre sportivement.



