L'Angleterre de rugby s'effondre dans le Tournoi, Borthwick sous pression
L'Angleterre de rugby s'effondre, Borthwick en danger

L'Angleterre de rugby plonge dans la crise après un Tournoi désastreux

Portée par une impressionnante série de onze victoires en 2025, dont des succès majeurs contre l'Australie (25-7) et surtout la Nouvelle-Zélande (33-19), l'Angleterre abordait le Tournoi des Six Nations avec d'immenses ambitions. Les bookmakers britanniques la plaçaient même au deuxième rang des favoris. Pourtant, le XV de la Rose a totalement déraillé, plongeant son sélectionneur Steve Borthwick dans une situation extrêmement précaire.

Une chute vertigineuse après un départ prometteur

Si la réception du pays de Galles avait permis de prolonger l'invincibilité anglaise, le retour sur terre fut brutal et douloureux. L'équipe a enchaîné trois défaites cinglantes : d'abord en Écosse (20-31), puis à domicile contre l'Irlande (21-42), et enfin un revers historique en Italie (23-18). « Cela a surpris beaucoup de monde, mais j'avais le sentiment que leurs progrès seraient véritablement testés lors d'un match à l'extérieur durant ce Tournoi. Et ils ne se sont jamais remis de la manière dont ils ont perdu en Écosse », analyse Gavin Mairs, journaliste rugby au quotidien The Telegraph depuis dix-sept ans.

Sur le terrain du rival historique écossais, pourtant mal en point, les Anglais sont complètement passés à côté de leur match. D'abord trop friables en défense, ils se sont ensuite révélés incapables de trouver des solutions avec le ballon pour tenter d'inverser le cours du jeu.

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Un jeu minimaliste qui montre ses limites

L'équipe de Steve Borthwick n'a jamais brillé par sa volonté de faire le spectacle. Sa recette reposait sur une utilisation massive du jeu au pied de pression, des collisions frontales répétées pour mettre l'adversaire sur le reculoir, et une grosse solidarité défensive. Après quatre Tournois difficiles (deux fois troisième, une fois quatrième, une fois cinquième), cette approche minimaliste avait fonctionné à merveille pour battre les Bleus l'an dernier (26-25), et avait suffi à faire plier des All Blacks fatigués.

Mais pendant ce Tournoi, le plan s'est grippé. « Borthwick estime que son équipe est la plus dangereuse lorsqu'elle gagne les duels aériens et attaque à partir de situations de jeu déstructurées. Ce plan s'est grippé pendant le Tournoi. L'Angleterre n'a pas réussi à dominer dans les airs comme auparavant et elle souffre de l'absence de joueurs capables de faire la différence comme Immanuel Feyi-Waboso », détaille Gavin Mairs, qui évoque aussi « une chute brutale de confiance ».

Une terrible inefficacité dans les zones décisives

Les statistiques révèlent une équipe en grande difficulté. L'Angleterre se classe cinquième pour le nombre de passes après contact (seulement 21, soit trois fois moins que les Bleus) et affiche une indiscipline sidérante avec en moyenne onze fautes par match, sept cartons jaunes et un rouge. Mais le problème le plus criant réside dans son manque d'efficacité près des lignes d'en-but.

L'Angleterre est à la fois l'équipe qui concède le plus de points par entrée de son adversaire dans ses 22 mètres et celle qui en inscrit le moins quand elle entre dans les 22 adverses. Cette terrible inefficacité offensive et défensive dans les zones décisives explique largement les mauvais résultats.

Critiques du jeu et des individualités

Au sein du public et des anciens joueurs devenus consultants, on regrette amèrement un plan de jeu trop restrictif. L'arrivée dans le staff de Lee Blackett, l'architecte du jeu spectaculaire de Bath (champion en titre de Premiership), était pourtant perçue comme une promesse d'évolution offensive qui ne s'est pas concrétisée.

Les individualités sont aussi sévèrement critiquées :

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  • L'ouvreur George Ford est jugé trop scolaire et sans folie créative
  • Le deuxième ligne Maro Itoje n'est que l'ombre de lui-même
  • Le troisième ligne Ben Earl semble exténué et en perte de vitesse

Borthwick sur la sellette malgré le soutien officiel

Malgré un rugby de clubs qui se requinque sur la scène européenne grâce aux performances de Bath et Northampton, l'Angleterre touche ses limites au niveau international. Steve Borthwick se retrouve de nouveau dans le collimateur, à seulement un an et demi de la prochaine Coupe du monde.

Le week-end dernier, la fédération anglaise (RFU) a publié un communiqué de soutien officiel, ce qui n'est jamais bon signe dans le milieu du rugby. L'ancien deuxième ligne a été confirmé dans ses fonctions jusqu'aux matchs de Coupe des Nations cet été, mais l'épée de Damoclès est bien suspendue au-dessus de sa tête.

« Si l'équipe continue d'être aussi décevante, la RFU pourrait bien décider qu'un changement est nécessaire, prévient Gavin Mairs. Il y a quatre ans, elle s'était retrouvée dans une situation similaire avec Eddie Jones et avait attendu trop longtemps, en le limogeant seulement à la fin de la tournée d'automne. »

Pourtant, Borthwick mise sur la continuité : à une exception près (Ollie Chessum en troisième ligne), il aligne face à la France exactement la même équipe qui s'est inclinée en Italie. Un pari risqué, sachant que jamais l'Angleterre n'a terminé un Tournoi des Six Nations avec quatre défaites.

Un dernier match qui pourrait virer au fiasco

« Le dernier match de l'Angleterre dans le Tournoi des Six Nations, samedi à Paris, pourrait virer au fiasco », s'alarme le quotidien The Guardian. La situation est d'autant plus tendue que les Français porteront un maillot bleu pâle spécial pour les 120 ans du Crunch, tandis que les Anglais joueront en blanc. Avec des shorts blancs chez les deux équipes, la distinction pourrait s'avérer difficile, malgré l'accord donné par l'organisation du Tournoi, les arbitres et World Rugby.

Alors que l'Angleterre affronte la perspective d'un Tournoi historique par son échec, la pression sur Steve Borthwick atteint des sommets. Les prochains matchs détermineront si la fédération anglaise maintient sa confiance dans son sélectionneur ou si elle opte pour un changement radical à moins de dix-huit mois de la Coupe du monde.