Didier Lacroix propose une réforme du salary cap du rugby français
Lacroix veut réformer le salary cap du rugby français

Le président toulousain Didier Lacroix lance une offensive pour réformer le salary cap

Dans une démarche présentée comme une volonté d'ouvrir un vrai débat, le président du Stade Toulousain Didier Lacroix a adressé le 27 mars un courrier à tous les présidents de clubs de Top 14 et Pro D2. Il y propose une réforme en profondeur du salary cap, qu'il qualifie de dispositif « illégal et incohérent » qui risque de « s'effondre sur lui-même ». Cette initiative intervient alors que le club toulousain est dans le collimateur pour les contrats d'image d'Antoine Dupont et Anthony Jelonch, et que la médiation ouverte suite aux révélations de L'Équipe arrive à son terme dans les prochains jours.

La problématique épineuse des droits d'image

Le cœur du débat concerne les contrats d'image des joueurs. Actuellement, lorsqu'un joueur est rémunéré par un actionnaire ou un partenaire du club pour l'utilisation de son image, ces sommes doivent être intégrées au salary cap pour éviter les salaires déguisés. Didier Lacroix affirme que cette disposition instaurée en 2012 constitue « une illégalité évidente » selon les juristes consultés par le Stade Toulousain.

Or, c'est précisément ce qui est reproché à Toulouse concernant Antoine Dupont et Anthony Jelonch. Selon les révélations, des sommes versées par Fiducial n'auraient pas été déclarées, et les partenariats signés avec la société 3S-Alyzia n'auraient pas été suivis de contreparties suffisantes. Lacroix défend pourtant que « les joueurs peuvent légitimement aspirer à monétiser leur notoriété » et que les partenaires « ont avantage à consolider leur partenariat auprès du club avec des joueurs locaux ».

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Les transferts et clauses de dédit remis en question

Le président toulousain s'attaque également au système des transferts. En rugby, lorsqu'un joueur quitte un club avant le terme de son contrat, il paie une clause de dédit que son nouveau club l'aide à régler, cette somme étant intégrée au salary cap. Lacroix estime que « cette règle n'est ni raisonnable, ni conforme à la loi » et questionne : « Peut-on assimiler à un salaire une somme dont le bénéficiaire effectif n'est pas le joueur, mais son ancien club ? »

Il affirme que « les premières victimes de ce régime sont les clubs formateurs, et à terme l'équipe de France », même si le lien ne paraît pas évident. Pourtant, cette disposition a historiquement permis d'éviter que des clubs aux moyens considérables ne déséquilibrent la concurrence en constituant des équipes surpuissantes.

La transparence et l'indépendance du salary cap manager

Didier Lacroix soulève également la question de la transparence, écrivant que « l'efficacité du salary cap implique un devoir de sincérité de la part des clubs ». Cette position ne manque pas d'ironie puisque le Stade Toulousain a déjà dû s'acquitter d'amendes pour les mutations de Cheslin Kolbe et Melvyn Jaminet, et a reconnu ne pas avoir « procédé aux déclarations requises » concernant un acte avec Anthony Jelonch en 2021.

Enfin, le président toulousain critique l'indépendance du salary cap manager, notant qu'« rien n'encadre les qualités professionnelles qu'il doit présenter, ni les contraintes professionnelles qui doivent peser sur lui ». Samuel Gauthier, nommé en février 2020 et reconduit à l'unanimité en juin dernier jusqu'en 2028, voit ainsi son mandat remis en question alors que son contrat contiendrait pourtant « plusieurs clauses sur la confidentialité, les conflits d'intérêt et la non-concurrence ».

La Ligue nationale de rugby, saisie officiellement le 9 mars sur quatre points précis du règlement salary cap, dispose de deux mois pour répondre à cette offensive du président toulousain. Cette démarche, présentée comme une volonté sincère de réforme, pourrait aussi être interprétée comme un écran de fumée pour détourner l'attention des affaires en cours concernant le Stade Toulousain.

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