La défense du XV de France resserre les boulons dans le Tournoi des Six Nations
La défense du XV de France se renforce dans le Tournoi

La défense française retrouve son hermétisme dans le Tournoi des Six Nations

Après une période inquiétante en novembre, où la défense tricolore avait montré une porosité alarmante en concédant douze essais et une moyenne de 30 points par match, le XV de France a radicalement resserré les boulons depuis le début du Tournoi des Six Nations. En trois rencontres face à l'Irlande, le Pays de Galles et l'Italie, les adversaires n'ont marqué que cinq essais et un total de seulement 34 points. Pour retrouver une défense aussi hermétique après trois journées de compétition, il faut remonter à l'édition 2000, où la France avait concédé le même nombre de points.

Une évolution stratégique majeure dans la politique de ruck

Antoine Nicoud, entraîneur en charge de la défense à la Section Paloise, souligne une « évolution majeure » dans l'approche défensive française. Il note particulièrement « un changement dans la politique de ruck » qui a contribué à réduire drastiquement le nombre de pénalités concédées : seulement 17 en trois matchs, contre 36 en novembre. « Avant, des joueurs comme Marchand ou Alldritt absorbaient l'adversaire en subissant la collision et en le laissant tomber volontairement, avec l'espoir de gratter le ballon. L'inconvénient était que si le grattage échouait, la ligne défensive perdait deux mètres et risquait de se retrouver hors-jeu, donc pénalisée », explique Nicoud.

« Sur ce Tournoi, les Français sont revenus à une volonté de gagner systématiquement la ligne d'avantage, souvent avec un plaqueur haut et un plaqueur bas. Cette approche permet de maintenir la pression défensive et de réduire les opportunités pour les adversaires. »

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Des plaquages dominants et une mobilité accrue

La France se distingue particulièrement par ses plaquages dominants, avec 60 réalisations sur trois matchs, loin devant la deuxième nation, l'Italie, qui en compte 34. Ce revirement stratégique a peut-être influencé les choix en troisième ligne, avec des joueurs comme Anthony Jelonch, dont la dureté au plaquage est établie, et Oscar Jegou, surnommé « la brique » par ses coéquipiers pour sa capacité à avancer avant de plaquer et sa force dans les collisions.

Christophe Laussucq, entraîneur de la défense à l'Union Bordeaux-Bègles, estime que « ce sont les avants qui font la différence sur le plan défensif ». Il insiste sur l'importance de la mobilité apportée par la deuxième ligne, notamment Mickaël Guillard et Charles Ollivon lors des deux premiers matchs. « Cette mobilité permet une circulation fluide dans la ligne défensive, ce qui est primordial au niveau international. Lorsque le banc plus lourd est entré contre l'Irlande, on a constaté un retard et des pénalités, montrant l'équilibre délicat à trouver entre puissance et mobilité. »

Le rôle crucial des trois-quarts et l'implication de l'encadrement

Les trois-quarts ont également contribué à cette amélioration défensive. La promotion de Théo Attissogbe, en partie due à ses qualités défensives, et le retour de Yoram Moefana, qui a apporté de la densité au contact contre l'Irlande, illustrent cette évolution. Fabien Brau-Boirie, remplaçant, s'est distingué comme une machine à plaquer, avec 32 adversaires mis au sol en deux matchs.

Un travail important sur les réceptions de jeux aériens a permis de réduire les possessions adverses dans le camp tricolore. Fabien Galthié, le sélectionneur, s'est davantage investi sur le sujet aux côtés de Shaun Edwards, responsable de la défense depuis 2020. Galthié rappelle que « la défense est un éternel recommencement » et note que lors des trois dernières éditions du Tournoi, l'équipe victorieuse avait systématiquement la meilleure défense, soulignant l'importance de cette dimension pour la suite de la compétition.

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