Une amitié forgée sur les terrains de Géorgie
Aleksandre Kuntelia, pilier droit de 23 ans, et Nikolozi Sutidze, talonneur de 22 ans, ont tissé des liens solides dès leur plus jeune âge à Tbilissi, en Géorgie. Voisins dans la capitale, ils se sont rencontrés vers l'âge de 12 ou 13 ans au sein de la prestigieuse académie des Lelos Saracens, souvent décrite comme la meilleure du pays. Leur quotidien était rythmé par des entraînements communs et des trajets partagés, posant les bases d'une amitié profonde qui allait résister à l'épreuve du temps et de la distance.
Le rêve géorgien devenu réalité à La Rochelle
En 2021, Kuntelia rejoint le Stade Rochelais, ouvrant la voie à son ami. Contre toute attente, Sutidze le suit quelques mois plus tard en tant que joker médical, sans que Kuntelia n'ait eu à intervenir. « Je n'ai pas donné son CV, je ne savais pas que le club le suivait », confie le pilier, ravi de cette coïncidence heureuse. Leur réunion en Charente-Maritime, à plus de 3 500 kilomètres de leur pays natal, est vécue comme une chance inouïe, renforcée par l'accueil chaleureux du club et de ses supporters.
Une évolution sportive marquée par l'entraide
L'adaptation de Sutidze a été facilitée par le soutien indéfectible de Kuntelia. Ancien troisième ligne, le talonneur a dû apprendre les spécificités de son nouveau poste, notamment les lancers et la mêlée. « Sandro m'a beaucoup aidé », reconnaît-il, soulignant l'importance de cette complicité technique. Le 5 octobre 2024 reste une date mémorable : les deux amis disputent ensemble leur premier match de Top 14, réalisant un objectif commun nourri depuis l'arrivée de Sutidze.
Des débuts prometteurs en équipe nationale
Kuntelia avait prédit avec justesse l'avenir international de son ami. En novembre 2025, Sutidze affronte le Japon avec la Géorgie, puis représente son pays aux côtés de Kuntelia lors du Rugby Europe Championship en février 2026. Bien que la finale contre le Portugal se solde par une défaite (17-19), ces moments partagés sous le maillot des Lelos consolident leur fierté nationale et leur attachement réciproque.
Une vie quotidienne rythmée par la camaraderie
À La Rochelle, Kuntelia et Sutidze perpétuent leur proximité, vivant à proximité l'un de l'autre et partageant leur quotidien avec un troisième Géorgien, Davit Niniashvili, considéré comme une star dans leur pays. « On est comme une famille ici », explique Kuntelia, évoquant les repas préparés par l'épouse de Niniashvili et les moments de convivialité qui adoucissent l'éloignement familial. Leur intégration est totale, tant sur le plan sportif que personnel.
Des défauts qui renforcent leur lien
Malgré leur grande complicité, les deux joueurs n'hésitent pas à se taquiner sur leurs travers. Sutidze décrit Kuntelia comme « très nerveux » et parfois trop agressif sur le terrain, tandis que ce dernier rappelle les expulsions passées de son ami. Ces légères critiques, toujours empreintes d'affection, témoignent d'une relation authentique où la franchise n'altère pas le respect mutuel.
Des ambitions communes pour l'avenir
Kuntelia et Sutidze aspirent à prolonger leur aventure rochelaise le plus longtemps possible, avec le rêve de remporter le Bouclier de Brennus. Leur parcours, marqué par la persévérance et l'entraide, sert d'inspiration pour les jeunes Géorgiens. « On a la chance d'avoir cette opportunité », souligne Kuntelia, optimiste quant au potentiel de Sutidze, qu'il voit devenir « un des meilleurs talonneurs du championnat ». Leur histoire, née dans les rues de Tbilissi, continue de s'écrire sur les pelouses françaises, portée par une amitié indéfectible.



