Fabien Galthié dévoile sa stratégie pour l'ultime affrontement du Tournoi
Ce jeudi, lors d'une conférence de presse très attendue, Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France, a longuement expliqué les raisons derrière la composition de son équipe pour la dernière journée du Tournoi des Six Nations contre l'Angleterre. Deux jours seulement séparent les Bleus de ce match crucial au Stade de France.
Une troisième ligne recomposée après les absences
Temo Matiu fera ses débuts en sélection en tant que titulaire, une décision prise suite au forfait d'Anthony Jelonch. « Hier, à la fin de l'entraînement, Anthony Jelonch a ressenti quelque chose à l'ischio », a révélé Galthié. « Après un examen médical, un petit signal a été détecté et la règle veut qu'on ne prenne aucun risque. »
Cette absence, combinée à la suspension d'Oscar Jegou, a obligé à une recomposition complète de la troisième ligne. Charles Ollivon glisse en numéro 8 tandis que Temo Matiu occupera le poste de numéro 7. « C'est un mélange de vitesse, de puissance et d'adresse qui sera complémentaire avec François Cros et Charles Ollivon », a assuré le sélectionneur.
Les choix justifiés par les performances
L'absence de Lenni Nouchi dans le groupe des 23 joueurs a également été commentée. « C'est un choix qui se justifie sur les performances et nos observations », a expliqué Galthié. « Lenni a eu l'opportunité de jouer quatre matchs avec nous, il est dans les joueurs supplémentaires. Depuis l'automne 2024, Temo Matiu est avec nous ; cela fait longtemps qu'on l'observe, qu'il se prépare, et on trouve intéressant de lui donner une opportunité, surtout avec ce que l'on voit de lui aux entraînements et ses performances en club. »
Tourner la page après la défaite en Écosse
Interrogé sur la manière dont l'équipe a préparé cette semaine après la défaite en Écosse, Galthié a insisté sur la méthode. « Avant un discours c'est une méthode. Dès le lundi, on est passé sur l'Angleterre, après une journée de récupération. On a des habitudes de travail qui font qu'on ne s'attarde pas sur ce qui nous arrive. On fera le bilan plus tard sur les grands moments et les moments difficiles. »
Le sélectionneur a ajouté : « Le rugby international provoque une charge émotionnelle intense. Dans ce Tournoi, les six équipes ont traversé des périodes heureuses et difficiles. Nous, on s'est donné le droit de jouer la gagne au Stade de France, c'est ça qui m'intéresse. »
Antoine Dupont et la pression du haut niveau
Concernant Antoine Dupont, qui a connu un match difficile contre l'Écosse, Galthié a adopté une approche humaine. « Nous sommes des êtres humains : parfois on est très bons, parfois un peu moins. Antoine est aussi un être humain, même si c'est un joueur exceptionnel, et donc par moments il a des passages plus compliqués. Mais comme nous, il assume. Sur ce qu'il s'est passé en Écosse, il n'y a rien de grave, il en a conscience. Cela fait partie de l'expérience. »
Une Angleterre toujours redoutable malgré les déceptions
Face à une équipe d'Angleterre qui sort d'une défaite en Italie et a déçu dans ce Tournoi, Galthié reste prudent. « L'Angleterre est arrivée sur le Tournoi avec 12 victoires consécutives. Elle performait énormément, avec beaucoup d'ambitions légitimes. Leurs résultats ne sont pas en phase avec leurs attentes, mais ils sont toujours redoutables, avec des joueurs redoutables et un staff qui travaille très bien. »
Il a également analysé leur stratégie : « Ils ont une stratégie très claire avec une grosse conquête. Ils ont agrandi leur alignement avec trois sauteurs potentiels. Il y a une pression exercée en permanence sur toutes les zones du terrain, notamment dans les couloirs avec des jeux au pied hauts où ils se projettent avec beaucoup de vitesse. »
Le choix des centres et la gestion des blessures
Enfin, Galthié a justifié l'alignement de Yoram Moefana et Pierre-Louis Barassi au centre. « Fabien Brau-Boirie est blessé. On l'a fait remonter à Marcoussis pour voir l'évolution, mais sa luxation à la phalange limite encore son potentiel. On ne prend donc pas de risque, on préfère que ça cicatrise tranquillement. »
Il a ajouté : « Ensuite, il y avait un arbitrage entre Émilien Gailleton et Kalvin Gourgues, mais on pense que Yoram Moefana et Pierre-Louis Barassi sont le bon choix. C'est aussi un clin d'œil du destin pour Barassi : l'an dernier, il avait joué les quatre premiers matchs mais pas le dernier. Là, il va jouer le dernier. Il est prêt, il a retrouvé son potentiel. »



