L'éclosion spectaculaire d'un talent basque
L'ailier de 22 ans, Nicolas Elissondo, a véritablement crevé l'écran lors du match à Aurillac, contribuant à la victoire de son équipe (24-27). Fort de cette performance remarquée, il enchaîne avec une nouvelle titularisation ce vendredi à Oyonnax, où l'affrontement est prévu à 19h30. Son manager, Boris Bouhraoua, prend le temps de décrypter en détail l'éclosion de ce pur produit du Pays basque, révélant les coulisses d'une ascension méritée.
Une prestation XXL attendue et réalisée
Au-delà de son premier essai marqué cette saison, Nicolas Elissondo a brillé de mille feux à Aurillac. "Ce qui est intéressant, c'est le contexte", souligne Boris Bouhraoua. "Au sein du staff, cela fait des mois que nous savons qu'il possède un gros potentiel pour le rugby moderne. C'est une certitude. Tout l'enjeu était de savoir comment l'amener à réaliser une prestation XXL le jour où il serait véritablement lancé. Et c'est exactement ce qui s'est passé à Aurillac !" Si le joueur n'a pas été aligné à tous les matchs jusqu'à présent, c'est tout simplement parce qu'il n'était pas encore prêt, selon son manager.
Bouhraoua détaille les atouts majeurs d'Elissondo : le jeu aérien, le duel offensif et un état d'esprit de grand combattant. "Il aime se battre sur le terrain. Ces trois critères correspondent parfaitement aux exigences du très haut niveau", affirme-t-il. Le staff attendait de lui une constance dans l'effort, une régularité dans son dézonage et une concentration de la première à la dernière minute. "Cela fait un an et demi que l'on travaille là-dessus. Il a sorti de grosses performances en Espoirs qui nous ont indiqué qu'il était mûr. On a senti que c'était la bonne opportunité, on savait qu'il allait répondre présent dans la constance, et il l'a fait".
Une gestion patiente du temps de jeu
Cette saison, Nicolas Elissondo a fait très peu de feuilles de match, avec seulement cinq apparitions dont trois en tant que titulaire. Boris Bouhraoua explique cette gestion prudente : "Faire un bon match en Espoirs ne signifie pas qu'on est immédiatement prêt pour le monde professionnel. Moi, j'observe le travail sur toute la semaine. Nico avait besoin de temps et de maturité". Le joueur a démarré le rugby de haut niveau sur le tard, dans son petit club près de Saint-Palais (USSP Amikuze), et était passé sous les radars de toutes les sélections avant d'arriver en Espoirs à Bayonne.
"Il a une mentalité de compétiteur et un vrai potentiel physique et mental, mais rugbystiquement, il y avait encore beaucoup de travail", poursuit Bouhraoua. "On lui a donné quelques petites apparitions en pro pour qu'il goûte au niveau ; c'était intéressant, mais pas encore assez constant. La marche entre les Espoirs et les pros est énorme. L'idée, c'était vraiment de saisir le moment où il allait être prêt mentalement pour être constant dans l'effort, vivre le match, ne pas le subir".
Un profil moderne et combatif
Contrairement à ce que son gabarit pourrait laisser penser, Nicolas Elissondo est un ailier qui aime le contact. "Complètement. Avec son physique, on ne l'imagine pas forcément dans ce registre. Mais dans la tête, il a une réelle appétence pour le contact, il aime ça", insiste Boris Bouhraoua. "C'est pour ça que je parle de profil moderne pour lui. Aujourd'hui, les ailiers sont avant tout des combattants qui doivent comprendre le jeu, bouger dans les zones et avoir un gros jeu aérien. Ce n'est plus 'la balle à l'aile, la vie est belle'. C'est devenu un poste de combat féroce dans les couloirs".
Le manager compare même Elissondo à Gabin Villière : "Nicolas me fait beaucoup penser au profil de Gabin Villière. Quand on voit Villière, on se dit aussi qu'il n'est pas le plus costaud. Sauf que ça plaque très fort, ça vient dans les contre-rucks, ça prend les contacts, ça met des raffuts et ça ne tombe jamais du premier coup. Nico, c'est le même principe : il a des petits appuis courts qui lui permettent d'éviter, de rebondir sur le premier défenseur. Mais ensuite il faut deux, trois mecs pour l'arrêter. Il est puissant".
Un recrutement ancré dans le territoire
Le recrutement de Nicolas Elissondo par les Espoirs de l'Aviron Bayonnais à l'été 2024 s'inscrit dans une volonté globale du club. "C'était une volonté globale de faire venir de jeunes joueurs du territoire", explique Boris Bouhraoua. "S'il avait passé un cap plus tôt à Bayonne, il y serait évidemment resté. Mais à mon arrivée, je souhaitais qu'une grande partie des jeunes recrutés soient issus du coin".
L'objectif était d'intégrer une dizaine à une douzaine de jeunes capables de tenir le niveau des entraînements professionnels, pour s'appuyer sur eux d'ici deux ans. "Avec Nico, nous sommes même un peu en avance sur le tableau de marche puisqu'il performe au bout d'un an et demi !", se réjouit Bouhraoua. "Il s'inscrit dans cette volonté du club de faire confiance à la jeunesse locale, au même titre que d'autres garçons comme Carlo Mignot, Yohan Tapie, François Mur, Ellande Sanderson ou Anoa Laurent, qui continuent de progresser. C'est une stratégie qui paie aujourd'hui".



