Une défaite qui interroge l'état d'esprit des Bleus
À l'image de François Cros, les joueurs français ont unanimement pointé un manque d'engagement coupable au moment d'analyser la lourde défaite (50-40) subie par les Bleus à Édimbourg. Les mains dans les poches, le visage tuméfié par les multiples chocs encaissés pendant le match, François Cros s'est avancé dans les entrailles de Murrayfield, encore groggy par la claque reçue quelques instants auparavant.
« On est passés à travers »
« C'est une sensation compliquée, on est passés à travers, clairement », a déclaré le troisième ligne dans un soupir. « On a été pris dans l'engagement, l'état d'esprit, l'attitude, et ce n'était pas l'image qu'on se devait d'avoir sur un match d'une telle importance. » Le Toulousain a pourtant terminé la rencontre parmi les défenseurs les plus actifs chez les Français, qui ont passé 80 minutes à tenter d'endiguer les incessantes vagues écossaises.
Le taux collectif de réussite au plaquage de 86 % n'est pas déshonorant, mais les Tricolores en ont raté 33. Un chiffre impensable pour une équipe qui visait le Grand Chelem. « Peut-être qu'on s'est vus un peu trop beaux et qu'on a pensé à d'autres choses avant de penser à combattre », a admis Cros, soulignant un défaut rarement observé dans cette équipe.
Une apathie collective inquiétante
Thomas Ramos n'est pas allé aussi loin dans l'analyse, mais a pointé des carences similaires. « Il nous a manqué du lien et de l'excitation collective par rapport à notre adversaire qui en a eu énormément. On a été un peu apathiques à certains moments. On est menés à la mi-temps, on revient et il n'y a pas trop de rébellion. »
Au contraire même : quatre essais et un cinglant 28-0 encaissés entre les 44e et 63e minutes ont scellé le sort du match. « Je n'avais même pas réalisé qu'on avait pris quatre essais en si peu de temps, admet l'arrière. C'est à l'image de notre première période, où on a subi, où on n'a pas réussi à les renvoyer chez eux. »
Des leaders passés à côté
Marchand, Ollivon, Dupont, Ramos : cette équipe ne manque pourtant pas de leaders capables de secouer et réveiller un groupe. Mais parmi ceux-là, les trois premiers sont passés à côté de leur match. L'ampleur de la déroute défensive interroge inévitablement sur la préparation du match.
« Honnêtement, on avait fait plutôt une bonne semaine, assure Ramos. Mais on a peut-être mis moins l'accent sur la défense ou sur la discipline. À nous de rabâcher ces points importants, quitte à ce que ce soit redondant… » Les Bleus n'ont commis que dix fautes mais certaines très rapprochées, ce qui leur a valu deux cartons jaunes.
Une leçon de rugby
« Et à ce niveau-là, au-delà de huit fautes, ça commence à piquer », a pesté l'arrière. « On perd des ballons importants et on est pénalisés en conquête, et on ne prend pas un ballon sur les jeux aériens », a énuméré Cros. Les 40 points inscrits par les Français ? « Plutôt anecdotiques, le score était fait et peut-être que les Écossais ont un peu lâché », estime Ramos.
De retour à Marcoussis dès ce samedi soir, les Bleus vont devoir vite se remobiliser pour préparer la venue de l'Angleterre. « On va essayer d'approcher ce dernier match d'une manière différente, annonce Cros. On n'aura aucune excuse. On peut aller chercher quelque chose de beau. Aujourd'hui, c'est compliqué, tant pis pour le Grand Chelem, mais tout n'est pas perdu. On a encore l'opportunité de gagner ce Tournoi et il faut la saisir. »
La défaite face à l'Écosse restera comme une belle claque pour les Bleus, qui doivent maintenant se ressaisir rapidement pour terminer le Tournoi des Six Nations sur une note positive face aux Anglais.



