Côte Basque : une stratégie offensive collective qui porte ses fruits en N1
En déplacement à Bléré-Val de Cher ce samedi, le club de Côte Basque se distingue par une approche unique dans la poule 1 de N1. Contrairement à d'autres équipes, il ne s'appuie pas sur une buteuse dominante, mais mise sur une attaque homogène et répartie. Ce choix tactique semble payant, comme en témoignent les statistiques officielles de la Fédération Française de Handball.
Des statistiques révélatrices d'un paradoxe offensif
Sur le site de la FFHB, dans la rubrique des buteuses de la poule 1 de N1, il faut descendre jusqu'au 19e rang pour trouver une joueuse de Côte Basque. Seuls Saint-Loubès et Bordes affichent des performances inférieures dans ce classement individuel. Pourtant, CBHB se classe à la quatrième place des meilleures attaques avec 577 buts, derrière Rochechouart (593), Celles-sur-Belle (605) et Mérignac (608), qui forment le trio de tête du général. Ce paradoxe s'explique par l'homogénéité de l'armada offensive labourdine.
Des joueuses comme Iralde, Magendie, Desbois et Fernandez cumulent entre 50 et 80 réalisations chacune, créant une menace diversifiée. « Suivant les matchs, ça nous permet d'être un peu mieux alimentées sur certaines situations et un peu plus en réussite », explique l'entraîneur Mickaël Moreno. « On a besoin de tout le monde pour performer. » Même les gardiennes Justine Gouzien et Léa Legros, avec respectivement cinq et trois shoots réussis depuis leurs cages, figurent dans ce classement, illustrant l'évolution tactique du poste.
La répartition des buts : une force collective
La liste des marqueuses de Côte Basque démontre cette approche équilibrée :
- Léa Iralde : 70 buts en 16 matchs (moyenne de 4,4)
- Oihana Magendie : 62 buts en 16 matchs (3,9)
- Lucie Desbois : 62 buts en 14 matchs (4,4)
- Marine Fernandez : 49 buts en 15 matchs (3,3)
- Intza Altuna : 41 buts en 10 matchs (4,1)
- Charline Bouquet : 41 buts en 13 matchs (3,2)
- Coline Roy : 37 buts en 17 matchs (2,2)
- Alice Pichot : 35 buts en 19 matchs (1,8)
- Lou Masson : 34 buts en 18 matchs (1,9)
- Yael Cesbron : 29 buts en 17 matchs (1,7)
- Éva Daguerre : 29 buts en 19 matchs (1,5)
- Julene Arrijuria-Perurena : 27 buts en 14 matchs (1,9)
- Romane Glasset : 24 buts en 17 matchs (1,4)
- Angela Guillemot : 20 buts en 16 matchs (1,3)
- Camille Orliange : 9 buts en 7 matchs (1,3)
- Justine Gouzien : 5 buts en 18 matchs (0,3)
- Léa Legros : 3 buts en 19 matchs (0,2)
Une philosophie tactique délibérée
Comment expliquer cette contradiction ? Est-ce une volonté délibérée de ne pas s'appuyer sur une buteuse attitrée ? « Si elle se blesse, on se retrouvait en difficulté et si elle n'est pas en réussite, ça ne donnerait pas de responsabilités aux autres », souligne Moreno. Le budget serait-il insuffisant pour recruter une star ? Le coach préfère-t-il un collectif compact ? « C'est un peu tout ça à la fois », admet-il, privilégiant un groupe où « tout le monde peut être un peu dangereux. Cela apporte davantage de complexité pour l'équipe adverse ».
Le dernier match contre Nantes (45-19), où sept joueuses ont marqué entre huit et quatre buts, en est un exemple frappant. Avec 70 réalisations en 16 matchs, l'ailière Léa Iralde reste la canonnière la plus efficace, mais l'entraîneur répartit les responsabilités, comme pour les jets de 7 mètres confiés à Magendie et Arrijuria-Perurena. « Pourquoi ne pas laisser une fille en réussite totale sur un match ? Ça peut être l'inverse sur une rencontre où on a eu un peu plus d'avance en tentant avec d'autres coéquipières. Tout dépend de la physionomie à un moment bien précis », conclut-il.
Ce samedi, Côte Basque (7e avec 39 points) affrontera Bléré-Val de Cher (9e avec 33 points) au complexe sportif des Aigremonts à Bléré, à 19 heures, avec MM. Gloux et Massat comme arbitres. L'équipe alignera Gouzien et Legros aux cages, ainsi que des joueuses clés comme Arrijuria-Perurena, Cesbron, Daguerre, Fernandez, Glasset, Iralde (capitaine), Magendie, Masson, Pichot et Roy.



