Le capitaine des Bleus tourné vers la victoire du Tournoi après la défaite en Écosse
Vêtu du maillot collector célébrant les 120 ans du Crunch, à la veille de la réception de l'Angleterre au Stade de France, le capitaine des Bleus affirme que son équipe est entièrement concentrée sur la conquête du Tournoi des Six Nations. Cette détermination fait suite à la nette défaite subie en Écosse sur le score de 50 à 40.
Surmonter la déception d'Édimbourg
Est-ce que cela a été facile d'évacuer la déception collective et individuelle après le match à Édimbourg la semaine dernière ? Ce ne sont jamais les semaines les plus agréables quand on sort d'une prestation comme celle que nous avons réalisée. Mais nous avons déjà connu cette situation par le passé. Surtout, il reste un enjeu majeur : nous avons notre destin entre les mains et nous pouvons gagner le Tournoi demain. Donc, cela a été assez facile de basculer rapidement et de se remotiver, parce qu'il y a un bel objectif à atteindre.
Une énergie renouvelée dans l'équipe
Est-ce que vous sentez l'équipe revancharde cette semaine et est-ce que c'est un levier sur lequel vous pouvez vous appuyer ? Revancharde, je ne sais pas si c'est le mot exact. Mais en tout cas, j'ai ressenti une bonne énergie ce week-end. Une concentration accrue également. La semaine précédant le match contre l'Écosse, il y avait beaucoup de bonne humeur ; peut-être une baisse de vigilance, une diminution de la détermination. En tout cas, c'est ce qui s'est manifesté pendant le match. J'espère donc qu'au moins sur ces aspects-là — l'envie, l'état d'esprit, la capacité à se donner à fond collectivement — nous saurons répondre présent.
Analyse des erreurs contre l'Écosse
Avec un peu de recul, analysez-vous cela comme des erreurs individuelles ou plutôt comme un problème collectif ? Je pense que c'est une accumulation d'erreurs individuelles qui reflète probablement une mauvaise préparation collective. Comme je l'ai mentionné, il y a surtout eu un manque d'énergie, de vigilance et de concentration. Nous avons commis des fautes que nous ne faisions plus ces derniers temps et nous avons subi défensivement comme cela nous arrivait rarement. Au-delà des lacunes individuelles, c'est surtout un état d'esprit collectif qui n'était pas au niveau requis pour ce match à Édimbourg.
L'incident avec Ben White
On vous a vu échanger quelques mots avec Ben White à la fin du match en Écosse. C'est assez rare de vous voir vous agacer sur le terrain. Que s'est-il passé ? C'était simplement en réaction à son comportement sur le terrain, que tout le monde a pu observer. Nous avons connu des défaites et des victoires, mais personnellement, je n'ai jamais adopté cet état d'esprit sur un terrain. C'est exactement ce que je lui ai dit. Après cela, ils ont très bien joué. Il n'y a aucun problème sur le plan sportif. Cela a peut-être fait plus de bruit que cela n'aurait dû.
La méfiance envers l'Angleterre
L'Angleterre est en difficulté avec déjà trois défaites. Est-ce que vous vous en méfiez malgré tout ? Il faut toujours se méfier de l'Angleterre. Nous savons à quel point ce tournoi est difficile et qu'une équipe peut changer de visage d'une semaine à l'autre. C'est une équipe très expérimentée, avec de grandes individualités capables de répondre présent dans les grands rendez-vous. Même s'ils ne jouent plus pour la victoire du tournoi, ce match a beaucoup d'enjeux pour eux. Les 120 ans du Crunch ajoutent une saveur particulière, comme en témoigne le maillot vintage que je porte. Mais au-delà des tenues, il faudra surtout adopter le comportement adéquat sur le terrain.
La saveur d'une victoire sans Grand Chelem
Il y a la possibilité de remporter le Tournoi demain. Est-ce que cela aurait la même saveur sans Grand Chelem ? Si nous remportons le Tournoi demain, nous oublierons beaucoup de choses de ce qui s'est passé auparavant, que ce soit le bon début ou le match raté à Édimbourg. Quand on gagne, on retient surtout le nom du vainqueur. Peut-être que dans dix ans, nous regretterons de ne pas avoir réalisé le Grand Chelem, parce que c'est toujours préférable. Mais un titre reste un titre, et c'est déjà très difficile à gagner.



