Un regard expert sur les défaillances du XV de France
Dans une analyse exclusive pour Sud Ouest, un ancien demi de mêlée international français livre ses observations sur les performances erratiques du XV de France lors du dernier Tournoi des Six Nations. Son constat est sans appel : les équipes présentent des visages radicalement différents d'un week-end à l'autre, un phénomène qui perturbe les observateurs et interroge les staffs techniques.
L'inconstance des performances dans le Tournoi
« En préambule, je constate une tendance dans ce Tournoi », explique l'ancien international. « D'un week-end à l'autre, une même équipe avec pratiquement les mêmes joueurs peut rendre une copie totalement différente. Cette Écosse, sublime contre l'équipe de France, avait perdu en Italie dans des conditions particulières, avant d'être très bonne contre l'Angleterre puis moyenne contre le pays de Galles. Les staffs doivent s'interroger pour comprendre comment de tels passages à vide se produisent. En tout cas, moi, ça me perturbe un peu. »
Le XV de France n'a pas échappé à cette règle. Après trois premiers matchs jugés intéressants, avec notamment une défense semblant au point, la déroute face à l'Écosse a jeté un froid. « Le résultat pousse finalement à se demander si les premiers adversaires n'avaient pas proposé grand-chose. Contre la première équipe qui nous a opposé une orgie de rugby, on en a pris 50 ! », souligne l'analyste.
Une erreur stratégique face à une Écosse inspirée
La rencontre écossaise, considérée comme la plus difficile du Tournoi, a révélé des faiblesses tactiques. « Stratégiquement, Fabien Galthié avait fait le choix de mettre des joueurs 'coureurs' parce qu'ils s'attendaient à ce que les Écossais mettent le feu d'entrée », détaille l'ancien joueur. « Il espérait probablement récupérer les ballons et pouvoir les exploiter avant de faire rentrer des joueurs puissants. Malheureusement, rien ne s'est passé comme ça face à des Écossais que j'ai trouvé plus 'stratèges' que d'habitude. On a raté des plaquages, on n'a pas gratté un ballon… »
Cette rigidité dans la gestion du banc est pointée du doigt. « On peut d'ailleurs se demander s'il n'aurait pas fallu être moins stéréotypé dans l'utilisation du banc : l'entrée d'un ou deux joueurs puissants aurait pu nous aider en première période, quitte à faire revenir les coureurs par la suite. On aurait pu réagir à ce qui se passait sur le terrain plutôt que de rester sur ce qui était programmé. »
Un accident à surmonter selon l'expert
Malgré cette défaite cuisante, l'ancien international refuse le catastrophisme. « Il ne faut pas tout jeter : c'est un accident à mes yeux. Offensivement, il y a tout de même eu une vraie progression lors des premiers matchs. Si on ne l'a pas vu face à l'Écosse, c'est parce qu'on n'a pas vu le ballon ! Ce n'est pas normal. Il va falloir trouver des solutions pour le posséder plus souvent et longtemps en bossant nos phases de conquête. »
Cette analyse souligne ainsi la nécessité d'une plus grande adaptabilité tactique et d'un travail approfondi sur les fondamentaux pour que le XV de France retrouve sa compétitivité au plus haut niveau.



