Jeux paralympiques 2026 : l'Ukraine boycotte la cérémonie d'ouverture après la réintroduction de la Russie et de la Biélorussie
Ukraine boycotte cérémonie paralympique après réintroduction Russie

L'Ukraine réagit vivement à la réintroduction des athlètes russes et biélorusses aux Jeux paralympiques 2026

La décision du Comité international paralympique (CIP) d'autoriser la participation des athlètes russes et biélorusses aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026, avec leurs hymnes et drapeaux nationaux, a provoqué une réaction immédiate et ferme de l'Ukraine. Le comité national paralympique ukrainien a annoncé, dans la soirée du jeudi 19 février, qu'il boycotterait la cérémonie d'ouverture prévue à Vérone, en Vénétie, et exigeait que son étendard ne soit pas brandi lors de cet événement.

Une décision controversée du CIP

Cette annonce du CIP, rendue publique le 17 février, marque un tournant significatif dans le paysage sportif international. Elle intervient après quatre années de mise à l'écart de la Russie et de la Biélorussie, une sanction décidée suite à l'offensive militaire à grande échelle lancée par les troupes russes avec le soutien de Minsk à la fin du mois de février 2022. Le CIP a refusé de commenter la situation, indiquant simplement que des discussions étaient en cours avec les parties concernées.

La réaction ukrainienne ne s'est pas fait attendre. Dès le lendemain de l'annonce, les ministres des sports et des affaires étrangères de l'Ukraine ont déclaré qu'ils n'assisteraient « à aucun des événements officiels » des Jeux paralympiques, qualifiant cette réintroduction complète de « scandaleuse ». Le comité ukrainien a également déploré le fait que ni la Russie ni la Biélorussie n'aient suivi le processus de qualification standard pour participer à ces Jeux.

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Des soutiens internationaux et des positions divergentes

Le commissaire européen chargé du sport, Glenn Micallef, a exprimé son soutien à la position ukrainienne en annonçant qu'il ne participerait pas non plus à la cérémonie d'ouverture. Sur son compte X, le dirigeant d'origine maltaise a déclaré : « Tant que la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine se poursuit, je ne peux soutenir le retour des symboles nationaux, drapeaux, hymnes et uniformes. »

Le CIP a néanmoins alloué dix invitations spéciales aux para-athlètes des deux pays concernés :

  • La Russie disposera de deux représentants en ski alpin, deux en ski de fond et deux en snowboard.
  • La Biélorussie aura quatre compétiteurs en ski de fond.

Pas de boycott sportif total pour l'Ukraine

Malgré cette forte opposition, Valeriy Sushkevych, le président du comité paralympique ukrainien, a écarté toute possibilité d'un boycott sportif complet de sa délégation. Il a affirmé : « Si nous n'y allons pas, cela reviendrait à permettre à [Vladimir] Poutine de revendiquer une victoire. Cela n'arrivera pas. » Il a rappelé qu'en 2022, le CIP avait banni la Russie et la Biélorussie des Jeux de Pékin en raison de l'offensive militaire, et avait témoigné son soutien à l'Ukraine tout au long de l'événement.

Sushkevych a toutefois exprimé sa déception face au changement de position du CIP : « Aujourd'hui, [le CIP] a changé de position et n'a pas respecté les valeurs d'humanité, de démocratie et la philosophie du mouvement paralympique international. Mais nous continuerons à nous battre pour unir les nations dans la lutte contre la guerre. »

Le contexte plus large du conflit ukrainien dans le sport

La guerre en Ukraine avait déjà fait son entrée dans le monde sportif lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina avec la disqualification controversée du skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych. L'athlète avait été sanctionné pour avoir porté un casque rendant hommage à plusieurs de ses compatriotes athlètes morts au combat. Ce casque a ensuite été offert au président Volodymyr Zelensky, qui avait pris la défense de l'athlète, affirmant que la décision de l'exclure n'avait « rien à voir avec la paix ».

Rinat Akhmetov, propriétaire du Chakhtar Donetsk, le plus grand club de football ukrainien, a offert 200 000 dollars (environ 169 000 euros) à Heraskevych, déclarant dans un communiqué : « Vlad Heraskevych s'est vu refuser la possibilité de concourir pour la victoire aux JO, et pourtant il revient en Ukraine en véritable vainqueur. »

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Cette situation illustre les tensions persistantes entre les impératifs sportifs et les réalités géopolitiques, alors que le mouvement paralympique tente de naviguer dans des eaux particulièrement agitées.