La série de médailles française en biathlon s'interrompt à Anterselva, Lou Jeanmonnot frustrée
Série de médailles française en biathlon interrompue à Anterselva

La série impressionnante de l'équipe de France de biathlon prend fin à Anterselva

La formidable série de médailles de l'équipe de France de biathlon s'est brutalement interrompue ce dimanche sur la septième course des Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026. Jusqu'à présent, la délégation tricolore pouvait compter sur ses biathlètes qui montaient systématiquement sur le podium, contribuant à plus de 50% des médailles françaises avec huit récompenses sur quinze au total.

Les raisons d'un coup d'arrêt inattendu

Cette interruption s'explique par plusieurs facteurs convergents. Tout d'abord, le forfait de Julia Simon, touchée par la maladie, a privé l'équipe de France d'une de ses athlètes majeures. Ensuite, la non-qualification de Justine Braisaz-Bouchet, seulement 62e du sprint, a réduit les chances françaises. Enfin, les performances au tir insuffisantes d'Océane Michelon (5e avec 16/20) et surtout de Lou Jeanmonnot (4e avec 17/20) ont scellé le sort de l'équipe.

La jeune Savoyarde de 23 ans, pourtant très attendue après ses débuts olympiques réussis avec une médaille d'argent au sprint la veille, n'a pas réussi à transformer l'essai. Portant le dossard jaune de leader de la Coupe du monde, elle cherchait désespérément l'or dans une course individuelle, mais le tir lui a une nouvelle fois fait défaut.

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La frustration palpable de Lou Jeanmonnot

« Le pire, c'était le tir », a confié avec rage Lou Jeanmonnot après la course. Son entraîneur Cyril Burdet a commenté avec une pointe d'humour : « Lou, il lui manquait la médaille en chocolat, elle l'a. Je ne sais pas quelle saveur elle aura », avant d'ajouter plus sérieusement : « J'imagine qu'elle va être très frustrée ».

Effectivement, la biathlète du Jura, visiblement marquée par cette contre-performance, n'a pas souhaité s'éterniser dans la zone d'interview d'Anterselva. Elle a tout de même expliqué au micro de l'organisation : « Au début, je me sentais super bien sur les skis. Je pensais que ça allait être une bonne journée, et puis j'ai eu l'impression que ça n'arrêtait pas de se dégrader. Le pire, c'était le tir, où je n'ai pas réussi à rester dans la course aux médailles ».

Un problème récurrent au pas de tir

Le tir constitue effectivement le point central des difficultés rencontrées par Lou Jeanmonnot durant ces Jeux. Malgré ses médailles d'argent sur l'individuel et de bronze sur le sprint, elle accumule les performances irrégulières au pas de tir depuis son arrivée en Italie :

  • 9/10 au relais mixte
  • 18/20 sur l'individuel
  • 9/10 au sprint
  • 17/20 sur la poursuite de ce dimanche

Particulièrement significative : une balle ratée au dernier tir debout qui lui a coûté la médaille de bronze, laissant la place à la Finlandaise Suvi Minkkinen sur le podium.

Première course sans médaille pour la jeune championne

Cyril Burdet, l'entraîneur des Bleues, analyse la situation : « Il m'a semblé qu'elle était un peu sur la retenue sur le pas de tir. Elle avait beaucoup d'exigence sur la manière, peut-être un peu trop, et elle a oublié de lâcher son tir. C'était un peu lent, alors que je l'ai encore trouvée très rapide sur la piste ».

Les chiffres confirment cette analyse : quatrième biathlète la plus rapide sur les skis, elle ne se classe que 30e au temps passé sur le pas de tir. Paradoxalement, Lou Jeanmonnot affiche pourtant des statistiques de tir excellentes cette saison avec 95% de réussite au tir couché et 87% au tir debout.

La biathlète résume son état d'esprit : « J'ai vraiment envie de faire une belle course, parce que là, sur le pas de tir, ce n'est pas chouette. Sur les skis, ça va très bien, mais je sais que je peux mieux faire sur ce pas de tir. A un moment donné, j'étais comme déconnecté de mon corps, et je n'arrive toujours pas à croire à quel point j'ai raté une si belle occasion ».

Perspectives pour la suite des compétitions

Son entraîneur tente de relativiser : « Ce sont des choses qui arrivent. Il lui reste encore à apprendre. Ce sont ses premiers Jeux, et là c'est la première fois qu'elle ne fait pas de médaille, ça fait partie du parcours ».

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Reste que le calendrier devient pressant : il ne lui reste plus que la mass-start dans six jours pour se racheter et réaliser la « belle course » que tout leader de la Coupe du monde doit viser. Avant cette épreuve finale, le relais féminin attend les Françaises mercredi, une épreuve où elles excellent habituellement.

Océane Michelon, sa coéquipière, ne s'inquiète pas pour elle : « Aujourd'hui, elle est surtout frustrée par cette dernière erreur au tir qui a permis à Suvi Minkkinen de monter sur le podium. Je la sens hyper motivée et je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle va rebondir, on la connaît tous. Ça va la faire ressortir encore un peu plus les crocs. Et attention les yeux sur les prochaines courses ».

Le retour espéré du « cheat code » français

Les relais féminins, qualifiés de « cheat code » (code de triche) par les équipes norvégiennes et allemandes en raison de leur supériorité dans les épreuves par équipes, représentent une opportunité de redemption pour l'équipe de France. Cependant, les incertitudes concernant Julia Simon et Justine Braisaz-Bouchet rendent cette tâche plus complexe.

Cyril Burdet insiste sur le niveau d'exigence requis : « On joue aux avant-postes sur les relais depuis le début de l'année mais cette poursuite nous rappelle que le biathlon demande un niveau d'exigence élevé. Aucune course n'est gagnée à l'avance ».

La suite des Jeux Olympiques déterminera si l'équipe de France de biathlon pourra réactiver son fameux mode « cheat code » au moment le plus crucial, ou si cette interruption de série marquera un tournant dans la compétition.