Ski Alpinisme aux JO : Le Sprint Déçoit, Loin de l'Esprit Originel de la Discipline
Ski Alpinisme JO : Sprint Décevant, Loin de l'Esprit Originel

Une Première Olympique en Ski Alpinisme qui Laisse un Goût d'Inachevé à Bormio

Ce jeudi à Bormio, les amateurs de montagne et de ski alpinisme ont assisté à une grande première historique : l'entrée de leur discipline aux Jeux Olympiques. Cependant, l'enthousiasme initial a rapidement cédé la place à une certaine déception. En effet, le format choisi par le Comité International Olympique, le sprint, semble à des années-lumière de l'essence même de ce sport exigeant.

Un Format Sprint qui S'Éloigne des Racines du Ski Alpinisme

Plutôt que de s'inspirer d'épreuves emblématiques comme la légendaire Pierra Menta en Savoie, avec ses 10 000 mètres de dénivelé positif sur quatre jours devant des milliers de spectateurs, le CIO a opté pour un parcours court et explosif. Ce sprint, bien qu'ancré dans le calendrier de la Coupe du monde, ressemble davantage à une course de kilomètre vertical teintée d'un esprit Intervilles.

Le parcours comprend des structures à contourner, des skis à porter sur le dos pour franchir des escaliers artificiels, et des peaux de phoque à retirer rapidement. L'esprit alpiniste, fait d'endurance et de confrontation directe avec la montagne, semble bien loin ici. La descente finale sur une piste bleue sans difficulté majeure, avec un mini-saut, manque cruellement d'enjeu et de spectaculaire, sans permettre de dépassements significatifs.

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Les Athlètes Partagés entre Opportunité et Regret

La Française Emily Harrop, quadruple vainqueur de la Coupe du monde et double titrée sur la Pierra Menta, a exprimé sa « déception » avant les Jeux de ne pas voir le format individuel, d'environ une heure trente, retenu. « Le sprint et le relais sont courts, explosifs et hyper spectaculaires mais l'individuel, c'est la course reine », expliquait-elle. Médaillée d'argent à Bormio, elle reconnaît que ce format ne représente pas les racines profondes du ski de randonnée.

Cette critique est partagée par le Suisse Rémi Bonnet, une référence du ski alpinisme et du trail, qui a renoncé à participer à ces JO. « Ces disciplines très courtes se déroulent dans un stade et non sur une montagne hors des pistes », déplore-t-il. Il craint que ce format, créé spécifiquement pour les Jeux, ne donne une image erronée du sport aux spectateurs.

Une Porte d'Entrée Olympique Malgré Tout

Malgré ces réserves, l'entrée aux Jeux Olympiques représente une opportunité majeure pour le ski alpinisme. Thibault Anselmet, médaillé de bronze français, souligne les aspects positifs : « Dans la foulée de cette annonce du CIO, une dizaine d'athlètes sont devenus professionnels en France ». Il insiste sur la diversité des formats, comparant le sprint au 100 mètres en athlétisme et l'individuel au 10 000 mètres.

Alain Carrière, président de la Fédération française de la montagne et de l'escalade, travaille activement pour que le ski alpinisme reste sport additionnel aux JO 2030 en France, avec l'espoir d'ajouter l'épreuve individuelle, plus emblématique. Emily Harrop résume : « Cette entrée aux JO, c'est la chance d'une vie », même si le spectacle offert à Bormio ne correspond pas totalement à l'idéal des puristes.

Le relais mixte de samedi, d'environ quarante minutes, pourrait peut-être offrir un visage plus complet de cette discipline exigeante, à mi-chemin entre l'alpinisme et le ski de fond. L'avenir dira si cette première olympique servira de tremplin pour montrer le vrai visage du ski alpinisme ou restera une curiosité formatée pour les exigences télévisuelles.

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