Mass-start olympique : le calvaire des biathlètes face au vent du Sud-Tyrol
Mass-start olympique : le calvaire des biathlètes face au vent

Mass-start olympique : le vent du Sud-Tyrol transforme l'épreuve en calvaire

La dernière épreuve masculine de biathlon des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 à Anterselva s'est transformée en véritable parcours du combattant pour la majorité des participants. Le vent tourbillonnant du Sud-Tyrol a semé la pagaille sur le pas de tir, provoquant des ratés en cascade et des tours sans fin sur l'anneau de pénalité.

Un carnage sur le pas de tir

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : sur les 29 biathlètes engagés, seulement 6 ont gaspillé moins de trois balles sur les 20 tentatives autorisées. Le Français Fabien Claude a atteint le sommet de la difficulté avec 9 balles manquées, tandis que le Néo-Zélandais Campbell Wright a réalisé un impressionnant 0/5 lors de son premier tir debout, pour un total de 7 ratés.

L'Italien Nicola Romanin, qui découvrait la Coupe du monde cette saison et participait à sa première mass-start dans l'élite, a subi de plein fouet les conditions extrêmes. « C'était difficile mais pas impossible de bien s'en sortir sur le pas de tir aujourd'hui », a-t-il analysé. « Dale a fait 20/20, ça montre que ça n'était pas impossible. Le vent changeait beaucoup, c'est vraiment ça qui était difficile à gérer. »

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Le dilemme des biathlètes français

Emilien Jacquelin, pourtant en position de viser un nouveau podium après sa médaille de bronze en poursuite, a vécu un premier tir debout rédhibitoire à 1/5. Le Français a décrit avec précision l'enfer du tir dans ces conditions : « T'es en train de tirer à 170, t'as ton canon il bouge comme ça et il faut aller tirer sur une cible qui fait la taille d'un CD à 50 mètres : quel enfer ! »

Le biathlète a ensuite décrypté son éternel dilemme : « Sur ce premier debout, je m'attache à essayer de bien tenir la carabine en raison du vent challengeant. Je pense que j'ai voulu trop bien faire et je sors de mon naturel, de mes automatismes. » Une réflexion qui l'a conduit à adopter une approche plus relâchée pour son second passage debout, avec un résultat bien meilleur de 4/5.

La dégringolade française

Le bilan collectif de l'équipe de France est sans appel : sur les quatre coureurs engagés, pas moins de 26 balles (sur 80) ont été expédiées en dehors des cibles. Seul Quentin Fillon Maillet a sauvé l'honneur avec sa médaille de bronze, atteignant au passage le record historique de neuf médailles olympiques.

Eric Perrot, 20e à 3'44'' du vainqueur, a résumé la désillusion : « J'ai essayé de respecter le combat en livrant une bonne course. Mais j'étais trop émoussé, notamment par le relais. Quand en plus il y a du vent comme ça, ça vire vite à la catastrophe. » Le jeune Savoyard a même inventé une expression pour décrire sa course : « En fait, c'était la 'dégringolada' au lieu de la remontada. »

La domination norvégienne

Face à ce carnage général, la Norvège a montré une maîtrise impressionnante. Les quatre biathlètes norvégiens se sont classés dans les huit premières places, avec Johannes Dale-Skjevdal et Sturla Holm Laegreid sur les deux premières marches du podium. Seul Johan-Olav Botn (cinq fautes) a légèrement dérogé à la règle de l'efficacité scandinave.

Cette mass-start masculine restera dans les annales comme une épreuve de costauds, où le vent a joué les premiers rôles. Même le forfait en pleine course de Tommaso Giacomel, qui était en tête après les tirs couchés, n'a pas suffi à égayer une compétition qui a tourné au calvaire pour la plupart des participants.

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