Un hommage controversé aux Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina
Le Comité international olympique (CIO) a engagé mercredi une course contre la montre pour convaincre le porte-drapeau ukrainien, Vladislav Heraskevych, de renoncer à son casque orné des visages de ses compatriotes morts à la guerre. Le spécialiste du skeleton, qui s'entraînait encore avec ce couvre-chef symbolique, affirme sa détermination à honorer la mémoire de ses coéquipiers victimes de l'invasion russe.
La menace d'une disqualification plane
Mark Adams, porte-parole du CIO, a martelé face à la presse : "Nous voulons qu'il concoure. Nous voulons vraiment, vraiment qu'il ait son moment, c'est très important". L'instance olympique a contacté l'athlète ukrainien pour lui réitérer les nombreuses alternatives à sa disposition pour exprimer son chagrin, notamment sur les réseaux sociaux ou lors des conférences de presse.
Le CIO invoque l'article 50 de la Charte olympique, qui interdit strictement toute forme de propagande politique sur les lieux de compétition, au village olympique ou pendant les cérémonies de remise de médailles. Cette règle, renforcée en 2021 après une vaste consultation de 4 500 sportifs, vise à préserver la neutralité des épreuves.
Un compromis proposé et refusé
En guise de solution de rechange, le CIO a proposé à Vladislav Heraskevych d'arborer un simple brassard noir, sans inscription, pour honorer ses compatriotes sans référence explicite au conflit russo-ukrainien. Le porte-parole a justifié cette position en déclarant : "Il y a 130 conflits en cours dans le monde. On ne peut pas avoir 130 conflits différents, aussi terribles soient-ils, mis en avant pendant les épreuves".
Les athlètes, a-t-il rappelé, ont consacré toute leur vie pour atteindre ce niveau de compétition et méritent une aire de jeu équitable, exempte de toute interférence politique. Mark Adams a exprimé l'espoir que l'athlète ukrainien se laisse persuader, peut-être par l'intermédiaire d'autres sportifs, de l'intérêt de concourir dans le respect du règlement.
La détermination de l'athlète face aux règles olympiques
Vladislav Heraskevych, qui doit participer aux épreuves de skeleton débutant jeudi, a réaffirmé mardi soir sa volonté de porter ce casque gris aux images sérigraphiées. Le porte-parole du CIO a toutefois averti : "Je ne dis pas que nous avons une solution mais je pense qu'ici, il vaut mieux que les gens se parlent et que l'interaction humaine l'emporte. Mais évidemment, il y a des règles, que les athlètes eux-mêmes veulent faire respecter, et elles le seront".
Cette affaire met en lumière le dilemme permanent entre l'expression personnelle des sportifs et la stricte neutralité politique exigée par les instances olympiques. Alors que les Jeux de Milan-Cortina battent leur plein, le sort de l'athlète ukrainien reste suspendu à sa décision finale et à la fermeté du CIO dans l'application de son règlement.