Affaire Adama Traoré : la Cour de cassation confirme le non-lieu définitif pour les gendarmes
Adama Traoré : non-lieu définitif confirmé par la Cour de cassation

La justice française clôt définitivement l'affaire Adama Traoré

La famille d'Adama Traoré se retrouve désormais sans aucun recours juridique possible sur le territoire français. Ce mercredi, la Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire du pays, a confirmé de manière irrévocable le non-lieu prononcé en faveur des trois gendarmes impliqués. Cette décision met un terme à près de huit années de procédures judiciaires entamées après la mort tragique du jeune homme.

Un rejet complet des arguments de la famille

Les magistrats de la Cour de cassation ont examiné avec attention l'ensemble des moyens soulevés par les proches d'Adama Traoré et leurs avocats. Ils ont finalement écarté chacun de ces arguments, refusant ainsi d'annuler le non-lieu initialement prononcé en août 2023, puis confirmé en appel au mois de mai 2024. Cette position ferme de la justice française signifie que les gendarmes ne feront l'objet d'aucune poursuite pénale dans ce dossier.

La réaction émotionnelle d'Assa Traoré

À l'annonce de cette décision définitive, Assa Traoré, sœur d'Adama et figure emblématique du combat pour la vérité, a exprimé son profond désarroi devant la salle d'audience. « L'affaire Adama Traoré a porté au plus haut la question des violences policières et du racisme systémique au sein même de la justice [...] Nous sommes scandalisés, choqués », a-t-elle déclaré, visiblement bouleversée. Rappelons qu'Assa Traoré a créé le « Comité vérité et justice pour Adama » et avait appelé à une importante mobilisation de soutien devant le palais de justice ce jour-là.

Le tournant européen : la saisine de la CEDH

Dès sa sortie de la salle d'audience, Me Yassine Bouzrou, avocat principal de la famille Traoré, a immédiatement annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), dont le siège se trouve à Strasbourg. « Nous allons saisir la CEDH pour faire condamner la France », a-t-il affirmé avec détermination. Cette nouvelle étape juridique au niveau européen représente désormais le seul espoir de la famille pour obtenir une condamnation de l'État français dans cette affaire.

Retour sur les circonstances tragiques du 19 juillet 2016

Le non-lieu définitif bénéficie aux trois gendarmes qui avaient procédé à l'interpellation et au menottage d'Adama Traoré dans un appartement de Beaumont-sur-Oise, dans le Val-d'Oise. Les faits remontent au 19 juillet 2016, une journée où le mercure avait frôlé les 37 degrés Celsius. La course-poursuite qui a précédé l'interpellation avait considérablement affaibli le jeune homme de 24 ans.

Adama Traoré, un homme noir de 24 ans, avait été interpellé lors d'une opération policière qui visait initialement son frère Bagui. Deux heures seulement après son arrestation, il décédait dans la caserne de gendarmerie voisine de Persan, déclenchant une onde de choc à travers tout le pays et donnant naissance à un mouvement social d'ampleur contre les violences policières et les discriminations raciales.