Municipales 2026 à Pont-Saint-Esprit : la divulgation d’un mail ancien enflamme la campagne électorale
La campagne des élections municipales de 2026 à Pont-Saint-Esprit vient de connaître un nouvel épisode explosif. À moins d’un mois du premier tour, le maire sortant et candidat à sa réélection, Valère Segal, a transmis à la presse la capture d’écran d’un mail datant d’avril 2024, écrit par son rival Benjamin Desbrun. Cet acte a immédiatement mis le feu aux poudres entre les deux hommes, plongeant la campagne dans une tension accrue.
Un mail accusateur révélé par le maire sortant
Dans un communiqué joint à cette divulgation, Valère Segal explique que ce mail avait été initialement "adressé à la liste demain Pont-Saint-Esprit", menée par Gérome Bouvier lors de l’élection municipale partielle de 2024. Selon le maire, la missive électronique avait été "rédigée dans le but de faire perdre Madame Lapeyronie et sa liste", en référence à Claire Lapeyronie, ancienne figure politique locale.
Valère Segal va plus loin en s’attaquant directement à Benjamin Desbrun, lui reprochant son départ de la majorité municipale début 2024 et l’accusant de responsabilités dans des gestions contestées. Il cite notamment :
- Une complicité dans "l’absence d’étude sur l’eau".
- La "sous-évaluation de l’opération Hôtel-Dieu".
- La "dissimulation du coût exorbitant du terrain du collège".
Le maire sortant met également en cause les soutiens de Benjamin Desbrun, affirmant que "les soutiens lapeyronistes" présents dans son équipe "auront, s’ils sont cohérents, des difficultés à demeurer aux côtés d’un homme dont les agissements sont pour le moins controversés", visant ainsi Christophe Antunes, colistier sur la liste Rassembler pour agir.
La réaction virulente de Benjamin Desbrun
Benjamin Desbrun, tête de la liste Rassembler pour agir, a répondu fermement dans un communiqué. Il dénonce une stratégie de campagne désespérée de la part de Valère Segal, écrivant : "Si la stratégie de campagne d’un maire qui en 20 mois a subi 7 démissions et fini son mandat incomplet, c’est de divulguer des échanges privés que j’ai eus avec Gérome Bouvier que je connais depuis très longtemps et avec qui j’ai créé le guichet unique CitéZen, c’est qu’il est vraiment aux abois".
Le candidat rappelle qu’en 2024, au vu de ses "convictions politiques" et de ses "relations avec la majorité sortante", il n’était pas "compliqué d’en déduire mon vote" lors de l’élection municipale partielle. Interrogé par téléphone, Benjamin Desbrun s’interroge sur la légalité de la divulgation de cette discussion privée et refuse de s’abaisser à ce qu’il qualifie de "enfantillages minables".
Il affirme : "Je ne me rabaisserai pas à ces enfantillages minables. Ce n’est pas ma conception des choses", tout en réitérant son souhait de "mettre fin à 20 ans de querelle" à Pont-Saint-Esprit. Cette polémique survient dans un contexte où la campagne s’annonçait déjà sous haute tension, avec des enjeux locaux cruciaux et des rivalités politiques exacerbées.
Un contexte politique local déjà fragile
Cette affaire met en lumière les fractures profondes qui traversent la vie politique de Pont-Saint-Esprit. Les références aux mandats passés, aux démissions récentes et aux alliances changeantes illustrent une instabilité persistante. La divulgation de ce mail ancien semble être un coup tactique de Valère Segal pour discréditer son adversaire, mais elle risque également d’alimenter les divisions parmi les électeurs.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour voir comment cette controverse influencera le scrutin. Les candidats devront naviguer entre accusations personnelles et propositions concrètes pour la ville, dans une atmosphère où la transparence et l’éthique sont désormais au cœur des débats.