Jeux des Alpes 2030 : un compte à rebours lancé dans la tourmente organisationnelle
JO 2030 : le compte à rebours dans la tourmente

Jeux des Alpes 2030 : un compte à rebours lancé en pleine tourmente

Par Maryline Baumard et Nicolas Lepeltier (Bormio [Italie], envoyés spéciaux) Publié aujourd'hui à 05h45. Temps de lecture estimé : 7 minutes. Article réservé aux abonnés.

La France a officiellement reçu le drapeau olympique lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Milan-Cortina, dimanche dernier. Cependant, ce passage de relais symbolique s'effectue dans un climat de crise profonde, tant au sein du Comité d'organisation des Jeux d'hiver 2030 (Cojop) que face à une contestation populaire grandissante.

Une soirée officielle sous tension

Lorsque La Force du Destin de Verdi a retenti le 2 février sous les ors et les boiseries de la Scala à Milan, en ouverture de la soirée officielle du Comité international olympique (CIO), Cyril Linette et Edgar Grospiron affichaient encore une façade d'unité. En coulisses, le directeur général et le président du Cojop assuraient même que la confiance entre eux n'était pas rompue. Mais comme dans l'opéra du maître italien, ce duo a rapidement été rattrapé par une sorte de destin tragique.

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Des désaccords insurmontables

Une semaine à peine après cette soirée, alors que la grand-messe des sports de neige et de glace battait son plein à Milan-Cortina, le Cojop a acté publiquement des « désaccords insurmontables » entre ses deux principaux dirigeants, amorçant ainsi le départ de Cyril Linette. « J'ai le mandat pour mener cette procédure à son terme. Et ça le sera dans les jours qui viennent », a déclaré Edgar Grospiron à la presse, dimanche 22 février, à quelques heures de la fin des XXVᵉ Jeux olympiques d'hiver.

Depuis, lors de la cérémonie de clôture dans les arènes de Vérone, la France a symboliquement reçu le drapeau aux anneaux, présenté lundi à Albertville (Savoie) pour le retour des athlètes médaillés. Dans un peu plus de 1 400 jours, la flamme, tout juste éteinte en Italie, devrait brûler à nouveau, cette fois de l'autre côté des Alpes.

Un édifice qui vacille

Il est pourtant difficile de se projeter sereinement vers cet événement, tant l'édifice péniblement construit vacille depuis que la France a été choisie, en juillet 2024, pour accueillir la prochaine édition hivernale des Jeux Olympiques. Au Cojop, le fauteuil de directeur général s'annonce bientôt vacant, et celui de président est devenu un siège éjectable.

Les premières secousses ont commencé en décembre 2025 avec le départ de la directrice des opérations, suivi en janvier par celui du directeur de la communication. Puis, début février, c'est Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations – un organe indépendant chargé de donner son avis sur les rétributions et avantages en nature des salariés des Alpes 2030 –, qui a claqué la porte.

Un réquisitoire sévère

Avant de quitter sa fonction, Bertrand Méheut a livré un réquisitoire sévère contre Edgar Grospiron. « Il se comporte comme s'il était président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence », a-t-il écrit dans un e-mail envoyé à ses collaborateurs. Cette critique acerbe souligne les tensions internes qui minent l'organisation des Jeux des Alpes 2030.

Cette série de départs et de conflits ouverts jette une ombre sur la préparation des Jeux, alors que le compte à rebours est déjà lancé. Les défis à relever sont nombreux :

  • Stabiliser la gouvernance du Cojop
  • Rétablir la confiance au sein de l'équipe
  • Faire face à la contestation populaire
  • Respecter les délais et le budget

La suite de cet article est réservée aux abonnés, qui pourront découvrir les analyses détaillées des enjeux et des perspectives pour ces Jeux Olympiques 2030 qui s'annoncent déjà mouvementés.

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