Quentin Fillon Maillet : la philosophie de Federer derrière ses médailles olympiques
Fillon Maillet : la leçon de Federer derrière ses médailles

Quentin Fillon Maillet puise son inspiration chez Roger Federer

De notre envoyé spécial à Anterselva. Quentin Fillon Maillet, le biathlète français, a-t-il trouvé une part de son succès dans les paroles du légendaire tennisman suisse Roger Federer ? Le Jurassien a confié avoir été profondément marqué par une interview où Federer révélait avoir gagné « 54 % de ses points dans toute sa carrière ».

« Quand on voit ce chiffre, on se dit que ce n'est pas énorme, mais il a surtout gagné les bons points, ceux qui comptent vraiment », explique le champion tricolore. « C'est exactement ce qu'il faut faire pour devenir un grand champion. On n'a pas besoin d'être parfait tout le temps, l'essentiel est d'aller chercher les moments décisifs. »

Une spécialisation dans l'art des rendez-vous importants

Et « QFM » s'est autant spécialisé dans cette quête que le vainqueur de vingt tournois du Grand Chelem. Ses cinq médailles olympiques à Pékin en étaient la preuve éclatante, avant une période plus difficile en Coupe du monde. Pourtant, à 33 ans, Quentin Fillon Maillet reste une machine à grands rendez-vous.

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Il l'a encore démontré ce vendredi en arrachant la médaille de bronze sur la mass-start à Anterselva. Cette performance marque sa quatrième trace laissée pour l'histoire en Italie, après l'or sur les deux relais et sur le sprint lors de ces Jeux.

Un tempérament de battant et une domination sur les skis

Avec lui, les conditions difficiles ou un vent capricieux ne sont pas des excuses. Non, « QFM » s'est accroché jusqu'au bout pour coiffer dans le dernier tour l'Allemand Philipp Horn, déposé dans la grosse bosse d'Anterselva.

« Quentin, c'est dans son tempérament, c'est quelqu'un qui ne lâche jamais rien, du début à la fin », apprécie Simon Fourcade. « Il ne lâche jamais rien, ni à l'entraînement, ni en compétition. Quand il a une idée en tête, il va au bout. Cette détermination a ses bons et ses moins bons côtés, mais elle fait sa force. »

Voir le biathlète dynamiter une course assez décevante ce vendredi place sa performance du bon côté de la barrière. Ultra-dominateur sur les skis durant l'intégralité de la course, avec 36 secondes d'avance sur Sturla Laegreid, Quentin Fillon Maillet n'a pas pu se mêler à la course à l'or en raison de quatre balles manquées. Mais le bonheur est là pour le seul athlète français de l'histoire à compter neuf médailles olympiques.

Un record olympique et des ambitions pour l'avenir

« Vous parlez presque plus de ce record que je n'y pense », sourit l'intéressé, sa médaille de bronze autour du cou. « Il y a plus d'échecs que de succès dans une carrière, mais c'est sûr que sur ces deux derniers JO, la tendance a été différente pour moi. »

Tout sourire après sa dernière épreuve de la quinzaine à Anterselva, Quentin Fillon Maillet est conscient qu'il est « exceptionnel d'avoir battu des monuments comme Teddy Riner, Martin Fourcade, Léon Marchand et d'autres ».

Et là, en pleine effervescence, le biathlète enchaîne de lui-même, sans la moindre question sur son avenir à long terme : « C'est exceptionnel de vivre ces moments-là, et ça me fait encore plus rêver à pourquoi pas aller chercher les Alpes 2030. Ce n'est pas une annonce officielle, bien entendu. Je me dis que si j'arrive à gérer l'emploi du temps, la famille [il sera papa pour la première fois dans les prochains mois], la motivation, les performances, alors pourquoi pas. J'aime tellement le biathlon, m'entraîner, les courses, gagner bien sûr. »

Une soif de titres et un témoignage éloquent

Cette insatiable soif de titres sur les grands événements, son colocataire à Anterselva Eric Perrot en est témoin de près depuis deux semaines. « C'est impressionnant », estime le jeune Savoyard. « Humainement, il est beau à regarder, je suis fier de pouvoir suivre son aventure. Il a réussi des Jeux de Pékin hors normes, il arrive à refaire ça quatre ans après malgré beaucoup de moments difficiles. Il fait partie des vrais robustes de la Coupe du monde. »

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Une Coupe du monde que « QFM » a même hâte de retrouver, après avoir fait le plein de confiance dans le Sud-Tyrol. Alors oui, il n'est que 5e du classement général, à 331 points d'Eric Perrot. Mais le « morbac », surnom donné par le staff des Bleus, n'a pas lâché l'affaire.

« Je ne sais pas si j'ai une chance de reconquérir le maillot jaune, mais en tout cas ces Jeux me donnent beaucoup de motivation et de confiance pour la suite. Je me rappelle de la fin de saison après Pékin qui avait été exceptionnelle. »

Et si on assistait à une passionnante explication entre colocs sur le circuit de Coupe du monde, puis à long terme sur des JO en France, avec un « QFM » toujours bluffant à 37 ans ? L'avenir nous le dira, mais une chose est sûre : la philosophie de Federer continue d'inspirer les champions.