Biathlon : Eric Perrot, le Franco-Norvégien qui unit les Bleus et les Vikings
Eric Perrot, le biathlète franco-norvégien qui unit France et Norvège

Un pont humain entre deux nations rivales du biathlon

Alors que les équipes de France et de Norvège de biathlon s'apprêtent à s'affronter ce mardi lors du relais masculin olympique à Anterselva, une figure étonnante émerge comme trait d'union entre ces deux nations traditionnellement rivales. Eric Perrot, le biathlète français médaillé olympique, cultive en effet des liens profonds avec le pays scandinave, au point d'être parfaitement bilingue et considéré presque comme un membre de l'équipe norvégienne.

Des origines norvégiennes qui façonnent un destin unique

Eric Perrot n'est pas un biathlète français comme les autres. Né à Bourg-Saint-Maurice en Savoie, le sportif de 24 ans possède une double culture grâce à sa mère, Tone Marit Oftedal, ancienne championne du monde junior de relais féminin en 1993. Cette filiation scandinave a profondément marqué son parcours, au point qu'il a même suivi une année complète de scolarité en Norvège durant sa cinquième, en 2013-2014.

« Sa mère lui parle en norvégien, ils regardent la télévision norvégienne ensemble à la maison et c'est naturel pour lui de souvent se rendre en vacances là-bas », explique son père Franck Perrot, lui-même ancien biathlète de haut niveau ayant participé aux Jeux Olympiques de Lillehammer en 1994.

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Un bilinguisme qui surprend même les Norvégiens

Cette immersion précoce a permis à Eric Perrot de maîtriser parfaitement la langue norvégienne, au point d'étonner ses homologues scandinaves. « Eric peut vraiment parler en norvégien avec nous de manière fluide et tout comprendre de ce qu'on raconte, c'est spécial », confie le biathlète norvégien Johannes Dale-Skjevdal. « À tel point que j'oublie parfois qu'il est français ! Il se sent presque comme un membre de notre équipe. »

Cette proximité linguistique et culturelle se manifeste concrètement dans la vie olympique. Alors que les équipes française et norvégienne partagent le même hôtel durant ces Jeux de Milan-Cortina 2026, Eric Perrot participe régulièrement à des parties de FIFA sur PlayStation avec ses adversaires du jour, créant ainsi des moments de détente dans la tension compétitive.

Une amitié sportive qui remonte à l'adolescence

Les liens d'Eric Perrot avec le biathlon norvégien ne datent pas d'hier. Durant son année scolaire en Norvège, il s'est régulièrement mesuré en compétition à Martin Uldal, aujourd'hui membre de l'équipe norvégienne et adversaire direct dans le relais olympique.

« L'année où Eric est venu vivre en Norvège, il était dans la même région que moi, au sud du pays, et on s'affrontait souvent en compétitions de biathlon », se souvient Martin Uldal. « Avec Eric, on luttait fort à chaque fois pour la troisième place sur les courses. »

Un choix assumé pour l'équipe de France

Malgré ses attaches norvégiennes et sa double nationalité, Eric Perrot a toujours clairement opté pour une carrière sous les couleurs françaises. « Ça a toujours été clair dans la tête d'Eric, il a bien suivi les différentes sélections françaises », précise son père. Un choix que comprend parfaitement Martin Uldal : « Lorsqu'il a commencé à percer, il a bien fait de choisir la France. On avait le même niveau, sauf que moi j'étais en IBU Cup, vu la concurrence en Norvège, et lui déjà en Coupe du monde. »

Même les Norvégiens reconnaissent que cette décision leur arrange : « Pour nous, c'est mieux qu'il soit avec la France. C'est déjà assez dur de faire partie de ce groupe, on n'a pas besoin d'un tel biathlète en plus », admet Johannes Dale-Skjevdal avec franchise.

Une vie entre deux cultures

Entre deux saisons de compétition, Eric Perrot entretient activement ses liens avec la Norvège. « Fin avril, on a réservé un gros chalet avec lui et on s'est fait une semaine de ski de rando », raconte Antoine Silvain, l'un de ses amis d'enfance de Peisey. « Quand on part là-bas, c'est pratique, on envoie Eric tout nous gérer vu comme il maîtrise le norvégien. On sent qu'il a gardé un lien fort avec le pays de sa maman. »

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Cette double culture lui offre même des connexions privilégiées dans le monde du biathlon, comme les conseils de son oncle, ancien entraîneur de la légende Ole Einar Bjoerndalen.

Compétiteur avant tout

Malgré ses affinités norvégiennes, Eric Perrot reste avant tout un compétiteur déterminé à faire gagner l'équipe de France. Récemment impliqué dans la controverse médiatique entre son coéquipier Emilien Jacquelin et le Norvégien Sturla Laegreid, il a clairement pris position : « Je soutiens Emilien Jacquelin. Laegreid est très bavard, on verra s'il parle autant après le relais. »

Ce mardi, lors du relais olympique, Eric Perrot sera donc pleinement concentré sur un objectif : faire retentir la Marseillaise à Anterselva. « Elle est quand même plus jolie que l'hymne norvégien », confie-t-il avec un sourire, prouvant que ses racines biculturelles n'altèrent en rien sa détermination à briller sous le maillot bleu.