Emily Harrop, première Française médaillée olympique en ski-alpinisme
Ce jeudi 19 février à Bormio, Emily Harrop est entrée dans l'histoire en devenant la première Française médaillée olympique en ski-alpinisme, une discipline qui fait son apparition aux Jeux olympiques de Milan-Cortina. Ancienne skieuse alpine prometteuse rattrapée par les blessures, elle s'est réinventée pour décrocher la médaille d'argent dans ce sport encore méconnu du grand public.
Une enfance savoyarde entre deux cultures
Née le 27 septembre 1997 à Bourg-Saint-Maurice de parents britanniques, Emily Harrop a grandi au cœur des Alpes, dans le hameau du Planay Dessous en Tarentaise. « Mes parents sont des grands sportifs. Petite, on m'emmenait marcher en montagne et j'adorais ça », confie celle qui se décrit comme « mi-Anglaise, mi-Française et 100 % Savoyarde ». Sa famille était la seule à vivre à l'année dans ce hameau, faisant des montagnes leur jardin quotidien.
Des débuts prometteurs en ski alpin
Comme beaucoup d'enfants de la région, Emily Harrop a d'abord brillé en ski alpin, remportant notamment le titre de championne de France junior en descente en 2015. « Le ski alpin m'a formée au fait de toujours chercher à peaufiner, à peaufiner, à peaufiner », explique-t-elle, soulignant que cette discipline lui a inculqué une rigueur et un professionnalisme qui impressionnent aujourd'hui ses coéquipiers.
La reconversion après les blessures
À 19 ans, rattrapée par les blessures, Emily Harrop décide de quitter le sport de haut niveau. Elle part effectuer un stage à Londres dans le cadre de ses études en commerce, où elle renoue avec la course à pied. Sans entraînement spécifique, elle termine son premier semi-marathon en 1 heure 31 minutes, révélant des capacités athlétiques exceptionnelles.
L'ascension fulgurante en ski-alpinisme
De retour dans les Alpes, Emily Harrop troque les skis alpins pour le ski de randonnée et découvre le ski-alpinisme. « Je sentais que je n'en avais pas forcément fini avec la compétition quand j'ai arrêté l'alpin », explique-t-elle. Sa progression est spectaculaire : premières Coupes du monde fin 2019, premier podium début 2021, première victoire dix mois plus tard. En quatre ans, elle remporte quatre gros globes de cristal (2022, 2023, 2024, 2025).
La consécration olympique à Bormio
Si elle domine les épreuves de sprint en Coupe du monde, Emily Harrop est battue deux fois de suite en grands championnats par la Suissesse Marianne Fatton, championne du monde en 2025 et sacrée jeudi aux JO. Malgré cette défaite, elle devient vice-championne olympique, marquant un moment historique pour le ski-alpinisme français. Elle est également double championne du monde en relais mixte avec Thibault Anselmet, médaillé de bronze jeudi en sprint, et sera favorite du relais olympique samedi.
Ambassadrice d'une discipline en plein essor
Avec ses performances exceptionnelles, son tempérament solaire et son aisance médiatique, Emily Harrop est devenue le visage du ski-alpinisme. « Moi, j'ai envie que les gens regardent le ski-alpinisme. Si on a des athlètes qui sont forts en France, ça va peut-être apporter plus d'audience », déclarait-elle avant les Jeux. Consciente de vivre un moment historique à Bormio, elle ajoute : « C'est un moment historique pour notre discipline. On sait qu'on a de la chance d'être là, au bon endroit au bon moment. C'est peut-être une fois dans une vie ».



