L'Olympic Nice Natation renoue avec le succès en water-polo
Après deux saisons compliquées passées dans les profondeurs du classement, l'Olympic Nice Natation a effectué un retour remarqué cette année parmi les meilleures équipes du championnat de France de water-polo. Le travail méthodique entrepris depuis trois ans par l'entraîneur et formateur Jovan Cakic commence enfin à porter ses fruits significatifs.
Une reconstruction patiente et déterminée
Quand un club mise résolument sur la formation pour exister durablement au plus haut niveau, la performance demande du temps et de la persévérance. Le chemin est souvent sinueux, marqué par des sommets encourageants et des creux inévitables. Les jeunes talents que l'on accompagne brillent par moments, connaissent des difficultés passagères, le tout au rythme des cycles sportifs.
Malgré l'expérience précieuse des anciens glissés à leurs côtés pour les guider, l'éclosion définitive nécessite souvent des déclics individuels et collectifs. L'Olympic Nice Natation a précisément franchi un cap décisif cette saison dans l'élite nationale.
Du pain noir aux perspectives européennes
9e sur 10 en 2024, puis 7e sur 8 en 2025, le club azuréen a véritablement mangé son pain noir en composant avec des moyens financiers sensiblement inférieurs à ceux dont il disposait lors de ses belles années glorieuses. Une traversée du désert et une bataille permanente pour le maintien dont il s'est finalement extirpé cette saison, jouant désormais une qualification pour les demi-finales du championnat et même une éventuelle participation à la Coupe d'Europe.
Jovan Cakic et ses joueurs ne le crient pas sur tous les toits, préférant avancer "match par match" selon la formule consacrée, mais ils affichent clairement l'intention d'embêter jusqu'au bout Marseille, Strasbourg et Aix, les poids lourds historiques qui nagent traditionnellement devant eux.
Une équipe qui mûrit et se stabilise
Actuellement 4es au classement, les Niçois l'ont démontré de manière éclatante samedi dernier en éteignant Montpellier à domicile sur le score sans appel de 16-8. Les Héraultais, alors 5es, ont été repoussés à quatre points au classement. Et si Sète représente désormais la nouvelle menace directe avec une seule unité de retard, les Dauphins bénéficient d'un match en plus à jouer.
Les Niçois se sont donc octroyé une marge de manœuvre non négligeable pour la fin de saison. "Je répète aux joueurs que la suite des événements dépendra essentiellement de nous", commente le coach Cakic. "Nous avons travaillé extrêmement dur pour en arriver à cette situation. C'est une configuration nouvelle pour beaucoup d'entre eux, mais cette expérience sera précieuse pour leur développement. Jouer chaque semaine avec cette pression positive va incontestablement nous servir pour l'avenir."
Une défense comme colonne vertébrale
Les partenaires du capitaine Lukas Kozmer démontrent qu'ils ont considérablement grandi dans la gestion de leurs matchs. Mercredi dernier, bien que battus 11-16, ils ont livré une belle résistance à Marseille, le leader invaincu du championnat. Ils ont même obtenu une balle d'égalisation à 12-12 après avoir surmonté un début de rencontre difficile.
"Nous avons mal géré plusieurs situations-clés et nous aurions dû nous adapter plus rapidement dans l'eau. Nous sommes restés trop passifs à certains moments", analyse sobrement l'entraîneur serbe de l'ONN.
Samedi, face à Montpellier, c'est à un deuxième quart-temps raté qu'ils ont su survivre. "Nous avons cessé de respecter scrupuleusement les consignes défensives et nous avons baissé l'intensité collective", décrypte l'international français et défenseur Jean-Baptiste Carpentras. "Nous avons encaissé un 4-0 en offrant des contres faciles et en commettant deux ou trois erreurs défensives évitables." Un couac rapidement rectifié à la pause pour finalement accrocher un succès plus impressionnant qu'imaginé selon Carpentras lui-même.
Un projet basé sur des principes clairs
Ce collectif qui s'affirme progressivement n'a rien d'un heureux hasard. Assimilation des systèmes de jeu, stabilité émotionnelle, constance dans la performance et discipline rigoureuse, Jovan Cakic construit son projet sur des idées fondamentales claires. Sa vision du jeu est avant tout défensive et son groupe y adhère totalement.
"La défense, ce n'est pas une simple question de talent individuel, ce n'est pas savoir qui est le meilleur joueur technique", livre avec conviction Jean-Baptiste Carpentras. "C'est avant tout une mentalité collective et elle se construit patiemment. Depuis trois ans, je suis personnellement plus heureux de réaliser un bon bloc défensif que de marquer un but quelconque."
"Les bonnes attaques et la confiance collective viennent naturellement avec une défense solide", complète Jovan Cakic, 39 ans. "L'équipe est globalement jeune donc je la veux agressive et déterminée. Elle ne doit surtout pas avoir peur d'aller au contact physique et de mettre systématiquement l'adversaire sous pression."
Des ambitions réalistes pour l'avenir
"Il est difficile de prédire exactement quand nous pourrons définitivement tutoyer les meilleures équipes, mais c'est clairement mon objectif et celui du club", argumente le coach avec réalisme. "Nous sommes sur la bonne route : le succès viendra en conservant ce système qui mène progressivement les jeunes vers l'équipe première, avec l'investissement total de tout le monde et une belle mentalité collective. Il faut rester patient et réaliste, nous sommes encore un peu loin et nous avons besoin de temps supplémentaire. D'ici deux ou trois ans, j'espère sincèrement que nous aurons une identité de jeu forte et que nous jouerons régulièrement les demi-finales."
L'ancienne pointe offensive met désormais tout son cœur et son expérience au service d'un ONN qu'il a appris à aimer profondément depuis sa signature comme joueur en 2016. "C'est un club historique au patrimoine riche et il y a aussi une motivation personnelle profonde. J'ai énormément reçu ici et je veux lui rendre tout ce qu'il m'a généreusement donné." Jovan Cakic possède des principes solides et une mémoire longue du water-polo français.
Notes importantes :- Le club niçois (hormis le CACEL de Nice sacré entre 1992 et 1995) a remporté le titre prestigieux de champion de France à huit reprises consécutives entre 1997 et 2004.
- Les dirigeants décideront en fin de saison s'ils peuvent assumer financièrement et sportivement une éventuelle qualification européenne.



