Pendant trois jours, du jeudi 20 au samedi 22 août, Isaac, 16 ans, porteur de la myopathie d’Ulrich depuis sa naissance, a participé au Grand Raid des Pyrénées (GRP) en joëlette, un fauteuil roulant tout-terrain à une seule roue. Accompagné de quatorze porteurs (huit femmes et six hommes), de quatre accompagnateurs et de trois membres de l’équipe vidéo, soit vingt-deux personnes au total, il a parcouru les sentiers de montagne près de la station de ski de Piau-Engaly, dans les Hautes-Pyrénées.
Une aventure collective au cœur des Pyrénées
Le projet « Je peux pas, j’ai joëlette ! », porté par le comité des sports, vise à préparer une équipe de coureurs solidaires pour participer à la course d’ultra-trail de la Diagonale des Fous, en 2027, sur l’île de La Réunion. Dans ce cadre, le groupe a emprunté partiellement les traces dédiées à tous les traileurs, avec des étapes quotidiennes variant de 15 km à 22 km, soit 3 000 m de dénivelé au total. Le cœur battant de la course se situait à Vielle-Aure.
« Pendant ces trois jours de course, toute l’équipe a vécu bien plus qu’une course, commente Samuel Bocher, président du comité des sports et responsable du projet. Tous sont restés soudés autour d’un même objectif et ont permis à Isaac d’affronter la montagne avec sa beauté mais aussi sa rudesse. Atteindre un sommet, contempler son immensité, admirer sa beauté mais aussi lutter contre le froid et l’humidité, résister à la fatigue, souffrir dans les pentes raides, s’accrocher dans les descentes, voilà ce que les Pyrénées ont offert au groupe. »
Des étapes exigeantes entre Piau-Engaly et Vielle-Aure
La première étape se déroulait entre Piau et Engaly. Le second jour, le groupe a transité par le plateau du Pla d’Adet et le col de Portet, avec « de gros pourcentages de pente à affronter et des descentes techniques et glissantes. Cela pouvait être stressant pour Isaac ». La troisième étape s’est déroulée entre Espiaube et Vielle-Aure.
« Trois jours pour avancer, souligne Samuel Bocher. Trois jours pour se dépasser. Trois jours pour découvrir, une fois encore, qu’en joëlette, l’effort prend une dimension toute particulière. Une évidence s’impose, personne ne portera cette aventure seul. C’est cela la force de la joëlette. Nous sommes là pour les autres et les autres sont aussi là pour nous. On avance ensemble ou on n’avance pas. »
Une arrivée émouvante et une vision inclusive du sport
Pour conclure cette belle aventure, le groupe a vécu un moment inoubliable avec la parade des joëlettes, à un kilomètre de l’arrivée à Vielle-Aure. C’était une véritable procession réunissant une dizaine d’associations pratiquant la joëlette, toutes différentes, mais unies pour une même cause. Puis est venue l’entrée dans Vielle-Aure, une arrivée riche en émotions, en frissons, en fatigue aussi, mais surtout en fierté.
« Fierté du chemin parcouru, confie Samuel Bocher. Fierté de voir Isaac arriver au terme de cette aventure, après avoir, grâce à l’énergie de toute une équipe, pu vivre la montagne comme nous tous. Cette arrivée incarne quelque chose de bien plus grand qu’une simple ligne d’arrivée. Elle porte une autre vision du sport. Car en joëlette, on ne cherche pas seulement à aller plus vite ou plus loin. On cherche à permettre. »
Pour les Saint-Affricains, participer au GRP a été une formidable expérience d’inclusion sportive. « Et surtout, un énorme bravo à nos quatorze porteurs qui ont donné leur énergie, leur force, leur temps et leur cœur pour permettre à Isaac, pour la première fois, de marcher sur la montagne », conclut Samuel Bocher.



