Fumée blanche porte d’Auteuil. Arthur Fils a été aperçu à l’entraînement vendredi après-midi en plein cagnard à deux jours de Roland-Garros 2026. La lumière est venue du court numéro 21 à Jean-Bouin, où le Français s’est entraîné à l’abri des regards. C’est dans ce « bunker » presque isolé au bord de la sortie du périphérique que Loïs Boisson s’était stratégiquement entraînée l’année dernière pour voir où elle en était après être sortie diminuée de son 3e tour contre Elsa Jacquemot. Fils en a fait de même, alors que les suiveurs s’impatientaient de le revoir raquette en main après son forfait à Rome contre Andrea Pellegrino, le 9 mai dernier.
Ça vaut ce que ça vaut, mais du peu qu’on en a vu pendant notre séance d’espionnage de 40 minutes à travers un bout de grillage, le 19e joueur mondial bougeait et frappait normalement contre son sparring sous le regard d’Ivan Cinkus et Goran Ivanisevic. Les premières minutes, naturellement moins intenses, ont peu à peu laissé place à des frappes plus lourdes, d’abord en revers, puis en coup droit. Les déplacements latéraux d’Arthur Fils ne témoignaient d’aucune gêne apparente. Cerise sur le gâteau, la FFT a partagé sur ses réseaux des photos du bonhomme où on le voit sourire à pleines dents.
Aura-t-on finalement droit au bonheur d’assister à son premier tour contre Stan Wawrinka ? Au micro de nos confrères de RMC, Marion Bartoli pense que oui. « C’est évident qu’il va arriver pour aller le plus loin possible à Roland-Garros et qu’il va être prêt. Le résultat des examens passés après s’être retiré du tournoi de Rome était parfaitement satisfaisant, il avait un parfait feu vert. » La programmation du vendredi abonde dans le sens de l'ancienne lauréate de Wimbledon, puisque Fils est attendu samedi pour deux séances, la première sur le Central à 11h, la seconde sur le Lenglen l'après-midi (16h).
Jeudi soir, pas grand monde n’aurait misé sur un tel scénario. Annoncé au programme de la soirée « Gaël and Friends » en hommage à Monfils, Arthur Fils avait finalement déclaré forfait. Personne ne l’avait vu raquette en mains de la semaine, son apparition la plus notable s’est faite mardi dans le box de son pote Sean Cuenin, opposé à Hugo Dellien en qualifs. Enfin, jeudi soir, au moment où Martin Solveig faisait chauffer les platines pour ouvrir la soirée de la Monf, les journalistes recevaient un mail de mauvais augure : Arthur Fils était le seul dont le jour et l’heure de passage en conférence de presse lors du traditionnel media day restait indéterminé. Vendredi soir, toujours rien de neuf de ce côté. Fils a jusqu’à dimanche soir pour répondre à ses obligations.
Arthur Fils ne refera pas l’erreur d’entamer Roland-Garros en étant blessé
Le pessimisme de la veille est redescendu d’un cran, mais attention à ne pas trop baisser la garde. On ne peut pas ignorer que cette semaine cache quelque chose d’inquiétant, à moins qu’il s’agisse du coup de bluff du siècle. Mais dans quel but, et pour quel intérêt ? La théorie de se cacher avant Roland pour esquiver l’attente populaire et médiatique, tel Yannick Noah en son temps ? Cela collerait avec la rumeur d’une préparation cachée dans le centre Patrick Moratoglou à Nice : il avait déjà fait le coup avant sa victoire à Barcelone en avril. Toutefois, 20 minutes n’a pas pu se faire confirmer cette information.
Marion Bartoli n’y voyait elle que de la prudence, un an après sa fracture de fatigue au dos. « Comme il y a eu ses antécédents et ses précédentes blessures, je pense qu’il fait attention de ne pas surcharger pour ne pas arriver avec trop de quantité d’entraînement et aggraver quelque chose qui pourrait être assez bénin et en faire trop en voulant trop se préparer. »
Une prudence héritée de l’erreur commise l’an passé, où il était arrivé blessé à Roland-Garros, comme il l’expliquait à 20 Minutes dans une interview au mois de novembre dernier. « La vraie question c’est : est-ce que j’aurais dû jouer Roland-Garros ? Je savais que j’étais déjà blessé avant d’arriver à Roland. J’ai pris la décision avec toute l’équipe, mais j’ai pas mal poussé pour pouvoir jouer. Parce que j’étais en forme, j’étais 13ème ou 14ème mondial, je jouais pas mal. Donc je voulais vraiment jouer. »
Toute ressemblance avec son début d’exercice 2026 est fortuite. Il existe cependant une différence majeure par rapport à l’an passé. « Avec un peu plus d’expérience, je prendrais la décision de ne pas disputer le tournoi [si c’était à refaire] », nous garantissait Arthur Fils. S’il rentre sur le court contre Stan Wawrinka en début de semaine, c’est donc qu’il n’y a aucun doute sur son état de santé. Où qu’il n’a pas tant appris que ça.



