Années 1970 : la rivalité épique entre Montpellier et le Racing Club de France
Années 1970 : la rivalité Montpellier-Racing au volley

Alors que Montpellier pourrait remporter son neuvième titre national vendredi face à Poitiers, il faut faire un bond de 50 ans en arrière pour retrouver les traces des succès montpelliérains d’antan. Dans les années 1970, le Montpellier Université Club (Muc) a remporté trois titres en quatre ans, mais il est surtout en première ligne d’une des plus grandes rivalités du sport collectif français.

Une rivalité née dans les années 1940

Si le duel face au Racing Club de France a débuté dans les années 1940, au moment où les deux clubs se partageaient déjà les trophées (1946 et 1948 pour les Franciliens ; 1949, 1950 et 1951, dates des premiers titres du Muc), cette émulation a trouvé son apogée à partir de 1969. Trois années durant, Montpellier termine à la deuxième place du championnat, derrière le Racing.

« Ce club était mal vu parce qu’il représentait la haute bourgeoisie, se souvient Michel Genson, qui a porté le maillot des deux formations. Tout le monde voulait battre le Racing. Le MUC, c’était les universitaires, les intellectuels… »

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Le premier titre en 1972

Sous les ordres de l’entraîneur Serge Bontoux, du président Jean Blain et de Jacques Shaw, alors conseiller technique régional, Montpellier est enfin récompensé en 1972 à l’issue du dernier match de la saison face… au Racing Club de France. « La belle salle du lycée Joffre de Montpellier, souvent trop petite, est devenue le temple du volley-ball, écrivait Paul Génelot. Jusqu’au dernier jour, les supporters, âmes indispensables d’une équipe, ont vibré, soutenu leurs favoris. Ils ont enfin pu priser la joie de la victoire, de leur victoire. »

René Bernard, correspondant pour Midi Libre qui suivait le Muc, raconte : « À cette époque, on marquait des points seulement lorsqu’on servait. Lors de ce fameux match, le quatrième set a duré 42 minutes, je me demandais comment j’allais pouvoir livrer mon article à temps. » Arrivé en 1968, Michel Genson jouait encore pour le Muc : « Cette année-là, on est champions en jouant dans un système en 4-2, avec deux passeurs ! » Ses coéquipiers sont Claude Evrard, Francis Lieutard, Gérard Estebe, Michel Guy, Michel Delage mais aussi Philippe Bogaert, Gérard Brandebourg, Pierre Mante, Jean-François Tarbouriech et Alain Vaes.

1973 : un nouveau titre

En avril 1973, le Muc remet ça. Il devance le Stade Français, le Racing et Sète. Le principal club montpelliérain (l’ASPTT Montpellier jouait aussi en première division à ce moment-là) s’adjuge le titre grâce à un dernier succès à domicile contre le Racing… de Michel Genson (3-1 : 4-15, 15-5, 15-13, 15-6). Après un premier set perdu en 15 minutes, le MUC emmené par Tarbouriech égalisait. Brandebourg marquait le dernier point dans la quatrième manche qui faisait chavirer Joffre. Cette fois, c’est le Tchécoslovaque Mirko Lachman qui est sur le banc, il y restera jusqu’en 1974 avant que Serge Bontoux reprenne les rênes de l’équipe.

1975 : un match d’anthologie

Deux titres en deux ans, du jamais vu depuis 30 ans dans l’Hérault. Mais ce n’est pas tout, car en 1975, les Universitaires allaient encore un peu plus marquer l’histoire du club. « Le MUC jouait le titre contre le Racing Club de France qui menait 15-12, 10-15, 15-11 devant plus de 3 500 fanatiques d’un lycée Joffre en fusion, écrivait René Bernard dans les colonnes de Midi Libre. Une nouvelle fois, la magie opérait en faveur des Montpelliérains. Conduit par Claude Evrard, Guy Di Giantommaso, Michel Guy, Jean-Jacques Germain, Renaud Viguier, et Philippe Bogaert, le MUC renversait tout sur son passage. 15-11 au quatrième et au cinquième set. Georges Boudry, le président de la FFVB, remettait une septième couronne à Claude Evrard sous les yeux ravis d’un certain Georges Frêche, futur maire de la ville. »

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Michel Genson, venu en adversaire, s’en souvient comme si c’était hier : « Les gens pleuraient dans les tribunes. On menait deux sets à un mais on a perdu. C’était un match exceptionnel dans une ambiance fabuleuse. Les gens étaient accrochés aux cordes dans le gymnase et un millier de personnes n’avait même pas pu entrer. » L’international, capitaine de l’équipe de France, savait déjà qu’il rentrerait à Montpellier la saison suivante. Avec lui, le Muc échouera trois fois à la deuxième place en 1976 et 1979, mais surtout en 1977 à trois points du Racing Club de France.