Un golf des Landes enseveli sous le sable après les tempêtes hivernales
Alors que les premières journées ensoleillées du printemps incitaient à profiter des plages landaises, le personnel du golf de Moliets-et-Maâ n'a guère eu le temps d'apprécier cette éclaircie. Les récentes tempêtes hivernales Nils et Pedro ont littéralement recouvert de sable les parcours de l'établissement, particulièrement ceux situés en bordure du cordon dunaire. Une situation critique qui oblige les équipes techniques à mener une véritable course contre la montre pour tout remettre en état avant la tenue du Grand Prix de Landifornie, compétition nationale prévue à partir du 13 mars 2026.
Deux mètres de sable sur les greens
Jean-Michel Montauban, responsable d'une équipe de six green-keepers, ne cache pas son inquiétude : « Nous avons dû faire face à plusieurs tempêtes en quelques jours seulement. Les aménagements réalisés avec l'Office national des forêts en décembre, notamment des filets coco, se sont chargés en sable avec Nils, mais Pedro est arrivé ensuite et a causé des dégâts considérables ». Les deux parcours situés en bord de dune sont les plus touchés, avec par endroits jusqu'à deux mètres de sable recouvrant même les systèmes d'arrosage du parcours n°15.
Selon le responsable technique, il faut remonter à la tempête Martin de 1999 pour retrouver des dégâts d'une telle ampleur sur les greens de Moliets. « Depuis cette tempête historique, la dune est montée, et on voit de moins en moins l'océan depuis les greens », précise-t-il. Outre le sable, l'équipe a dû faire face à d'autres problèmes : branches d'arbres tombées dans les espaces forestiers et zones inondées sur l'airial à cause des remontées de nappe phréatique.
Une course contre la montre pour sauver le gazon
Le défi technique est de taille. « Nous avons d'abord nettoyé les fairways et les greens en les brossant, puis utilisé des souffleurs, mais cela n'a pas suffi », explique Jean-Michel Montauban. L'urgence absolue est de dégager les greens avant que le gazon ne soit durablement affecté : « Si la couche de sable n'est pas trop épaisse, le gazon arrive à passer par-dessus, mais sinon, il est privé de lumière et meurt. La semaine prochaine, on va essayer de mettre un peu d'engrais pour reprendre de la densité ».
La situation est d'autant plus complexe que sur ces parcelles protégées, l'évacuation du sable ne peut se faire n'importe comment. Une réunion avec l'ONF est prévue en début de semaine pour trouver des solutions techniques adaptées. L'équipe envisage notamment de remonter certaines zones de départ, revenant ainsi à la configuration d'origine du golf lors de sa création il y a trente ans.
Un contexte historique d'évolution du littoral
Le phénomène n'est pas nouveau sur ce secteur du littoral landais. En 1988, le courant d'Huchet avait retrouvé son lit historique le temps d'un hiver, longeant les plages et débouchant plusieurs centaines de mètres plus bas qu'aujourd'hui. La dune sur laquelle deux parcours de golf étaient construits avait alors été creusée par le courant, offrant aux golfeurs un panorama dégagé unique sur l'océan. Depuis, la dune ne cesse de se recharger en sable au fil des années, modifiant progressivement le paysage.
Un nouveau club-house en construction malgré les difficultés
Dans ce contexte mouvementé, le golf de Moliets connaît également une période de transition importante. En 2024, le syndicat mixte (composé du Département et de la communauté de communes) a décidé de céder l'exploitation du golf au groupe Résonnance, qui gère également le golf de Seignosse, dans le cadre d'une délégation de service public.
Quelques jours seulement après le passage de la tempête Pedro, Christophe Rondelé, directeur du groupe Résonnance, a procédé avec les représentants du Département et de la commune à la pose de la première pierre du nouveau club-house. « Nous avions fait trois prières pour cet hiver : qu'il n'y ait pas trop de vent, pas trop d'eau et de pouvoir attaquer les travaux du club-house au plus tôt. Pour le vent et le sable, c'est la catastrophe, mais pour les travaux, on a mis les bouchées doubles », confie-t-il, espérant une livraison pour le 1er juin 2026.
Entre les dégâts causés par les tempêtes et les travaux de modernisation, le golf de Moliets vit donc des moments intenses. L'équipe technique, qui se compare parfois à Sisyphe poussant son rocher, multiplie les efforts pour que le Grand Prix de Landifornie puisse se tenir dans des conditions optimales. Une véritable course contre la montre qui illustre les défis posés par l'érosion côtière aux activités économiques du littoral landais.



