La Jeunesse Villenavaise, une oasis de formation dans un désert footballistique aquitain
Dans le paysage du football professionnel aquitain, la Jeunesse Villenavaise se distingue comme une oasis rare, préservant des filières d'excellence pour les jeunes joueurs. Cette situation est toutefois préoccupante, car elle s'accompagne d'un exode constant des meilleurs talents vers d'autres régions, privant le Sud-Ouest de ses espoirs locaux.
La mécanique implacable de la formation de haut niveau
Le club de Villenave réussit à attirer un nombre significatif des meilleurs jeunes de la région, mais il subit de plein fouet le recrutement de ses pépites par les centres de formation de l'élite nationale. L'an dernier, deux joueurs ont rejoint Montpellier et un autre Guingamp. Cette année, deux U15 ont signé à Toulouse, tandis qu'en U17, Axel et Guilhem s'apprêtent à partir pour Angers et Lille. Deux autres pourraient suivre vers des clubs de Ligue 1 ou Ligue 2.
« Nous sommes la locomotive des U17 dans la région, et ce n'est pas normal », résume le coach Luca Martin. Cette dynamique s'explique par un vide structurel : il n'existe plus de centre de formation professionnel en Nouvelle-Aquitaine. Les faillites des Girondins de Bordeaux et de Niort ont sonné le glas de ces infrastructures coûteuses, nécessitant environ trois millions d'euros annuels en équipements et staff. Le Pau FC, pourtant meilleur club régional en Ligue 2, ne peut assumer une telle dépense.
Une présence aquitaine réduite en championnats nationaux
Actuellement, seuls trois clubs en U17, plus Poitiers en U19, portent les couleurs aquitaines au niveau national. L'an prochain, les Girondins de Bordeaux en U17 et le SA Mérignac en U19 devraient rejoindre l'élite, une évolution positive mais insuffisante pour endiguer le problème. Les meilleurs jeunes, des U15 aux U17, continuent de partir vers des clubs professionnels hors d'Aquitaine.
« Aujourd'hui, nous sommes en contact régulier avec des clubs qui ne venaient jamais auparavant, comme Nantes, Montpellier, Toulouse, Lorient. Même Monaco, nous les avons plus au téléphone que les Girondins ; ils recrutent énormément dans la région », témoignent les coprésidents Sébastien Paulin et Adrien Liégeon, ainsi que leur coach Luca Martin lors d'une causerie d'avant-match.
Les Girondins de Bordeaux en lutte pour leur influence régionale
Les meilleurs joueurs sont naturellement attirés par le plus haut niveau, et les Girondins, absents de l'élite, résistent « grâce à leur image, encore forte », selon Luca Martin. Cependant, ils doivent réapprendre à travailler dans leur région, alors qu'à l'époque de leur centre de formation, les trois quarts de leurs joueurs provenaient de la région parisienne.
« Nous, nous préférerions cent fois que les conditions soient réunies pour que nos joueurs partent chez eux… », ajoute-t-il. Cette aspiration reste lointaine. Ce qui subsiste des Girondins, en senior, évolue en Nationale 2, seulement deux niveaux au-dessus de l'équipe première de Villenave, illustrant le déclin relatif du football professionnel aquitain.



