Une erreur de parcours qui coûte le titre de champion de France
Le Lozérien Rémy Brassac, l'un des favoris du championnat de France de trail long disputé dimanche sur les pentes du mont Ventoux, vit avec amertume une course qui lui a échappé. Alors qu'il évoluait en tête avec cinq autres coureurs après 2h30 de course, le groupe s'est trompé de chemin, effectuant 5 kilomètres supplémentaires et perdant 25 minutes précieuses.
De la première place à la 36e position
"J'étais en totale gestion", confie le coureur, décrivant sa course jusqu'au moment fatidique. "Je n'avais fourni quasiment aucun effort superflu jusqu'au Chalet Reynard où on a retrouvé le parcours". Cette erreur collective l'a fait chuter à la 36e place, avant qu'il ne lance une remontée spectaculaire pour finalement terminer 6e.
La frustration est palpable chez l'athlète lozérien : "Très déçu. Très frustré. Jouer un titre de champion de France, ça n'arrive pas tous les jours... Et même pas tous les ans". Brassac insiste sur la qualité de sa performance : "En termes de sensation, j'ai le sentiment d'avoir fait une très, très grosse course".
L'"effet boule de neige" d'une erreur collective
L'incident s'est produit peu après le sommet du mont Ventoux. Le parcours avait été modifié au dernier moment pour des raisons de sécurité, mais selon Brassac, ce n'est pas cette modification qui est en cause.
Le scénario précis de l'erreur :
- Les coureurs devaient emprunter un chemin sur seulement 30 à 40 mètres
- Des fanions indiquaient la direction vers le Chalet Reynard
- Le groupe de six coureurs, accompagné d'un cycliste filmeur, ne les a pas vus
- Ils ont poursuivi sur un chemin marqué par la course de la veille
- Des randonneurs les ont confortés dans leur erreur
"À ce moment, il y a eu un effet boule de neige", explique Brassac. "On est parti, parti, parti, jusqu'à ce qu'on se dise qu'on n'était pas du tout là où il fallait".
Une remontada impressionnante mais insuffisante
Malgré cette erreur coûteuse, Rémy Brassac a livré une performance remarquable en seconde partie de course. Reparti de la 36e position, il a repris plus de 30 places et 10 minutes sur la tête de course en seulement 20 kilomètres.
"J'avais perdu tout espoir de faire podium, et même top 5 ou top 10", avoue-t-il. "Vingt-cinq minutes de perdues sur un championnat de France aussi relevé... Je me disais que j'allais échouer très loin dans le classement".
Encouragé par le sélectionneur de l'équipe de France Adrien Séguret, Brassac s'est lancé dans une course effrénée : "J'étais en forme et petit à petit, j'ai creusé l'écart et je n'ai pas arrêté de remonter des coureurs".
Un titre Master en lot de consolation
Si Rémy Brassac termine 6e du championnat Élite, il décroche le titre dans sa catégorie Master. Mais cette distinction est loin de le consoler : "Ce n'était absolument pas mon objectif, ce n'est pas ce que je joue aujourd'hui".
Le coureur avait pourtant tout préparé pour ce rendez-vous : "J'y ai consacré mon hiver pour ça, oui". L'an dernier, sur cette même course du Ventoux, il avait terminé 2e à seulement trois minutes du champion d'Europe.
Les conséquences sportives :
- Privation du titre de champion de France Élite
- Mise en doute de la sélection pour les championnats d'Europe
- Perte d'une occasion unique dans une carrière
L'espoir d'une sélection en équipe de France
Malgré cette déconvenue, Brassac garde espoir de porter le maillot tricolore. Les sélectionneurs ont indiqué qu'ils pourraient revoir leurs critères de sélection, et une place reste disponible à leur discrétion.
"Avec la partition que j'ai rendue hier, je pense être légitime pour l'avoir", estime le Lozérien. "Ma priorité aujourd'hui, c'est d'avoir un maillot bleu, blanc, rouge sur les épaules. Cela fait plusieurs années que je le chasse".
La suite de sa saison dépendra de cette décision des sélectionneurs. Initialement prévu pour courir la Maxi-Race début juin, Brassac est prêt à modifier son programme pour représenter la France.
La version des organisateurs
L'organisation du trail du Mont Ventoux a réagi par communiqué pour clarifier les circonstances de l'incident. Elle affirme que :
- Le balisage était correct et vérifié avant la course
- La modification de parcours ne concernait pas la zone de l'erreur
- La trace GPX fournie aux athlètes était conforme
- Les six coureurs de tête n'ont pas vu les huit balises en place
Le communiqué conclut : "Nous sommes sincèrement affligés de ce fait de course, en tout premier lieu vis-à-vis des athlètes qui ont été privés de pouvoir défendre leurs chances de victoire".
Pour Rémy Brassac, cette course du Ventoux restera comme une occasion manquée, mais aussi comme la démonstration de ses qualités de coureur. Reste à savoir si les sélectionneurs de l'équipe de France sauront reconnaître la valeur de sa performance, malgré le résultat final.



