Carburants : le gouvernement envisage une prolongation des aides face à la colère des professionnels
Carburants : prolongation des aides gouvernementales envisagée

Carburants : vers une extension des mesures de soutien gouvernementales ?

Depuis le début du conflit au Moyen-Orient il y a un mois, les prix des carburants ont connu une hausse spectaculaire, provoquant une vive inquiétude parmi les professionnels des secteurs du transport, de l'agriculture et de la pêche. Ces derniers réclament des mesures plus substantielles que le plan d'aide d'environ 70 millions d'euros annoncé par le gouvernement vendredi dernier.

Une aide jugée insuffisante par les transporteurs

Le gouvernement a laissé entendre ce lundi 30 mars que les aides destinées à compenser la flambée des carburants pourraient être prolongées. Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, a déclaré sur RTL : « Elle pourrait l'être », en référence à une éventuelle reconduite en mai de l'aide déjà annoncée. Elle a ajouté : « On sera aux côtés des secteurs les plus en difficulté », confirmant ainsi les propos antérieurs du ministre des Transports, Philippe Tabarot.

Pour les transporteurs routiers, une aide de 50 millions d'euros est prévue en avril pour les entreprises en difficulté, équivalant à 20 centimes d'euros par litre de carburant. Cependant, l'Organisation des transporteurs routiers européens (Otre) a qualifié ce mini-plan d'« pas à la hauteur ». Une porte-parole de l'Otre a affirmé : « La mobilisation continue », après une opération escargot organisée lundi matin sur le périphérique parisien, où plusieurs dizaines de camions ont perturbé la circulation.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des actions de protestation prévues dans toute la France

L'Otre a programmé des opérations de mobilisation tout au long de la semaine :

  • Mardi dans le Lot-et-Garonne, l'Aveyron, la Nouvelle-Aquitaine et les Pays de la Loire.
  • Mercredi à Toulouse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et à Rennes.
  • Vendredi à Besançon.

De plus, une manifestation est prévue mardi dans la Marne, à l'initiative de la Fédération nationale des Transporteurs (FNTR). Sarah Bahezre, trésorière de la Fédération des autocaristes indépendants, a souligné : « Il faudrait 50 centimes. Sinon ce sera des faillites, on ne peut pas continuer à travailler à perte ».

Les agriculteurs également en première ligne

Du côté des agriculteurs, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a été reçu lundi par le Premier ministre pour exprimer son mécontentement face au plan d'aide. Il a demandé un soutien accru, estimant que la hausse des prix du gazole non routier (GNR) et des engrais n'était « pas supportable » pour les exploitants en pleine période de travaux des champs. Les agriculteurs bénéficieront en avril d'une exonération du droit d'accise sur le GNR, pour un coût d'environ 14 millions d'euros, soit une baisse de quatre centimes d'euros par litre. Cependant, Rousseau réclame 30 centimes par litre.

Prix en hausse et perspectives gouvernementales

Lundi, les prix des carburants restaient orientés à la hausse. Le gazole, carburant le plus consommé, se vendait en moyenne 2,23 euros le litre, contre 1,720 euro le 27 février. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a indiqué que les aides annoncées pourraient être « reconductibles si la situation perdure, en mai, en juin ». Toutefois, le gouvernement n'envisage pas de baisser les taxes sur les carburants, qui représentent 50 à 55% du prix à la pompe. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a justifié cette position en affirmant que des mesures générales coûteraient « beaucoup d'argent » et seraient « sans doute très peu efficaces ».

Dans ce contexte tendu, la prolongation des aides gouvernementales apparaît comme une piste sérieuse pour apaiser les tensions, mais les professionnels attendent des engagements plus fermes et des montants plus élevés pour faire face à la crise persistante des carburants.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale