Stéphane Gilli sans rancœur et fier de son bilan au Paris FC
Stéphane Gilli: sans rancœur, fier de son bilan au Paris FC

Un départ sans amertume

Comme Franck Haise ou Habib Beye, qui ont retrouvé un club rapidement après leur éviction, Stéphane Gilli aurait pu lui aussi rebondir sans attendre. Mais après son départ du Paris FC le 20 février, il a décliné les propositions d’un club de première division allemande et de deux sélections africaines. « C’était deux ans et demi, presque trois ans très intenses, j’avais besoin de me reposer », reconnaît-il.

Rentré chez lui à Nîmes, auprès de sa famille, Stéphane Gilli a aussi voyagé, à Pau pour voir son fils analyste vidéo dans le club de L2, au Sénégal avec l’un de ses adjoints Armand Sene, ou en Corse. Il a également effectué son recyclage du BEPF à Clairefontaine.

« J’ai pris le temps d’analyser ce qu’on avait fait, le groupe qu’on avait construit, les choses à garder mais aussi à améliorer car je n’ai pas tout fait bien, raconte-t-il. On commet tous des erreurs. Peut-être que j’aurais pu faire différemment sur certaines choses. Quand on a la tête dans le guidon, on ne voit pas tout, donc c’est bien de prendre un peu de hauteur. J’ai appris comme quand j’étais adjoint de Mécha (Bazdarevic) ou Vahid (Halilhodžić). »

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Un avenir incertain mais serein

Gilli, qui aurait été sous contrat jusqu’en 2028 en cas de maintien, reconnaît « néanmoins avoir vu le coup venir ». « Je savais que pour continuer l’aventure, il fallait que je fasse une très grosse saison. Dès qu’on est monté en Ligue 1, les gens se posaient déjà la question sur mon avenir. À la fin, c’était devenu presque un jeu pour moi en conférence de presse. Mais quand je disais que je travaillais comme si j’allais rester dix ans au Paris FC, je le pensais vraiment. »

Mais le mois de février avec l’élimination en Coupe de France à Lorient (2-0) et la lourde défaite à domicile contre Lens (0-5) lui ont été fatals. « Éliminer le PSG (1-0 au Parc) et perdre à Lorient, ça m’a desservi, estime-t-il. À Lorient, j’ai mis une équipe pour nous qualifier, avec des joueurs que je voulais voir, notamment ceux qui étaient arrivés au mercato et qui n’étaient peut-être pas encore à 100 %. Mais il fallait bien leur donner du temps de jeu. On a vu ce que Munetsi, Coppola, Koleosho ou Immobile ont ensuite apporté. »

« Jusqu’à Lille (fin novembre), on était pas mal mais on a perdu Lees-Melou et Chergui (blessés plusieurs semaines). Encore une fois, je n’ai pas tout fait bien mais il y a des choses qui n’ont pas tourné en notre faveur si on reprend tous nos matchs. Sur la phase retour, on n’avait perdu que contre Lens. À part ce match, l’équipe n’était pas à la rue. Tout n’était pas à jeter. »

Un bilan dont il est fier

Resté en contact avec certains joueurs et membres du club, Stéphane Gilli n’a pas eu l’occasion de regarder beaucoup de matchs de son ancienne équipe. « Ce n’était pas par dépit. Mais, forcément, on coupe un peu. Je suis content que le club se soit maintenu et que les joueurs aient fait une belle fin de saison. Je n’en veux à personne. Je n’éprouve aucune rancœur ni aigreur envers les dirigeants qui ont pensé qu’à un moment, ils devaient me changer. Je remercie Antoine Arnault, Pierre Ferracci. Je suis content pour les supporters et fier d’avoir fait monter en Ligue 1 ce club qui va encore grandir. On a réussi à remplir Charléty et je pense qu’on était plaisant à voir jouer. J’avais mis en place une philosophie de jeu. »

Sur le maintien, il estime pourtant « ne rien s’attribuer ». « Car c’est un club, des joueurs, un groupe, avant tout. La seule chose que je m’attribue, c’est d’avoir fait progresser des joueurs qui étaient là avec moi depuis 2023 au début du projet. Je parle de Nkambadio que j’ai pris la responsabilité de lancer alors qu’il avait zéro match en pros et qui est ensuite allé en équipe de France espoirs, Camara qui venait de N2, Kebbal, Mbow qui va faire la Coupe du monde, Chergui, Gory et d’autres… Aujourd’hui, beaucoup sont devenus bankable comme on dit, alors qu’ils n’ont pas coûté très cher au départ. Avec eux et mon staff, on a partagé une belle aventure. C’est ça que je retiens. La vie continue… »

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Des projets pour l'avenir

Avec cette première expérience comme entraîneur principal, Gilli (53 ans), par sa personnalité et son identité de jeu, s’est fait un nom dans le milieu. Représenté par Alain Migliaccio, l’agent historique de Zinédine Zidane, il figure sur les short lists de plusieurs clubs en Ligue 1, Ligue 2, à l’étranger, même dans des destinations plus exotiques.

« J’espère que ça se décantera dans les 10-15 jours, conclut-il. Quels que soient la division, le pays, le plus important pour moi est d’être en phase avec ce que veut mettre en place le club. Je privilégie un projet cohérent où on est tous sur la même ligne avec la direction. J’ai des idées, une identité de jeu. Comme à mes débuts au Paris FC, il peut y avoir des passages difficiles mais ce qui compte, c’est qu’on garde tous la même ligne de conduite et qu’on avance ensemble. »