Claude Puel, entraîneur de l'OGC Nice âgé de 64 ans, se prépare à disputer une finale de Coupe de France ce vendredi soir, six années après avoir perdu la précédente avec Saint-Étienne contre le PSG. Cette rencontre représente une occasion unique pour lui de décrocher son premier titre dans cette compétition en tant qu'entraîneur, et d'offrir à Nice son premier trophée depuis 29 ans. Cependant, cette perspective est assombrie par la lutte pour le maintien en Ligue 1, qui pèse lourdement sur le club.
Un contexte sous tension
Claude Puel, qui a pris les rênes de l'OGC Nice en janvier dernier, a vécu cinq mois et demi intenses, qui lui ont semblé durer le double. La semaine à venir s'annonce particulièrement stressante, car derrière l'éclat d'une finale de Coupe de France se profile la menace imminente d'une relégation en Ligue 2. Nice doit en effet disputer des barrages contre son ancien club, Saint-Étienne, dans cinq jours. Dans ce contexte pesant, Puel a préparé cette finale qui, loin d'être une fête, est devenue une obligation.
Le technicien de 64 ans, fort de 969 matchs sur les bancs de Ligue 1 ou de Premier League, a déjà affronté de nombreuses situations difficiles. En acceptant de prendre la barre d'un navire en perdition, il mérite que tout se termine bien. Il est encore possible pour Nice de décrocher un trophée, d'assurer son maintien et de se qualifier pour l'Europe, ou de sombrer dans la déception. « C'est toute la beauté mais aussi la dureté et la violence du football », confie un proche du Castrais. « Mais ça, il le savait. Quand il s'engage, il se donne à fond. »
Un bilan contrasté
La question de savoir si Puel était l'homme de la situation se pose légitimement, compte tenu de son bilan comptable : seulement deux victoires en dix-huit matchs de Ligue 1. Cependant, cette interrogation est à remettre à plus tard, alors que Nice a l'occasion de remporter son premier titre depuis 29 ans. Ce titre n'aurait pas la même valeur s'il était suivi d'une descente en Ligue 2, mais il deviendrait précieux avec le temps. Entre peur et gloire, entre mission commando et éternité d'un palmarès, l'entraîneur de 64 ans se trouve à un tournant décisif. Un sacre ce soir graverait un peu plus son nom dans l'histoire niçoise, dix ans après avoir posé des fondations importantes entre 2012 et 2016.
Un parcours en Coupe de France
La Coupe de France n'était pas un objectif initial pour Puel, mais Nice a su passer les tours, réalisant des miracles et déjouant les pronostics qui envoyaient Strasbourg en finale à sa place. C'est un trait de lumière dans une saison obscure, une opportunité de revanche pour les Rouge et Noir, battus en 2022 par Nantes, mais aussi pour Claude Puel. Double vainqueur de l'épreuve en tant que joueur de l'AS Monaco en 1985 et 1991, l'ancien milieu de terrain n'a jamais gagné la Coupe de France comme entraîneur. Il en a été proche en 2020, avec Saint-Étienne.
Jacky Bonnevay, son adjoint à l'époque, se souvient : « Je garde surtout un souvenir extraordinaire de la demi-finale, quand on a battu Rennes dans un stade Geoffroy Guichard en fête. Par contre, la finale contre le PSG de Mbappé et Neymar reste un souvenir très mitigé. C'était l'époque du Covid, le stade était vide, zéro ambiance. On avait perdu 1-0. » L'imbroglio Saliba, empêché de jouer par Arsenal, et l'expulsion de Perrin dès la 26e minute ont compliqué la tâche. Puel avait également manqué la dernière marche en 2001 avec Monaco et en 2017 avec Southampton. Battu à chaque fois en outsider, il ne sera pas favori ce vendredi contre Lens.
Un entraîneur à l'ancienne
Claude Puel, absent des bancs pendant quatre ans après son départ de Saint-Étienne en décembre 2021, n'a pas choisi la mission la plus facile pour sortir de sa vie paisible à La Turbie avec sa femme Corinne. « C'est dur », confiait-il en privé. Publiquement, il n'a jamais dévié de sa volonté de protéger le groupe et le club, ce qui rassure les collaborateurs. Cependant, il a pu constater un décalage avec cette génération individualiste et déresponsabilisée. Ses relations avec le capitaine Dante ou son adjoint Julien Sablé sont loin d'être limpides.
« Dans le foot actuel, est-ce que ça peut encore marcher ce genre d'entraîneurs à l'ancienne ? », s'interroge un ancien salarié du club. Certains le jugent « buté » et « rigide », tandis que d'autres saluent un gros bosseur, droit et fiable. « Il a une résilience incroyable. Il n'est pas dans les états d'âme, pas influençable. Les éléments extérieurs qui peuvent être négatifs ne le touchent pas. Il reste toujours aligné avec ses principes », confirme Jacky Bonnevay. Pour Puel, la pression et les critiques agissent comme un moteur.



