Même avant la rencontre face au Biarritz Olympique, ce vendredi 15 mai, le Stade Montois est déjà fixé sur son sort. Les jaune et noir devront passer par les barrages. Comment le club landais, qui avait joué l’accession en Top 14 en 2022, a-t-il sombré lors de cet exercice ? Ce n’est pas ce vendredi 15 mai 2026, sous un ciel gris, que le Stade Montois a fragilisé sa position dans ce championnat de France de Pro D2, qu’il devra assurer, au cours d’un barrage, dimanche 31 mai prochain, à partir de 14 heures, contre Nice ou Narbonne. Mais c’est bien au cours de toute la saison, véritablement transformée en montagnes russes entre le bon, le moins bon et le mauvais. Et parfois même le très mauvais. Un parcours qui, d’ailleurs, en ce mois de mai, laisse naître d’énormes regrets, un sentiment de gâchis pour ce club qui il y a un peu plus de trois ans bataillait pour monter en Top 14. En 2022, les jaune et noir avaient terminé premier de ce championnat, échouant en finale contre Bayonne puis en barrage d’accession contre Perpignan.
Entame fatale
Tout au long de cette saison 2025-2026, le Stade Montois n’a pas su concrétiser dans les moments importants afin d’éviter de se retrouver dans cette position délicate et inconfortable. Il faut dire que le lancement de l’exercice avait malheureusement donné le ton. Les Stadistes ont perdu à Boniface lors de la journée inaugurale face à Colomiers (20-24). « On n’avait pas de solutions offensives ? Je ne suis pas d’accord, les solutions, on les avait, affirmait le flanker et capitaine du soir Aurélien Lafforgue, la mine fermée. On perd six ballons dans la zone de marque. Si on ne tient pas le ballon, c’est difficile de marquer derrière… »
La suite ne va pas s’arranger, avec un premier revers énorme du côté d’Agen. Une véritable rouste (53-7) encaissée à Armandie. Néanmoins, les Landais sonnent le réveil pour enregistrer leur premier succès de la saison, la semaine suivante, en disposant de Vannes au terme d’une prestation XXL.
Un court réveil
Faute de constance, les protégés du président Jean-Robert Cazeaux sont retombés dans leurs travers lors des deux journées suivantes : un lourd revers encore à Béziers (43-9) et surtout une sortie de route à domicile face à Carcassonne (19-34). Ajoutez à cela une troisième défaite consécutive à Valence-Romans (35-21). La défaite à domicile face à Carcassonne, une des erreurs fatales de cette saison. Matthieu Sartre Il a fallu attendre la septième journée pour voir le Stade Montois sonner son réveil. Les jaune et noir s’imposent face aux Isérois coachés par Jeff Dubois (32-18). Ce match sera suivi d’une défaite logique à Biarritz (35-13). Dans la foulée, le Stade Montois cartonne Nevers (71-10). Une prestation offensive qui peut appeler à un certain optimisme.
Cinq revers
Au cœur de l’hiver, les Montois s’enfoncent un peu plus dans l’inconfort. Comme si un ressort s’était cassé. Une semaine à peine après leur large succès, le Stade Montois coule à pic à Brive (68-10). Une des plus grosses défaites de l’histoire du Stade Montois. Il ne s’en relève pas et craque encore à domicile face à Angoulême avant d’aller sombrer corps et âme à Marcel-Boyau, lors du derby aller (68-14). Le Stade Montois a perdu aussi contre Oyonnax sur sa pelouse. Philippe Salvat / SO Méconnaissables, les joueurs du président Cazaux continuent de s’enliser. Une semaine plus tard, devant des tribunes de plus en plus dégarnies, le Stade se fait corriger par Oyonnax (12-36) et enchaînent par une défaite à Aurillac (25-19). Une petite éclaircie surgit à la fin du mois de décembre avec un court succès aux dépens de Provence (25-23) et qui met fin à une série de cinq défaites. Cette quatrième victoire (en 15 rencontres) a le mérite de booster le moral des troupes.
Janvier positif
Hormis la défaite somme toute logique à Vannes (47-29), les jaune et noir ont connu un mois de janvier plutôt positif, avec deux succès probants sur leurs terres : Valence-Romans (18-13) et Brive (20-3). Ajoutez à cela un nul arraché à Nevers (29-29) et l’optimisme pointait son nez à quelques encablures du printemps. Toutefois, les défaites combinées à Angoulême (23-13) et à Oyonnax (73-7) ont affiché la fragilité de ce redressement.
Quatre succès de rang
La suite se voulait plus joyeuse, avec une série de quatre victoires. Ce qui n’était jamais arrivé lors de cet exercice. Les garçons de Romain Mareuil et Clément Briscadieu ont assuré sur leur pré, disposant de Biarritz (34-16), de Béziers (41-24) et d’Aurillac (35-25). Les jaune et noir sont bel et bien vivants. Ils agrémentent cette bonne période d’un succès non négligeable à Carcassonne (28-29). Un des rares moments où les Jaune et noir ont pu savourer leur court bonheur : le succès arraché contre Biarritz. Philippe Salvat / SO
Quatre défaites, série en cours…
Mais, cet ensemble est fragile. Les fondations du collectif sont très friables. Le Stade Montois repart dans ses travers. Si la défaite à Provence peut laisser des regrets (42-33), celle encaissée à domicile face aux Dacquois ressemble à s’y méprendre à se tirer une balle dans le pied (21-35), dans un derby où le Stade n’a pas existé au cours du second acte. Le mal est fait et il est profond. Malgré une belle résistance, les Landais échouent dans leur quête de points à Grenoble (21-22). Deux semaines plus tard, la réussite ne sera pas au rendez-vous non plus à Colomiers (19-13). Les jaune et noir ont jeté toutes leurs forces dans cette bataille. Quatre défaites de rang, quatre de trop. D’autant que la décision du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) rendant deux points à Biarritz, à quelques heures de la dernière joute de la phase régulière, ce 16 mai à domicile face à Agen (21 heures), a eu raison de leurs derniers espoirs. Cette fois, il est trop tard et ce dernier match face au SUA ne changera rien à la donne. Le Stade Montois terminera ce championnat en quinzième place. La place de tous les dangers, synonyme de barrage. Celle qui peut vous envoyer illico presto à l’étage inférieur, au terme d’un match couperet, et anéantir d’un seul revers tant d’efforts.
46 points au compteur Avant ce dernier choc face à Agen, les jaune et noir occupent la peu envieuse quinzième place de Pro D2, avec 46 points. Un bilan de 10 victoires, pour 18 défaites et un nul. Ajoutez à tout cela deux points de bonus défensifs et deux autres de bonus offensif. Le Stade Montois affiche la quatorzième défense de la Pro D2, avec 922 points encaissés, soit une moyenne de plus de 31 points par match. Les jaune et noir signent la treizième attaque du championnat, avec 651 points, soit 22,45 points par match.



