« C'est un sport qui demande une vraie maîtrise de soi » : Béziers accueille les championnats de France des clubs de tir. Les vêtements spéciaux, très rigides, minimisent les mouvements.
Ils ont entre 8 et 14 ans et ont la passion des carabines, des pistolets et du tir sportif. Après les qualifications régionales, les meilleurs jeunes tireurs de France sont rassemblés, du jeudi 14 mai au dimanche 17 mai, au parc des expositions de Béziers pour le championnat de France des écoles de tir. Ils se réjouissent d'une pratique qui demande de la précision et de la maîtrise de soi.
Linda Gimeno, 12 ans, vise le cœur de la cible
Droite, visière bleue vissée sur la tête et regard fixe vers la cible n° 46, Linda Gimeno, 12 ans, enchaîne les tirs pour toucher le cœur de la cible. Malgré son jeune âge, elle maîtrise son arme, une carabine à air comprimé à plomb, à la perfection. La carabinière qui s'entraîne au sein de la Société de tir de Béziers (STB) participe au championnat de France des écoles de tir, avec quatre autres de ses camarades du club. Cette année, ils jouent à domicile. Béziers accueille, au sein du parc des expositions, cette compétition nationale.
« Cela fait deux ans que nous préparons cet évènement », souligne Jordane Famenias, la coach des enfants. Ils sont 1 400 tireurs, âgés de 8 à 14 ans, à concourir ce week-end dans différentes disciplines. Avec des carabines ou des pistolets, en précision ou en trois positions – genou, couché, debout – toujours avec des cibles situées à 10 mètres.
« Il faut faire preuve d'une grande maîtrise »
« J'aime ce sport parce qu'il faut être calme, précis, concentré », détaille Linda. Son père abonde : « Ça l'apaise beaucoup ». Elle a découvert ce sport en tirant à la carabine à la fête foraine ! « Il s'agit d'une attraction où il faut viser une corde. Elle s'est montrée très précise et la foraine lui a dit qu'elle devrait essayer en club », raconte son père avec fierté. Aujourd'hui, elle est arrivée 34e dans sa catégorie, une belle performance puisqu'elles étaient 144 à tirer. La tireuse au sourire juvénile se réjouit de ce résultat et assure qu'elle est « venue pour le plaisir et sans se mettre la pression. »
La gestion des émotions est l'un des enjeux principaux de ce sport de précision. « Dès qu'il y a trop de pression, ou un trop plein d'émois, cela se ressent immédiatement dans les tirs », estime Jordane Famenias. L'entraîneuse de 22 ans est elle-même compétitrice de tir depuis 11 ans. Tout comme sa protégée, elle aime ce sport qui la calme et l'aide à se concentrer, elle qui a « tendance à être très active ».
Un sport associatif et passionné
Comme la quasi-totalité des personnes de ce petit monde du tir, elle est bénévole. « Il y a peu de moyens dans notre sport, tous les clubs qui sont présents ce week-end sont associatifs et encadrés par des passionnés. Cela s'explique notamment par une faible médiatisation », explique Antoine Pellegrini, président de la STB. Et il souhaite rétablir quelques vérités à propos de sa discipline : « C'est un vrai sport qui demande de l'entraînement. Il faut être très concentré, faire preuve de maîtrise de soi et de ses émotions et avoir une hygiène de vie rigoureuse. »
La sécurité comme condition
Ce vendredi 15 mai, au milieu des enfants qui promènent carabines et pistolets, les parents semblent étonnamment sereins. « La sécurité, c'est la première des formations, il n'y a pas de tir sans ça. Pendant les compétitions, les armes sont contrôlées et les dispositifs de sécurité sont implacables. D'ailleurs une faute de sécurité, comme celle de pénétrer dans la zone de tirs sans autorisation, entraîne une disqualification », détaille Philippe Escrouzailles, membre du bureau de la STB.
Est-ce qu'il y a une appréhension des parents ? Tous répondent à l'unisson : pas du tout. « Les règles de sécurité sont très strictes, il n'y a vraiment pas d'inquiétude à avoir », assure la mère de Nolan Blouet, compétiteur et vice-champion de France l'année dernière. Le père de Linda complète en s'amusant : « On ne leur apprend pas à faire la guerre ! »



