« Un point de non-retour » : c'est ainsi que Sébastien Huck décrit son retrait du football à onze. L'international français, déçu par certaines facettes de cette discipline, a choisi de se consacrer à 100 % au beach soccer, où il compte briller sous le maillot du MHSC.
Un soulagement après l'annonce
Interrogé sur son état d'esprit après cette décision, Sébastien Huck confie : « Je suis plutôt soulagé. Quand les clubs ont su que j'étais libre, j'ai reçu énormément de sollicitations. Mais je voulais vraiment couper pour retrouver de la tranquillité. Cette annonce m'a fait un bien fou. » Il ajoute : « J'ai reçu des messages de remerciements de parents ou de jeunes que j'ai accompagnés, ces mots m'ont beaucoup touché. J'ai vécu de très beaux moments dans le football, mais j'avais besoin de ce break. »
Un mal-être grandissant
Le déclic est venu d'un profond mal-être. « Tout est devenu oppressant, je ne prenais plus aucun plaisir. Sur la fin, je passais plus de temps à gérer des conflits avec la direction ou les parents qu'à parler de football sur le terrain. Ce stress a fini par impacter ma vie personnelle. Ce n'était plus possible de continuer comme cela », explique-t-il.
Une évolution inquiétante du football
Sébastien Huck dresse un constat sévère sur l'évolution du football : « La mentalité n'est plus la même. » Après avoir arrêté de jouer pour l'arbitrage, puis le beach soccer, il a passé ses diplômes pour entraîner son fils. Mais à Villeneuve, Montpellier et Lattes, sa franchise a dérangé. À Lattes, responsable de l'école de football, il gérait quotidiennement des plaintes de parents sur les choix des coaches ou les temps de jeu. « Cela a été la goutte d'eau », dit-il.
Le rôle des parents en question
Pour Huck, les parents sont un problème majeur : « Totalement, c'est même du grand n'importe quoi. Certains me demandaient des séances spécifiques pour leur enfant car ils pensaient avoir un futur crack. J'ai toujours aimé former pour le plaisir et la progression, mais là, on atteint des sommets de folie, même en club amateur. À Montpellier, certains pensent tenir un ticket de loto entre les mains, ils vivent leur rêve à travers leurs enfants. J'ai vu des parents chronométrer le temps de jeu de leur gamin ! On ne parle plus de sport, mais d'investissement. »
Un signal inquiétant pour les clubs amateurs
Il s'inquiète pour l'avenir des clubs amateurs : « Oui, je pense que l'on peut être très inquiet. Si des passionnés comme moi en arrivent à tout arrêter, c'est qu'il y a un problème de fond. J'ai le football en perfusion midi et soir, mais là, j'ai atteint un point de non-retour. Les conditions d'encadrement sont précaires, il est de plus en plus difficile de trouver des bénévoles et des éducateurs. À ce rythme, les structures n'auront plus la capacité d'accueillir les jeunes. »
Le football à onze ne va-t-il pas lui manquer ?
« C'est certain, cela me manque déjà. D'autant que j'ai passé une année exceptionnelle avec mes U9 au MHSC. Mais mon bien-être au quotidien est plus important. Après, on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais pour l'instant, j'ai besoin de calme », confie-t-il.
Des pistes pour améliorer la situation
Huck propose des solutions : « J'ai vu sur les réseaux sociaux qu'un club allait organiser un tournoi sans parents, je trouve la démarche intéressante. D'un côté, le football doit rester un moment de partage, mais de l'autre, presque 100 % des problèmes viennent des parents. On ne se rend pas compte de la pression que subissent les enfants au quotidien. Sanctuariser le terrain en coupant l'accès aux parents pourrait être une solution. Les clubs doivent être intransigeants et soutenir leurs éducateurs au lieu d'avoir peur de perdre des licenciés. »
Un avenir tout tracé dans le beach soccer
Désormais, Sébastien Huck se consacre à 100 % au beach soccer. « J'ai découvert le beach en 2012 et j'ai tout de suite accroché. L'ambiance y est beaucoup plus saine et intéressante. Déjà, il n'y avait pas d'argent en jeu, donc on ne trouvait que des passionnés. Et puis, c'est une discipline qui correspond à mes qualités et qui m'a permis de vivre des moments incroyables : la Ligue des champions, porter le maillot tricolore, chanter la Marseillaise. C'est une fierté immense pour moi et mes proches, une forme de consécration », déclare-t-il.
Les prochaines échéances
Sur le plan sportif, Huck précise : « En France, c'est un peu à l'arrêt car les budgets sont gelés cette année. Par contre, avec le Montpellier Hérault Beach Soccer, nous allons partir à Nazaré début juin pour la Ligue des champions. Ce sera le gros morceau de notre saison. Nous allons nous préparer avec un tournoi à Bordeaux en mai et nous organiserons également notre premier tournoi à Montpellier début juillet (le tournoi Jean-Louis Gasset). J'ai aussi intégré l'IBS, ce qui me permet de continuer à jouer à haut niveau dans un circuit privé. »



