Roland-Garros : Jannik Sinner, numéro 1 mondial, éliminé dès le 2e tour
Roland-Garros : Sinner éliminé au 2e tour

Cette édition de Roland-Garros n'est qu'un immense chaos. Après les forfaits du double tenant du titre et de la meilleure chance française, le tournoi a perdu ce jeudi son grandissime favori. Jannik Sinner, numéro 1 mondial, 30 victoires d'affilée sur le circuit, a plié bagage dès le 2e tour, lâché par son corps face à l'Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e mondial).

Un scénario à peine croyable

Le scénario est à peine croyable : l'Italien menait deux sets à rien et 5-1 dans le troisième, service à suivre. On jetait à son match un œil distrait, se demandant juste s'il finirait en moins de deux heures ou non. Et puis la lumière s'est éteinte d'un coup. Les mains sur les hanches, Sinner a subi une soudaine chute de tension. Il perdra les 15 points suivants, et ne marquera plus que deux jeux avant de quitter le court sur un ultime break blanc infligé par l'Argentin (3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1). C'est la première fois qu'un numéro 1 mondial se fait sortir aussi tôt dans le tournoi depuis André Agassi, en 2000.

Que s'est-il passé ?

Alors, que s'est-il passé, vraiment ? Gros coup de chaud, alors que la température dépassait allègrement les 30 °C en ce début d'après-midi ? Problème à la hanche, comme le laissait penser sa démarche saccadée ? Rien de tout ça, en réalité. Ou en tout cas, rien de spécial. « Je me sentais mal, la tête tournait, il me manquait de l'énergie. Il y a plusieurs éléments, pas une seule explication. J'ai essayé de servir pour gagner à la fin du 3e set, mais je n'avais plus beaucoup à donner », a révélé l'intéressé en conférence de presse, environ une heure plus tard.

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On sait que sa résistance à la chaleur peut être une faiblesse : il avait déjà été sauvé par une interruption à l'Open d'Australie un jour de grosse souffrance contre un compatriote lambda. Mais Sinner assure que sa défaite n'a rien à voir avec ça. « Il faisait chaud, mais pas tant que ça. Les conditions étaient bonnes, c'est juste moi. Ça arrive, parfois », a-t-il éludé. Les sensations étaient mauvaises dès le réveil. Il poursuit : « Je ne me sentais déjà pas très bien, un peu malade. J'ai essayé de raccourcir les échanges, au début ça marchait bien, les coups sortaient bien, et puis, tout d'un coup, paf ! je me suis pris le mur et voilà. »

Un tableau qui s'ouvre d'un coup

Cette élimination surprise ouvre en tout cas une autoroute pour qui voudra bien s'y engager. Dans la partie de tableau désertée par l'Italien, Ben Shelton (5e mondial) et Félix Auger-Aliassime (6e) sont les mieux placés sur le papier, mais on n'est plus à une dinguerie près et on serait prêt à parier qu'il y aura un finaliste qu'on n'aura pas du tout vu venir cette année. De l'autre côté, Novak Djokovic doit penser que s'il veut remporter un 25e Grand Chelem, c'est l'occasion ou jamais. Mais Alexander Zverev doit se dire la même chose, lui qui court après son premier sacre depuis le début de sa carrière.

Au milieu de toutes ces considérations, on n'oubliera pas de saluer Juan Manuel Cerundolo, qui n'a pas perdu les pédales malgré ce rebondissement inattendu. Il n'est pas toujours aisé de jouer face à quelqu'un si ouvertement diminué, a fortiori quand c'est le numéro 1 mondial. Une sorte de tension s'installe dans le stade à mesure que le match avance, et que l'inéluctable prend forme. Mais l'Argentin de 24 ans, sans grandes références jusque-là, a su rester concentré pour enfoncer le patron du circuit, même s'il n'a pu s'empêcher de s'excuser deux ou trois fois après des amorties que Sinner n'avait pas la force d'aller chercher.

L'histoire est sympa, d'ailleurs, car pendant ce temps-là sur le court Simonne-Mathieu, son frère Francisco était à l'ouvrage face à Hugo Gaston. Après avoir battu le Français, il a raconté que les spectateurs au bord du court le tenaient au courant du tremblement de terre en cours. « J'essayais de rester concentré sur mon match, mais c'était pas facile, a raconté l'aîné en rigolant. Je suis super heureux pour Juan Manuel, je sais à quel point il travaille dur, il mérite vraiment. Il a battu le numéro 1 mondial ! Même s'il ne se sentait pas bien, ce n'est jamais facile. »

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