Quentin Antonel : "Marquer des gros points au Castellet, c'est impératif"
Quentin Antonel : marquer des gros points au Castellet

Quand on lui demande combien de fois il s'est déjà invité sur le podium du circuit Paul-Ricard, la réponse fuse. « Depuis 2023, j'en totalise trois. » L'heure d'en ajouter un quatrième sonnera-t-elle ce dimanche à l'issue des 4 Heures du Castellet pour Quentin Antonel ? L'an dernier, dans son jardin, le rookie varois de l'European Le Mans Series (ELMS) avait conduit la Ligier JS P325 de l'écurie M Racing, alors partagée avec le voisin niçois Stéphane Tribaudini, à la deuxième place du classement des prototypes LMP3. Redoublant au sein de la structure d'Yvan Muller où il fait équipe désormais avec son compatriote Thomas Imbourg et le pilote amateur sud-africain Nick Adcock, le jeune homme de 20 ans originaire de Roquebrune-sur-Argens se verrait bien rééditer la performance. Et même finir sur la marche du dessus, si affinités. D'autant plus après cette ô combien frustrante manche d'ouverture barcelonaise qui a tourné court, le 12 avril.

Une saison 2 avec un objectif clair

Quentin, passer la deuxième en ELMS dans la catégorie LMP3, c'était votre plan A ? « Pas forcément. Je ne vous cache pas que j'ai tâté le terrain à l'étage supérieur durant l'hiver. Parce que j'espère bien accélérer ma progression dans le baquet d'un prototype LMP2, un jour ou l'autre. Hélas, cette éventualité est tombée à l'eau à cause du désengagement de mon sponsor principal. Seule l'option LMP3 demeurait donc accessible financièrement. Et à partir de là, il me semblait évident de poursuivre l'aventure avec l'écurie M Racing. L'année dernière, le courant est bien passé entre nous. On a l'habitude de bosser ensemble. On sait comment les uns et les autres fonctionnent. Pas besoin de nouer un nouveau lien, de reprendre des repères. C'est un gain de temps appréciable. » Cette saison 2, vous l'avez abordée avec quel objectif en tête ? « Mon ambition, elle se résume en un mot : gagner. Pour moi, 2025 fut une campagne d'apprentissage. Maintenant, il faut capitaliser sur cette année d'expérience. Faire fructifier les acquis. En décrochant des victoires. En participant à la course au titre. Normal. »

Un équipage à trois : avantages et défis

En 2025, vous formiez avec Stéphane Tribaudini le seul duo en lice. Avoir deux équipiers, ça change quoi ? « Le temps de roulage diminue, bien sûr. Vu de l'extérieur, on peut considérer qu'il s'agit d'un désavantage. Mais à trois, on a plus de données, de datas, à étudier. Pour affiner les réglages, trouver de la performance, mieux vaut trois avis que deux. » Vos partenaires ? « À 61 ans, Nick Adcock est un pilote bronze qui a déjà pas mal roulé sa bosse. Il vient d'entamer avec nous sa sixième saison en ELMS. Et il a coiffé la couronne LMP3 en 2024. Quant à Thomas Imbourg, il courait en Ultimate Cup Series avec un proto Nova NP02 il y a deux ans, comme moi. Et puis il est passé au P3 en Michelin Le Mans Cup. Je l'ai toujours vu en haut des classements. Il va vite, avec un style propre. Il ne commet pas d'erreur. Un gars régulier, réfléchi, précis. Concernant le comportement de l'auto, on partage le même ressenti. Lors des débriefings, nous ne partons pas dans des directions opposées. Ça, c'est hyper intéressant. »

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Un début de saison frustrant à Barcelone

À Barcelone, vous êtes en milieu de grille. Il manquait un peu de perfo ? « Cinquième temps, oui. On n'est pas venu rouler sur place avant. Dommage parce que c'est un tracé un peu atypique. Là-bas, les températures évoluent, le grip change. Par rapport aux autres, il nous manquait un peu de roulage, notamment pour mieux exploiter les nouveaux pneus Michelin plus durs. » L'accrochage synonyme d'abandon dès le départ, vous le gardez en travers de la gorge ? « Ah oui, pas facile de l'évacuer complètement même si je sais qu'il faut tourner la page. Nick se fait percuter par un garçon qui foire son freinage au virage 1. Résultat : on reste sur le carreau alors que l'autre continue. Jamais je n'avais vécu un tel début de saison. Mentalement, c'est dur à encaisser. »

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L'impératif de marquer des points au Castellet

Après ce résultat blanc, estimez-vous que l'objectif titre reste atteignable ? « Je ne sais pas puisque nous n'avons pas pu jauger notre rythme course en Espagne. Seule certitude : on va être vite fixé. Avec cinq manches à disputer, droit devant, le virage du Castellet s'avère déjà déterminant. On n'a pas le choix. Ici, il faut finir en haut. Aussi haut que l'an dernier, a minima. Marquer des gros points, c'est impératif. »