La demi-finale de la Ligue des champions met aux prises, ce mardi au Parc des Princes puis le 6 mai en Bavière, deux équipes mêlant collectifs rodés et talents individuels. Décryptage avec le consultant Alain Roche.
Une finale avant l'heure
Il n'est pas écrit dans le marbre que l'une des deux équipes lèvera la coupe le 26 mai à Budapest. Mais alors qu'Arsenal, en plein doute, et l'Atlético Madrid, aux limites offensives, s'affronteront dans l'autre partie du tableau, le Paris SG et le Bayern Munich seront opposés pour une « finale avant l'heure ». « Depuis Liverpool en quart de finale la saison dernière, c'est l'équipe la plus complète collectivement et la plus talentueuse que va jouer Paris », dit Alain Roche, consultant pour Canal+.
La forme du moment
Deuxième de la phase éliminatoire, le Bayern n'a perdu que deux matchs cette saison toutes compétitions confondues : le 24 novembre à Arsenal (3-1) et le 24 janvier en Bundesliga contre Augsburg (1-2). À côté, 43 victoires et quatre nuls dont 16 succès sur les 17 derniers matchs, le dernier renversant ce week-end à Mayence (3-4) après avoir été mené 3-0 à la pause. « Depuis août, c'est la meilleure équipe d'Europe. Je les ai commentés en 8e de finale contre l'Atalanta, ils ont été monstrueux (6-1 et 4-1). Ils ont peu changé l'été dernier avec seulement trois recrues (Tah du Bayer Leverkusen, Luis Diaz de Liverpool et Jackson de Chelsea) ont marqué 167 buts (en 49 rencontres). Ils n'ont pas eu de blessés, ont le meilleur effectif d'Europe avec des remplaçants qui joueraient partout comme Jackson, Musiala, Goretzka… », constate Alain Roche.
Après son quintuplé au printemps et à l'été dernier, le Paris SG a connu un automne et un hiver plus compliqués, entre fatigue et blessures. Mais depuis début mars, malgré l'accroc face à Lyon avec une équipe remaniée (1-2) le 19 avril, l'équipe de Luis Enrique est à nouveau un rouleau compresseur (8 victoires dont 5-2 et 3-0 contre Chelsea en 8e de finale et deux fois 2-0 contre Liverpool en quarts). « Ils ont retrouvé un niveau proche de la saison dernière, à la différence qu'ils n'alignent pas toujours la même équipe. Certains joueurs comme Zaïre-Emery ou Barcola ont progressé, et cela leur a permis de compenser la blessure de Ruiz ou le fait que Doué soit un peu moins performant. Il y a un an, ils étaient sur une autre planète. Cette fois, ils souffrent plus mais sont plus expérimentés et en forme au bon moment », pense Alain Roche.
Les clés du match
Pour le Bordelais, ancien joueur et directeur sportif du Paris SG, « les deux équipes se ressemblent : un pressing haut à la perte de balle, beaucoup de mouvement, jeu de possession, relance courte de derrière. Mais on a vu contre le Real Madrid en quart de finale (2-1, 4-3) que le Bayern concédait des occasions contre une équipe avec des attaquants rapides. Malgré la domination totale dans le jeu, le résultat n'aurait pas été le même à l'aller sans un grand Manuel Neuer. »
La vitesse de ses offensifs peut offrir des opportunités aux Parisiens sur les transitions. Au point de voir le Bayern être prêt à jouer plus bas ? « Peut-être. Entre l'envie naturelle des deux d'aller de l'avant et la prudence, la gestion tactique sera intéressante », dit Alain Roche, alléché par les duels sur les côtés entre le Bavarois Luis Diaz et Hakimi, blessé par le Colombien lors de la confrontation en phase éliminatoire (1-2), et entre Olise et Nuno Mendes de l'autre. « Ça va se jouer sur un exploit individuel ou un coup de pied arrêté, où le Bayern est bon », pense Alain Roche.
En novembre, les Bavarois avaient totalement étouffé (1-2) les Parisiens. « Je ne pense pas que ça aura de l'influence. Ce n'est plus le même PSG, plus le même enjeu. »
Dembélé et Olise, joyaux français
L'un a été le détonateur offensif de la double confrontation du PSG face à Liverpool, l'autre a été décisif contre le Real Madrid : coéquipiers en équipe de France, Ousmane Dembélé (12 buts et 4 passes décisives en 16 matchs en 2026) et Michael Olise (19 buts et 29 passes décisives en 45 rencontres cette saison) arrivent lancés. « Ils ne sont pas comparables. L'un (Olise) joue sur le côté droit, l'autre (Dembélé) dans l'axe en électron libre ; l'un ambidextre, l'autre avec un pied gauche magique, commente Alain Roche. Ce qui les rapproche, c'est l'influence sur l'équipe, leur aisance pour percuter en un contre un, créer de l'incertitude. On va au stade pour voir des joueurs comme ça. » Ça promet.



