La Belgique lutte ce dimanche 16 août 2026 contre l'un des pires incendies de son histoire, qui a ravagé près de 3 000 hectares dans la réserve boisée des Hautes Fagnes, à l'est du pays, près de la frontière allemande. Cet incendie est le plus important en Belgique depuis plus d'un siècle, surpassant un brasier survenu en 1911 dans la même zone.
Une mobilisation massive face aux flammes
Plus d'une centaine de pompiers se relaient depuis vendredi pour tenter de contenir le brasier dans cette grande forêt prisée des randonneurs. Ils sont épaulés par de nombreux agriculteurs de la région, qui ont apporté leur soutien. Jean-Pierre Robert, patron d'un hôtel proche du lac de Robertville, a déclaré à l'AFP : « Actuellement, on a une quinzaine de tracteurs qui font la file pour se ravitailler ». Il a ajouté : « On a bougé nos vaches et on a ouvert toutes nos barrières pour donner accès » à ce plan d'eau stratégique.
Le ministre de l'Intérieur belge, Bernard Quintin, a indiqué que de premiers « fronts de feu » étaient « sous contrôle », mais les conditions de combat restent complexes. La région est couverte d'un panache de fumée, jaunie par endroits, qui a conduit à l'évacuation d'habitants dans deux villages proches. L'odeur de fumée a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres, et même dans le département français de la Moselle, qui a déclenché une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique. Aucune habitation n'a toutefois été touchée.
Des renforts européens pour un terrain difficile
Selon les autorités, « plusieurs foyers » restaient « actifs » ce dimanche, avec un vent changeant régulièrement de direction. Des soldats du feu venus de toute la Belgique et d'Allemagne sont sur place, assistés de camions-pompiers nouvelle génération. Cependant, la configuration accidentée du terrain « rend l'intervention particulièrement complexe », ont souligné les autorités dans un communiqué, empêchant les services de secours d'attaquer le feu à courte distance avec leurs moyens habituels. L'accès à la première zone brûlée est impossible, et l'origine du feu reste inconnue.
La Belgique mise donc sur des renforts aériens européens. Grâce au mécanisme de protection civile, activé samedi, le pays dispose, en plus de ses deux hélicoptères, de deux hélicoptères Chinook des Pays-Bas et de deux bombardiers d'eau suédois, opérationnels dans l'après-midi. Un ballet d'hélicoptères de la police fédérale belge et des Pays-Bas s'est mis en place ce dimanche matin pour larguer de l'eau sur les flammes.
La commissaire européenne Hadja Lahbib a précisé à l'AFP qu'un agent de liaison avait été dépêché sur place pour coordonner le déploiement des moyens aériens. « C'est crucial pour éviter les accidents », a-t-elle souligné, en référence à la collision de deux hélicoptères en Grèce début août. Le Premier ministre belge Bart De Wever a salué sur X : « Merci à nos partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent ».
Une sécheresse propice aux incendies
Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a souffert ces derniers jours d'un épisode de fortes chaleurs et de sécheresse. Le mercure est monté jusqu'à 37°C vendredi dans certaines parties du pays, des conditions propices au départ d'incendies. Les autorités continuent de surveiller la situation, avec des foyers actifs et des renforts en cours de déploiement pour tenter de maîtriser ce brasier historique.



