Michel Platini déclare la guerre judiciaire à ses détracteurs de la Fifa
L'ancien président de l'UEFA et légende du football français, Michel Platini, a annoncé son intention de poursuivre sans relâche les personnes qu'il estime responsables de sa chute. "Je ne vais pas lâcher les gens qui m'ont fait du mal", a-t-il déclaré avec détermination lors d'une interview sur RMC, marquant le début d'une nouvelle bataille judiciaire.
Une plainte en diffamation contre trois anciens dirigeants
Définitivement acquitté par la justice suisse en août 2025 après dix longues années de procédure dans l'affaire d'escroquerie qui a bouleversé sa carrière, Platini a déposé plainte fin novembre contre trois anciens membres éminents de la Fédération Internationale de Football. "C'est la première démarche, il y en aura d'autres", a-t-il précisé, soulignant le caractère initial de cette action.
La plainte vise spécifiquement des prises de parole publiques datant d'environ dix ans, durant lesquelles ces individus - dont les identités restent confidentielles - auraient diffusé des accusations avant même qu'un jugement officiel ne soit rendu. "Ce sont des gens qui m'ont accusé de plein de choses avant qu'il y ait eu un jugement officiel", a expliqué l'ancien capitaine des Bleus, dénonçant une campagne médiatique orchestrée pour lui nuire.
Le contexte de l'affaire originelle
Rappelons les faits : Michel Platini et l'ancien président de la Fifa Sepp Blatter étaient accusés d'avoir "obtenu illégalement, au détriment de la Fifa, un paiement de deux millions de francs suisses" (soit environ 1,8 million d'euros) en janvier 2011. Les deux hommes ont toujours maintenu qu'il s'agissait d'un "accord de gentlemen" oral concernant un salaire annuel légitime, dont le versement avait été différé pour des raisons budgétaires.
La révélation de cette affaire au milieu de l'année 2015, peu après la démission forcée de Blatter emporté par divers scandales, a définitivement barré la route de Platini vers la présidence de la Fifa. Cette situation a paradoxalement ouvert la voie à l'élection de Gianni Infantino, alors bras droit du Français au sein de l'UEFA.
Critiques envers l'actuel président de la Fifa
Interrogé sur le successeur qu'il a involontairement contribué à installer, Platini n'a pas mâché ses mots : "Je ne pense pas qu'il soit bon dans la politique. C'est un bon administratif". L'ancien joueur et sélectionneur de l'équipe de France a également critiqué la proximité d'Infantino avec certains chefs d'État, dont l'ancien président américain Donald Trump, affirmant que "Il est très fan des gens qui sont riches et ont du pouvoir. Il a toujours été comme ça".
Une stratégie judiciaire en plusieurs étapes
Platini a clairement indiqué que sa plainte actuelle en diffamation ne constituait qu'une première phase de son offensive juridique. "Là, c'est une démarche plutôt médiatique [...] Ça, c'est la première partie. Et après, il y aura peut-être une autre partie au civil", a-t-il annoncé, laissant entendre que d'autres actions pourraient suivre devant les tribunaux civils.
Cette détermination à poursuivre judiciairement ceux qu'il considère comme responsables de sa disgrâce montre un Platini transformé, passant de la défense à l'attaque après son acquittement. L'affaire promet de maintenir le football international sous les projecteurs des tribunaux, rappelant que les blessures de cette décennie tumultueuse sont loin d'être refermées.



