Philippe Lucas se souvient de l'exploit des Girondins contre le Milan AC en 1996
Philippe Lucas évoque l'exploit des Girondins contre Milan en 1996

Philippe Lucas revient sur l'exploit légendaire des Girondins contre le Milan AC

Le 19 mars 1996, les Girondins de Bordeaux ont réalisé l'un des plus grands exploits du football de club français en quart de finale de la Coupe de l'UEFA. Face au prestigieux Milan AC, emmené par des stars comme Roberto Baggio, Paolo Maldini et George Weah, les Bordelais ont remporté une victoire éclatante 3-0 au stade Chaban-Delmas, après une défaite 2-0 à l'aller à San Siro. Philippe Lucas, milieu de terrain titulaire de cette équipe, se souvient avec émotion de cette soirée mémorable.

Une célébration discrète pour les 30 ans de l'exploit

Samedi 14 mars, lors de la 21e journée de National 2 contre Poitiers, Philippe Lucas était l'un des quatre anciens joueurs à avoir répondu à l'appel des Girondins pour célébrer les 30 ans de cet exploit au stade Matmut Atlantique. Aux côtés de François Grenet, Yannick Fischer et Franck Histilloles, il a partagé ce moment, regrettant toutefois l'absence de nombreux coéquipiers comme Bixente Lizarazu ou Christophe Dugarry, en rupture avec le président actuel Gérard Lopez. « J'étais avec les petits jeunes », s'amuse Lucas, aujourd'hui âgé de 63 ans, soulignant les difficultés logistiques pour réunir l'équipe d'antan.

Le récit d'une soirée magique

Philippe Lucas décrit cette rencontre comme le sommet de sa carrière. « D'abord, toute l'épopée depuis la Coupe Intertoto, avoir réussi à aller en finale contre le Bayern Munich avec cet intermède face au Milan. Ce jour-là, Chaban a été en fusion comme je n'ai jamais vu », raconte-t-il. Le scénario du match fut extraordinaire : un but rapide de Tholot à la 14e minute, un doublé de Dugarry (64e et 70e), et un arrêt incroyable de Gaëtan Huard devant Weah. « Tout a été réuni », résume-t-il, évoquant la ferveur du public bordelais qui a cru à l'impossible après le revers initial.

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La tactique clé : neutraliser Roberto Baggio

Tactiquement, le rôle de Philippe Lucas fut crucial. L'entraîneur Gernot Rohr lui avait confié la mission d'agresser Roberto Baggio, l'organisateur du jeu milanais. « Je revenais à ce que j'avais connu à Sochaux : du marquage individuel sur le 10 adverse. Je faisais des petites fautes au besoin », explique Lucas. Cette approche, qualifiée de « jeu à l'italienne » par la presse, a permis de contenir Baggio et de libérer les talents offensifs bordelais.

L'esprit d'une équipe exceptionnelle

Philippe Lucas insiste sur la cohésion et les caractéristiques de cette équipe. « On jouait au ballon. Mais quand on le perdait, chacun était concerné à la récupération et on se projetait assez vite », dit-il. Il cite des joueurs dynamiques comme Lizarazu, la combinaison technique entre Richard Witschge et Zinédine Zidane, et une défense solide avec Jakob Friis-Hansen et Jean-Luc Dogon. Malgré l'ombre des stars, Lucas ne ressent aucune frustration : « J'ai eu une chance incroyable de jouer avec des joueurs comme ça. Mon boulot était de travailler dans l'ombre pour eux ».

Des souvenirs personnels intacts

Parmi ses images personnelles, Philippe Lucas garde en mémoire la joie de ses parents, venus de la région parisienne pour le voir jouer à Chaban-Delmas, et la libération au coup de sifflet final. « La fête dans le chapiteau avec les sponsors était très sympa, même si on devait rester raisonnable car on rejouait le samedi », ajoute-t-il. Aujourd'hui, les anciens coéquipiers sont éparpillés, et Lucas maintient des contacts réguliers uniquement avec Jean-Luc Dogon, soulignant l'absence d'un groupe soudé comme celui de l'équipe de France 1998.

Cet exploit reste gravé dans l'histoire du football français, rappelant comment une équipe unie et déterminée a pu renverser l'une des plus grandes formations européennes de l'époque.

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