Patrice Lair, de Bordeaux à Toluca : une nouvelle vie au Mexique
L'ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux a pris les rênes de l'équipe féminine de Toluca au printemps dernier. Cette aventure mexicaine représente un nouveau défi pour le technicien breton de 64 ans, licencié par les Girondins en mars 2024 après son passage à Châteauroux.
Une première saison mitigée mais encourageante
Le bilan de sa première saison au Mexique est contrasté. Patrice Lair a terminé son premier cycle sur une frustration : une élimination en quarts de finale du tournoi d'ouverture, battu 0-2 par Guadalajara à domicile après un match nul 2-2 à l'extérieur. « Nous étions menés 1-0, il ne nous manquait qu'un but. On a poussé sans marquer et on a pris le deuxième but en contre à la fin », explique-t-il.
Malgré cette déception, le coach reste positif : « Ça m'a redonné du peps ». Son équipe a terminé à la quatrième place de la saison régulière, un résultat honorable pour un club qui se positionne comme le nouvel ambitieux du championnat mexicain féminin.
Un championnat en plein développement
Le Mexique représente un nouvel eldorado du football féminin. Le pays a décidé de développer sérieusement son championnat, avec des investissements progressifs mais significatifs. « Il y a deux équipes, les Tigres et America, qui sont au-dessus et joueraient le top 3 en France. Nous, ce serait milieu de tableau », analyse Patrice Lair.
Le propriétaire de Toluca, Valentin Diez Morodo, qui a fait fortune avec le brasseur Grupo Modelo, espère reproduire avec les femmes le succès obtenu avec l'équipe masculine. « Mais il ne dépense pas l'argent n'importe comment et y va progressivement, avec un objectif à deux, trois ans », précise le coach français.
Des Françaises au cœur du projet
Patrice Lair peut compter sur plusieurs joueuses françaises expérimentées :
- Amandine Henry, ancienne capitaine de l'équipe de France
- Eugénie Le Sommer, recordwoman de buts en équipe de France
- Faustine Robert, milieu offensif talentueuse
« Je m'appuie sur elles. J'ai un groupe de vingt-cinq, avec certaines locales un peu en dessous mais qui sont top dans l'état d'esprit, à l'écoute », confie le technicien. Il souligne également la qualité des jeunes joueuses mexicaines, dont une attaquante qui a participé à la Coupe du monde U17.
Des infrastructures en développement
Les structures du club sont encore en cours d'amélioration. « Tout se met en place. Ils vont faire un autre centre de formation. Pour l'instant, je n'ai pas de vestiaire de coach, on s'entraîne sur un terrain partagé », explique Patrice Lair.
Les matchs se disputent dans une enceinte de 30 000 places, « toujours pleine pour les hommes » et qui accueille « 5 000 ou 6 000 personnes » pour les féminines. L'équipe joue régulièrement dans les grands stades du pays, dont l'Estadio Azteca à Mexico City.
Un staff international
Dans son staff technique, Patrice Lair s'est entouré de professionnels expérimentés :
- Shirley Cruz, ancienne attaquante costaricienne de Lyon et du PSG
- Romain Ségui, préparateur physique
- Céline Tuflandier, ancienne kiné des Girondins
« Elle parle espagnol. J'essaie aussi et je m'appuie au besoin sur Shirley », précise le coach, qui vit seul à Toluca, ville perchée à 2 800 mètres d'altitude.
Perspectives d'avenir
Patrice Lair lancera la préparation du tournoi de clôture à son retour au Mexique le 8 décembre, avec l'objectif de faire mieux que la saison précédente. Il a cependant refusé une proposition de prolongation de contrat en raison de l'éloignement familial.
Le technicien garde l'envie de poursuivre sa carrière, que ce soit avec les garçons ou les filles, comme entraîneur, directeur sportif ou sélectionneur. Cette expérience mexicaine enrichit considérablement son CV.
Un regard toujours tourné vers Bordeaux
Malgré son départ conflictuel des Girondins - il a saisi les prud'hommes après son licenciement - Patrice Lair reste un suiveur assidu du club bordelais. « Malgré les conditions, j'ai découvert un club et des gens attachants. Ça fait mal de les voir là. J'espère vraiment qu'ils vont réussir à relancer ça », conclut-il avec émotion.



