OM : Après le limogeage de De Zerbi, qui pour relever le défi sur le banc marseillais ?
Deux jours seulement après la débâcle totale au Parc des Princes, les dirigeants de l'Olympique de Marseille ont annoncé, via un communiqué publié en pleine nuit, que Roberto De Zerbi ne terminerait pas la saison sur le banc marseillais. Si le timing peut surprendre, la décision en elle-même ne choque guère les observateurs avertis du club, malgré la déclaration d'affection publique formulée il y a à peine quinze jours par Pablo Longoria, qui rêvait de faire de l'entraîneur italien « le Diego Simeone de l'OM ».
Il est en effet difficile de résister aux deux revers monumentaux encaissés depuis : le 3-0 à Bruges, synonyme d'élimination de la Ligue des champions, suivi du cinglant 5-0 concédé face au Paris Saint-Germain. Cette situation est d'autant plus critique dans le contexte de frénésie permanente qui entoure le club phocéen. La page Roberto De Zerbi est donc définitivement tournée. Toute la question est désormais de savoir qui osera relever le gant dans cet environnement particulièrement bouillant – après l'intérim traditionnel assuré par Pancho Abardonado, bien entendu. Voici un tour d'horizon des principaux prétendants au poste.
Habib Beye, le favori aux expériences mitigées
Tout juste écarté par la direction du Stade Rennais, Habib Beyer apparaît comme le grand favori, selon les informations de Foot Mercato. Vu de l'extérieur, nul ne doute de l'intérêt que pourrait manifester l'ancien défenseur, marqué à vie par ses cinq saisons passées sous le maillot olympien entre 2003 et 2007, période durant laquelle il a même endossé le brassard de capitaine. S'asseoir sur le banc marseillais représenterait une consécration immense pour lui.
En revanche, la réciprocité de cet intérêt soulève de sérieuses interrogations. Le manque d'expérience de l'ancien consultant de Canal+ pour un poste aussi exposé interpelle, tout comme son tempérament réputé rigide. Les retours venus de Rennes décrivent un entraîneur au management parfois crispant, dont l'assurance – peut-être excessive – pourrait difficilement s'accommoder de l'omniprésence du duo dirigeant Longoria-Benatia.
Franck Haise, la tête froide normande
Libre depuis son départ de l'OGC Nice fin décembre, Franck Haise conserve une excellente cote sur le marché des entraîneurs, grâce à son parcours réussi au RC Lens. Évoqué comme un candidat très sérieux à Rennes – précisément pour remplacer Habib Beye –, le technicien normand pourrait-il faire l'objet d'un pressing de dernière minute de la part des dirigeants marseillais ?
La sérénité et la lucidité dont fait preuve Franck Haise seraient sans aucun doute des atouts précieux dans l'environnement volatile de l'OM. Cependant, après avoir mal vécu les dernières semaines tumultueuses à Nice, l'intéressé accepterait-il de se lancer dans une nouvelle aventure aussi risquée ? La réponse est peut-être contenue dans la question elle-même.
Christophe Galtier, l'éternel prétendant marseillais
S'il est un nom qui revient inlassablement dans les spéculations depuis des années, c'est bien celui de Christophe Galtier. Cette hypothèse avait déjà été avancée après les départs de Gennaro Gattuso puis de Jean-Louis Gasset en 2024. La logique est évidente pour un homme né à Marseille, ayant porté les couleurs du club en tant que joueur, intégré le staff technique au début des années 2000 et accumulé une solide expérience sur les bancs.
Un bémol de taille subsiste cependant : son passage sur le banc du Paris Saint-Germain lors de la saison 2022-2023, un épisode que les supporters marseillais n'ont certainement pas oublié. « Galette » s'est quelque peu éloigné des radars français depuis, en partant entraîner au Qatar puis en Arabie saoudite. « Est-ce que j'aimerais entraîner l'OM un jour ? En tant que Marseillais, je réponds oui. Mais on n'entraîne pas l'OM dans n'importe quelles conditions », avait-il un jour déclaré sur le plateau de Canal+. Ces conditions sont-elles réunies aujourd'hui ? Il faudrait surtout qu'il accepte de renoncer à un contrat mirifique, lui qui percevrait actuellement près de 18 millions d'euros annuels pour coacher l'un des joyaux du fonds souverain saoudien (PIF).
Des pistes à l'étranger et une ombre dirigeante
On sait que Pablo Longoria affectionne particulièrement le marché italien. Des profils comme celui de Walter Mazzarri, sans club depuis son départ de Naples, ou d'Enzo Maresca, vainqueur de la Ligue Europa Conférence avec Chelsea avant d'être remercié en janvier, pourraient donc être étudiés. L'opération serait coûteuse, mais avec Pablo Longoria, il ne faut jamais jurer de rien.
En marge de ces candidatures, une figure monte en puissance dans l'ombre : Shéhérazade Semsar de Boisséson. Cette femme de confiance du propriétaire Frank McCourt, vice-présidente du conseil de surveillance, s'invite de plus en plus dans les réunions de l'état-major olympien pour y défendre les intérêts de son patron, notamment la maîtrise des dépenses du club. Son influence grandissante sur le fonctionnement quotidien et la stratégie fait d'elle une nouvelle tête dirigeante incontournable dans cet OM en pleine crise, même si elle ne siégera évidemment pas sur le banc les jours de match.



