Les North Gate exclus par les Girondins après des condamnations judiciaires
Le groupe de supporters North Gate n'est désormais plus reconnu par les Girondins de Bordeaux. Cette décision fait suite à la condamnation de deux de ses (ex)-membres pour violences aggravées. Le groupe se dit victime de cas isolés et dénonce un traitement déséquilibré par rapport aux Ultramarines, l'autre groupe ultra du club.
Une sanction collective contestée
Dans un communiqué publié lundi soir, l'association, qui revendique environ 300 adhérents, a « dénoncé avec fermeté la décision prise par le club ». Cette sanction collective intervient après que deux membres ont été condamnés le 6 mars à des peines de prison avec sursis probatoire et à une interdiction de stade de trois ans. Les faits remontent à la nuit du 24 au 25 janvier, au retour d'un déplacement à Granville, lorsqu'un adhérent des Ultramarines a été agressé à son domicile après des tensions sur une aire d'autoroute.
Le parquet, qui demandait de la prison ferme et a vu un troisième accusé relaxé, a fait appel de la décision. Les North Gate, qui ont exclu les deux individus condamnés, soulignent que le tribunal n'a pas retenu le motif d'« association de malfaiteurs » et n'a pas jugé utile d'ouvrir une enquête sur le groupe.
Le « deux poids, deux mesures » dénoncé
Le groupe accuse la direction des Girondins d'appliquer un « deux poids, deux mesures » dans le traitement des Ultramarines, « impliqués dans des affaires tout aussi graves, parfois plus médiatisées ». Il cite notamment l'intrusion sur la pelouse d'un Ultramarine lors du match Bordeaux-Rodez du 2 juin 2023, où un joueur a été bousculé, entraînant l'interruption de la rencontre. L'individu a été condamné à 2000 euros d'amende et deux ans d'interdiction de stade pour violence légère et délit d'intrusion.
Les Girondins rappellent avoir suivi leurs déclarations après les incidents de Granville, annonçant que des sanctions seraient prises en cas de condamnations judiciaires pour des faits « contraires aux valeurs du club ».
Un conflit historique qui s'envenime
Le conflit entre les North Gate, nés de dissidents des Ultramarines, et le principal groupe de supporters s'est intensifié après la blessure grave d'un « UB87 » en février 2024, suite à une attaque aux mortiers. Les North Gate justifient cet acte par des tentatives de vol de bâches, considérées comme une humiliation suprême dans le monde des ultras. Aucune plainte n'a été déposée, mais depuis, les Ultramarines ont rompu le dialogue malgré la signature d'un accord de non-agression en décembre 2024.
Les North Gate affirment avoir demandé des réunions, toujours refusées par les UB87, et mis en œuvre des efforts ces derniers mois. Selon des sources supporters et club, des éléments violents ont été exclus et, à la demande des Girondins, les calicots anti-Gérard Lopez ont été rangés. Le 27 mai dernier, une quarantaine de membres ont tenté de poursuivre l'homme d'affaires dans Bordeaux après une manifestation devant le tribunal de commerce.
La détermination à continuer
Interdits d'apporter sonorisation, bâches ou banderoles au stade Matmut Atlantique et de bénéficier de places réservées par le club en déplacement, les North Gate comptent néanmoins continuer à se rendre dans les stades via les billetteries classiques et en indépendants. Face aux risques, la Préfecture de Vendée a interdit lundi le déplacement des supporters bordelais pour la rencontre de la 21e journée de National 2 à La Roche-sur-Yon.
Les Ultramarines ayant indiqué leur intention de se déplacer malgré tout, les Girondins ont envoyé un courrier aux représentants de l'État pour souligner le risque accru si les supporters ne peuvent pas entrer dans le stade et ne sont pas encadrés, notant l'absence d'incidents en déplacement depuis plus d'un an. La réponse des autorités est attendue ce mardi après-midi, avec une possible acceptation de la demande du club.



