Diabète et licenciement en Espagne : la justice sanctionne un employeur
Licenciement pour diabète invalidé par la justice espagnole

Une affaire de licenciement pour diabète jugée abusive par la justice espagnole

En Espagne, une serveuse placée en arrêt maladie pour des problèmes de diabète a été licenciée par son employeur après avoir été filmée en train de consommer des boissons sucrées et alcoolisées. Cette affaire, rapportée par le quotidien El Periódico, a finalement été portée devant les tribunaux, mettant en lumière des questions cruciales sur les droits des salariés et la discrimination liée à la santé.

Les faits : un licenciement justifié par une consommation de boissons

Employée pendant près d'une année dans un bar situé à Murcie, la salariée s'était mise en arrêt maladie en octobre 2022. Elle invoquait alors la nécessité de réaliser des examens médicaux pour réguler sa glycémie, dans le cadre de son diabète. Quelques mois plus tard, alors qu'elle était toujours en arrêt, son employeur a décidé de la licencier pour faute grave, une décision radicale qui a immédiatement suscité la controverse.

Pour étayer ce licenciement, l'entreprise s'est appuyée sur des éléments recueillis par des détectives privés. Ces enquêteurs ont observé la jeune femme lors d'un dîner au restaurant en février, où elle a consommé un tinto de verano, une boisson traditionnelle espagnole à base de vin et de limonade, contenant à la fois du sucre et de l'alcool. Selon l'employeur, ce comportement était totalement incompatible avec son état de santé et susceptible de perturber sérieusement son suivi médical.

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Les détectives ont également signalé une autre sortie en janvier, au cours de laquelle la salariée aurait consommé de la bière et des cocktails. Toutefois, la justice a précisé par la suite que cet épisode n'était pas directement lié au licenciement, focalisant ainsi l'attention sur la consommation du tinto de verano.

La réponse de la justice : un licenciement jugé abusif

Contestant fermement cette décision, la salariée a saisi les prud'hommes espagnols pour défendre ses droits. En 2025, le tribunal social n°1 de Murcie a rendu un verdict sans appel : le licenciement a été jugé abusif. Les juges ont ordonné soit la réintégration immédiate de la salariée dans son poste, soit le versement d'une indemnité substantielle de 1.335,18 euros, accompagnée d'un rappel de salaire en cas de réintégration effective.

L'employeur, mécontent de cette décision, a immédiatement fait appel, espérant obtenir gain de cause. Cependant, la juridiction supérieure a confirmé sans ambiguïté le jugement initial. Les magistrats ont estimé que le licenciement reposait avant tout sur l'état de santé de la salariée, et non sur les faits invoqués concernant sa consommation de boissons.

Ils ont notamment relevé un élément crucial : un responsable de l'entreprise lui avait proposé, peu avant son licenciement, de rompre son contrat en raison du coût financier de son arrêt maladie, évalué à environ 700 euros par mois. Cette proposition a été interprétée comme une preuve supplémentaire que la motivation réelle du licenciement était économique et discriminatoire, liée à sa condition médicale.

Cette affaire souligne l'importance de la protection des salariés face à des pratiques abusives et met en garde contre les licenciements fondés sur des prétextes liés à la santé. Elle rappelle également que la justice peut intervenir pour rétablir l'équité et sanctionner les employeurs qui outrepassent leurs droits.

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