National 2 : Les reports s'accumulent, l'Aviron Bayonnais et Saint-Malo en quête de rythme
Avec le report de la venue de La Roche Vendée prévue ce vendredi 20 février, l'Aviron Bayonnais va désormais compter trois rencontres en retard au classement. Tout comme l'US Saint-Malo, adversaire des Bordelais ce samedi, les Basques n'ont disputé qu'une seule rencontre au cours des cinq dernières semaines. Cette situation inédite s'explique par les conditions météorologiques exceptionnelles qui ont frappé la région, avec des tempêtes successives ayant rendu les terrains impraticables.
Une adaptation forcée pour les entraîneurs
La nouvelle a été officiellement entérinée ce jeudi : le choc au sommet entre l'Aviron bayonnais, actuellement troisième, et La Roche Vendée, leader du groupe ouest, est reporté à une date ultérieure. Ce report s'ajoute aux deux précédentes rencontres des Basques qui avaient déjà été décalées. De son côté, l'US Saint-Malo, septième et outsider de la poule, va enfin retrouver la compétition ce samedi à Bordeaux après cinq longues semaines d'inactivité.
« Rien ne remplace la compétition véritable », confie l'entraîneur malouin Gwen Corbin. « Nous essayons de compenser par l'intensification des séances d'entraînement, mais il subsiste une part d'inconnue concernant le rythme que pourront tenir nos joueurs après une si longue période sans match officiel. »
Des solutions improvisées face aux reports
Depuis le début de l'année 2026, les entraîneurs de la poule doivent faire preuve d'une grande capacité d'adaptation. Confrontés à des reports successifs, les clubs ont dû trouver des alternatives pour maintenir la condition physique de leurs joueurs.
- Les Bretons de Saint-Malo, après le report de leur déplacement aux Herbiers le 7 février puis de la réception d'Avranches le 14, ont bénéficié d'un week-end de repos avant d'organiser une opposition interne.
- Les Basques de Bayonne, qui devaient initialement affronter Angoulême et Poitiers aux mêmes dates, ont pu organiser un match amical contre Tarbes (National 3) le samedi précédent, remporté sur le score de 5-0.
« Cette rencontre amicale nous a permis de conserver un certain rythme compétitif », explique Alain Pochat, l'entraîneur de l'Aviron Bayonnais. « Une opposition interne n'est jamais comparable à un match officiel. Nous avons travaillé sérieusement, mais il subsiste une frustration de ne pas pouvoir concrétiser nos efforts par des points au classement. Mentalement, ces reports allongent considérablement les semaines. Physiquement, nous avons effectué des rappels avec des volumes de course plus importants. »
Les terrains synthétiques et leurs conséquences
Face à la fermeture des terrains engazonnés de leurs villes respectives, les deux clubs ont dû se rabattre sur des surfaces synthétiques pour leurs entraînements. À Bayonne, les terrains synthétiques disponibles étant « usés et surutilisés », l'Aviron a trouvé refuge à Labenne pour ses séances.
Alain Pochat pointe cependant l'alternance entre surfaces naturelles et synthétiques comme facteur aggravant dans la blessure de son joueur clé Marvin De Lima, victime d'une déchirure du grand adducteur qui l'éloigne des terrains pour plusieurs semaines. « D'autres petits pépins physiques sont apparus », précise-t-il. « Les appuis sont fondamentalement différents sur synthétique, et pour les joueurs plus âgés, les articulations souffrent particulièrement de cette alternance. »
Gwen Corbin abonde dans ce sens, ayant perdu lors de l'opposition interne son gardien de but (fracture du nez) et son capitaine (blessure au talon). « Nous avons préparé les matchs de manière classique, et la déception du report au dernier moment est difficile à gérer », confie l'entraîneur malouin. « Il est compliqué de rajouter une séance intensive par-dessus : on risque de gagner physiquement mais de perdre sur le plan mental. Nous avons tenté de trouver un équilibre satisfaisant. »
Un calendrier resserré en perspective
Faute de week-ends disponibles avant la fin du championnat, l'Aviron Bayonnais et l'US Saint-Malo vont devoir disputer des matchs en semaine. Un premier est déjà programmé le mercredi 18 mars, tandis qu'un autre reste à placer pour les Basques.
Si cette situation ne pose pas de problème logistique majeur - la quasi-totalité des joueurs étant des footballeurs professionnels - elle soulève des interrogations concernant la récupération, avec des déplacements à enchaîner sur des périodes courtes. « Nous savons qu'il existe un risque accru de blessure sur le troisième match disputé dans une même semaine », analyse Gwen Corbin, qui y voit cependant un « piment supplémentaire » dans une fin de saison où les deux équipes vont disputer autant de rencontres (14) en trois mois qu'au cours des cinq derniers.
Des perspectives de montée réalistes
Malgré l'écart au classement qui s'est creusé pendant cette période d'inactivité (13 et 16 points de retard sur La Roche-sur-Yon, 10 et 13 sur les Girondins), les deux entraîneurs évacuent tout impact psychologique négatif.
« Nous ne sommes pas programmés pour jouer la montée cette saison », souligne Alain Pochat. « Pour nous, toute avancée serait du bonus. Nous verrons où nous nous situons réellement lorsque le calendrier sera à jour. »
Gwen Corbin adopte une position similaire : « Je ne suis pas un rêveur : au vu du train exceptionnel mené par La Roche et les Girondins, nous n'avons quasiment aucune possibilité de montée. Il pourrait y avoir une place éventuellement, mais deux... Nous payons surtout notre début de championnat difficile (3 points sur 12) où les résultats n'ont pas récompensé la qualité de notre jeu. »
Angoulême également concerné
La situation des reports touche également d'autres clubs du groupe. Angoulême, quatrième à 14 points de La Roche et 11 des Girondins, a vu son match à Avranches (sixième à seulement deux points) prévu ce samedi également reporté.
Les Charentais avaient déjà une rencontre en retard, programmée à Bayonne le vendredi 27 février, seul week-end libre d'ici la fin de la saison. Ils devront donc se rendre en Normandie en semaine, compliquant davantage un calendrier déjà bien chargé pour l'ensemble des équipes du groupe ouest de National 2.



